Cinéma

Gal, un Crime d’Etat


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L’affiche du film l’annonce sans grande modestie : GAL de Miguel Courtois se réclame des Hommes du Président d’Alan J. Pakula ou encore de Révélations de Michael Mann. Autant le dire tout de suite, l’élève n’est pas prêt de dépasser le maître.

Pourtant, le sujet choisi par le réalisateur français est aussi explosif que ses glorieux prédécesseurs. Quand Dustin Hoffman et Robert Redford incarnaient dans Les Hommes du Président des journalistes prêts à exposer au grand jour le scandale du Watergate, quand Al Pacino et Russel Crowe unissent leurs efforts dans Révélations pour faire exploser l’industrie du tabac, José Garcia et Natalia Verbeke combattent pour leur part le terrorisme d’Etat dans GAL.

Le contexte : les années 1980 du président Felipe Gonzales. A cette époque, le mouvement séparatiste Basque ETA organise régulièrement des attentats en Espagne pour faire pression sur le gouvernement. Souvent réfugiés dans le pays basque français, les terroristes de l’ETA se jouent des services spéciaux Espagnols, c’est pourquoi est décidée la création du GAL, Groupement Antiterroriste de Libération, rattaché officieusement aux principales ailes du Ministère de l’intérieur et destiné à résoudre le problème du terrorisme en utilisant les mêmes armes. Aidés par une taupe, six journalistes Espagnols parviendront à mettre au grand jour l’existence de cette milice et à révéler des complicités jusqu’aux plus hautes fonctions du gouvernement.

Déjà auteur d’un film sur l’ETA avec El Lobo en 2006, Miguel Courtois a sans conteste le goût du risque. Mais cela ne suffit pas à faire un bon film : GAL attire la sympathie pour son sujet à la fois grandement polémique et presque totalement occulté par le gouvernement et les médias français, mais comme El Lobo, le film lasse très rapidement à cause de sa mise en scène paresseuse et de son scénario opaque et brouillon.

Dans la réalité, ce sont six journalistes espagnols qui ont fait éclater l’affaire, dont Melchor Miralles, reporter au Diario 16, futur fondateur du journal El Mundo et producteur du film. Dans la fiction c’est un tandem, Manuel Mallo et Marta Castillo, qui va porter sur ses épaules le poids de la révélation d’un des plus gros scandales politiques d’Espagne.

Et les épaules de Natalia Verbeke et José Garcia semblent trop frêles pour supporter la charge. José Garcia surtout semble perdu dans son film comme s’il n’avait jamais réussi à trouver la bonne tonalité pour interpréter son personnage. Une amourette inutile entre les deux journalistes, lancée "au cas où" par le scénariste Antonio Onetti n’arrange rien à l’affaire.... Reste Jordi Molla, un très bon acteur Espagnol, vu récemment dans Elizabeth : l’âge d’or, qui incarne le GAL à lui tout seul et parvient à donner à son personnage l’épaisseur d’un héros scorsesien. Un héros bien seul...

Morgan Le Moullac

GAL, un Crime d’Etat

- Sortie le 7 mai 2008
- Drame, Espagne, 1h45, 2008
- Réalisé par Miguel Courtois, scénario de Antonio Onetti
- Produit par Melchor Miralles
- Distribué par EuropaCorp Distribution
- Photographie de Carlos Suarez
- Musique de Francesc Gener
- Montage de Guillermo Maldonado
- Avec : José Garcia, Natalia Verbeke, Bernard Le Coq, Jordi Molla, José Coronado, José Angel Egido


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mardi 6 mai 2008
 
 
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