Avec onze longs métrages à son actif depuis ses débuts dans les années 1970, on peut dire que Jean-Jacques Annaud est plus proche du rythme de Terence Malick que de celui de Woody Allen. Sa philosophie : faire quelques grands pas plutôt que beaucoup de petits. Il est certain que Jean-Jacques Annaud aime à pratiquer le grand écart : de Noirs et Blancs en couleurs à Sa Majesté Minor en passant par La Guerre du feu, le cinéaste fait visiter rien moins que l’Afrique coloniale, la mythologie grecque et la préhistoire. Espacés dans le temps réel aussi bien que dans le temps de la narration, les films de Jean-Jacques Annaud abordent une palette de sujets aussi vaste que la palette de couleurs d’un Cézanne. Tout commence avec la Victoire en chantant, film corrosif sur l’Afrique coloniale sorti dans l’indifférence en France en 1976 et qui remporte l’année suivante l’Oscar du meilleur film étranger. Le film ressort en France sous le titre de Noirs et Blancs en couleur, le cinéaste a alors trente-quatre ans. Sa carrière lancée, Jean-Jacques Annaud doit essayer d’aggraver le score à son avantage, ce qu’il fait en 1978 avec le mythique Coup de tête, une plongée dans le monde du football semi professionnel (du type AJ Auxerre époque Guy Roux, mais si, le sosie de Monsieur Patate qui passe son temps à boire de l’eau minérale…) avec Patrick Dewaere en pourfendeur de l’injustice sur pelouse tondue à ras. La critique applaudit et le cinéaste, qui ne doit pas aimer les bavards, décide de tourner un film sans dialogues, et pour cause, il se déroule à un moment de l’histoire où des Marc-Olivier Fogiel n’existaient pas encore, la préhistoire. Sorti en 1981, La Guerre du feu remporte deux Césars, Meilleur film et Meilleur réalisateur. La France qui récompense un film sans dialogues…Bravo, Jean-Jacques Annaud ! Changement de registre, de décors, de période, d’acteurs et de budget en 1986 avec Le Nom de la Rose, adapté du best-seller d’Umberto Eco et avec un Sean Connery qui peut enfin dévoiler sa calvitie au grand jour. César du meilleur film étranger pour Jean-Jacques Annaud, qui, décidément, ne fait rien comme les autres. Les animaux ne font pas peur au réalisateur. La preuve en est avec L’Amant sorti en 1992, adaptation de l’ouvrage de Marguerite Duras, une auteure réputée difficile à dompter, pardon, à adapter, et surtout avec L’Ours, le film animalier qui a fait pleurer des générations entières depuis sa sortie en 1988, un genre qu’il explorera de nouveau en 2004 avec Deux frères. Entre temps, Jean-Jacques Annaud réalise Les Ailes du courage (1996), Sept ans au Tibet (1997) et Stalingrad (2001), ou comment faire le tour du monde en trois films. La sortie à la rentrée 2007 de Sa Majesté Minor avec José Garcia et Vincent Cassel marque le grand retour du réalisateur à la langue française. Une chose n’a pas changé en tout cas, Jean-Jacques Annaud continue de faire du cinéma avec un seul objectif, faire voyager les spectateurs.
Filmographie :
Sa Majesté Minor (2007)
Deux frères (2004)
Stalingrad (2001)
Sept ans au Tibet (1997)
Les Ailes du courage (1996)
L’Amant (1992)
L’Ours (1988)
Le Nom de la rose (1986)
La Guerre du feu (1981)
Coup de tête (1979)
Noirs et Blancs en couleurs (1976)
Les Sept péchés capitaux du cinéaste (1962)
Scénariste
Deux frères (2004), de Jean-Jacques Annaud
Stalingrad (2001), de Jean-Jacques Annaud
Les Ailes du courage (1996), de Jean-Jacques Annaud
L’Amant (1992), de Jean-Jacques Annaud
Je suis timide, mais je me soigne (1978), de Pierre Richard
Noirs et Blancs en couleurs (1976), de Jean-Jacques Annaud

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