Après avoir ravi les amateurs d’animation grâce à leur série de vingt épisodes diffusés sur Canal + en 2003, Vincent Patar et Stéphane Aubier ont décidé de porter Panique au Village sur grand écran.
Bien leur en a pris ! Car c’est un véritable bonheur de retrouver Cheval, Cowboy et Indien dans une nouvelle aventure plus rocambolesque que jamais entre Jules Verne pour le côté aventures et le Flying Circus des Monthy Pythons pour le côté absurde, le tout saupoudré énergiquement d’un humour belge rock-n’roll.
Ceux qui ne connaissent pas la série seront peut-être déroutés dans un premier temps par l’esthétique du film tourné en image par image et dans lequel les héros sont des figurines-jouets. Le coeur du village est composé de Cowboy et Indien, deux amis qui n’ont rien à voir avec un quelconque western, et qui passent leur temps à provoquer des catastrophes. Leur mentor et colocataire, Cheval, est la tête pensante d’un groupe qui en a bien besoin. Autour d’eux gravite toute une faune essentiellement composée de Steven, le fermier colérique, sa femme et leurs animaux, de Gendarme, de Facteur, et d’une nouvelle venue, Mrs Longrée, une adorable jument professeur de piano au conservatoire.
Comme à l’accoutumée, la panique va naître au village à la suite d’une carabistouille de Cowboy et Indien qui vont commander par erreur des millions de briques destinées à la construction d’un barbecue pour l’anniversaire de Cheval. La maison du trio sera détruite, et c’est en tentant de la reconstruire qu’ils feront la rencontre d’une étrange famille d’amphibiens chapardeurs de murs. Dès lors, courses-poursuites et batailles rangées délirantes vont se succéder à une vitesse ahurissante.

Outre l’humour belge basé sur l’absurde des situations et la folie de ses personnages, tous détenteurs de personnalités fortes, l’intérêt du film repose aussi sur son univers à la fois grossier (les perspectives sont délirantes et les décors extérieurs minimalistes) et très détaillé (les plans sont parfois trop courts pour avoir le temps d’apprécier parfaitement le travail des concepteurs dans les décors d’intérieur). Bref, Panique au Village donne vie à ces jeux d’enfant sans queue ni tête et dont le seul intérêt réside dans le divertissement pur.
Les voix des personnages, assurées par les réalisateurs et des acteurs du cru ajoutent à la folie de l’ensemble et à cet aspect faussement amateur qui est si rafraîchissant dans le film. A ces voix s’ajoutent celles des guest-stars en la personne de Benoît Poelvoorde, Bouli Lanners et Jeanne Balibar qui apportent un petit plus comique à l’ensemble (voir l’accent et les expressions hilarantes des deux premiers).
Au final, le plus grand défi de ces figurines miniatures était de tenir les spectateurs en haleine le temps d’un long-métrage. Malgré de très rares chutes de tension, force est de constater que l’on ne s’ennuie jamais dans cette Panique au Village, le rythme endiablé et l’humour jamais répétitif servant de liant dans une histoire décousue mais à la folie assumée et même revendiquée.
Morgan Le Moullac
Panique au Village
Sortie le 28 octobre 2009
Animation, Belgique, France, Luxembourg, 1h16, 2007
Ecrit et réalisé par Vincent Patyar et Stéphane Aubier
Produit par Philippe Kaufmann, Vincent Tavier
Avec les voix de : Stéphane Aubier, Jeanne Balibar, Nicolas Buysse, Véronique Dumont, Bruce Ellison, Fred Jannin, Bouli Lanners, Vincent Patar, Benoît Poelvoorde, David Ricci

envoyer par mail