Cinéma

Une Semaine sur deux : du divorce et autres contrariétés


Naïf et caricatural, Une Semaine sur deux reste trop cantonné dans le domaine petit-bourgeois pour élever son propos. La distribution est attachante, mais l’ensemble est au niveau d’une fiction télévisuelle.

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A la vision d’Une Semaine sur deux et de son portrait d’une famille gentiment déjantée qui tente de survivre au divorce, l’on se rend compte de l’ambition quasi démesurée de Ivan Calbérac, auteur et réalisateur de cette comédie.

Depuis le père (Bernard Campan) psychologue en pleine crise de la quarantaine qui se recycle dans la parapsychologie entre deux rendez-vous avec sa maîtresse de dix ans sa cadette, jusqu’au petit dernier (Jean-Baptiste Fonk) qui idolâtre Greenpeace et reprend à son compte tous les préceptes de la secte écologiste, en passant par la mère (Mathilde Seigner) angoissée pour ses enfants mais qui drague à tout va pour se trouver un nouveau mari vite-vite et la fille (Bertille Chabert) qui blogue plus vite que son ombre, le scénariste du film a visiblement tout fait pour ancrer bien solidement Une Semaine sur deux dans son temps, celui paradoxal où l’individualisme et le moralisme solidaire règnent en maître sur la société.

Bien sûr, Une semaine sur deux est une comédie à la française, c’est à dire ni tout à fait drôle ni tout à fait désagréable, et ses personnages sont esquissés à gros traits et son scénario n’évite en rien les clichés. Bien sûr, l’utilisation du personnage de l’adolescente comme narratrice semble avoir pour but de masquer la naïveté et la banalité des dialogues derrière l’apparente spontanéité de l’enfance. "Ils m’ont partagée comme un gâteau, en deux parts égales", dira la jeune fille en voix off à propos de ses parents qui ont choisi la garde alternée. Avec de tels dialogues, il est difficile de dépasser le cadre de la chronique familiale pour s’attaquer à la fresque générationnelle. Ce constat effectué, on se résignera à ne rechercher les bons moments de ce film que dans les scènes tendres entre les parents et leurs enfants et quelques autres plus drôles dues en grande partie au talent comique de ses deux interprètes principaux.

Le duo Bernard Campan - Mathilde Seigner, très complémentaire et sympathique, et la distribution de jeunes acteurs attachants permettront à ceux qui ne sont pas encore lassé de ce cinéma proche de la fiction télévisuelle de s’accrocher tout de même à ce film plein de bonne volonté.

Morgan Le Moullac

Une Semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires)

- Sortie le 22 juillet 2009
- Comédie, France, 1h38, 2009
- Ecrit et réalisé par Ivan Calbérac
- Produit par Eric Altmayer, Nicolas Altmayer, Isabelle Grellat
- Photographie de Denis Rouden
- Musique de Laurent Aknin
- Montage de Véronique Parnet
- Avec : Mathilde Seigner, Bernard Campan, Bertille Chabert, Gregori Derangère, Judith Davis, Daniele Lebrun, Jean-Baptiste Fonck, Keyne Cuypers


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dimanche 19 juillet 2009
 
 
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