Pour la sixième et antépénultième fois (le dernier épisode sera divisé en deux parties), Harry Potter, ce jeune magicien créé par l’anglaise J. K. Rowling, revient sur grand écran avec son cortège de formules magiques et d’effets spéciaux.
Depuis 2001, date de sortie du premier opus, Harry Potter (Daniel Radcliff) a bien grandi. Si dans les premiers épisodes il prenait le temps de s’émerveiller - et le spectateur avec - de ce nouveau monde fantastique dans lequel toutes les loufoqueries devenaient possibles, la découverte de ce monde de la magie se fait chaque année de façon plus sombre. Les fantômes farceurs, dragons susceptibles et autres saules-cogneurs ne sont plus à l’ordre du jour car Harry Potter et le Prince de sang-mêlé marque la progression de son héros vers l’âge adulte. Bonjour, donc, les hormones qui travaillent et les responsabilités qui s’accumulent.
L’entrée en matière du film résume à lui seul ses enjeux. Après s’être fait draguer par une jolie serveuse dans un café, Harry se fait embarquer à l’improviste par le Professeur Dumbeldore (Michael Gambon), tête pensante de l’école de Poudlard et père de substitution du jeune homme. Après de drôlatiques tractations, tous deux parviennent à convaincre le professeur Slughorn (Jim Broadbent, excellent), qui n’aime rien de plus que de voir son nom associé à celui de ses anciens élèves qui ont réussi, de rejoindre l’équipe d’enseignants du collège pour l’année scolaire. Dans cette introduction efficace, le réalisateur David Yates et son scénariste Steve Kloves ont réussi à condenser ce qui fera la matière du film à savoir l’incessant va-et-vient entre les prémisses de l’amour et le spectre de la mort (l’un des anciens élèves de Slughorn n’est autre que Tom Jedusor alias Voldemor).

Les fans de la série retrouveront avec plaisir le scénariste Steve Kloves, absent au générique d’un Harry Potter et l’Ordre du Phénix brouillon. Le Prince de sang-mêlé reste inégal au niveau de l’intérêt, mais sa trame est bien plus précise que son prédécesseur ce qui aide le spectateur qui n’a pas lu le livre à ne pas décrocher à la première piste implicite d’un film réalisé avant tout pour les fans de la série littéraire. Comme par magie, les livres grandissent avec leurs lecteurs et leurs adaptations aussi. Les thématiques se font donc plus adultes dans un film globalement très sombre bien que se ménageant encore quelques plages de détente, avec les séances drague entre Ron (Rupert Grint) et Lavande Brown Jessie Cave) ou avec un match de Quidditch toujours aussi spectaculaire.
Construit sur le thème du double - double amoureux, double maléfique, relation père/mère-fils - ce sixième épisode met en avant les destins croisés de Harry Potter et de Drago Malefoy (Tom Felton), tous deux élus dans leurs clans respectifs et envoyés au charbon, chargés de lourds fardeaux que leurs jeunes épaules ne pourront pas encore porter. Particulièrement présent à l’écran, Daniel Radcliff parvient parfois à surprendre par la variété de son jeu, et Tom Felton incarne de façon tout à fait crédible un jeune homme hésitant à emprunter une voie sans retour.
Certes les 2h30 du film sont parfois bien longues et les nombreux raccourcis scénaristiques sont parfois bien difficiles à suivre, d’autant que le réalisateur manie les ellipses sans beaucoup de finesse, mais les personnages sont toujours aussi attachants et les effets spéciaux, les décors et les costumes toujours plus soignés. Encore une fois la magie est au rendez-vous.
Morgan Le Moullac
Harry Potter et le Prince de sang-mêlé
Sortie le 15 juillet 2009
Fantastique, Royaume-Unis, Etats-Unis, 2h30, 2009
Réalisé par David Yates, scénario de Steve Kloves, d’après J.K. Rowling
Produit par David Heyman, David Barron
Photographie de Bruno Delbonnel
Musique de Nicholas Hooper
Montage de Mark Day
Décors de Stuart Craig
Costumes de Jany Temime
Avec : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Bonnie Wright, Evanna Lynch, Jessie Cave, Jim Broadbent, Michael Gambon, Helena Bonham Carter, Helen McCrory, Tom Felton, Robbie Coltrane, Alan Rickman, Maggie Smith, Warwick Davis, David Bradley, Hero Fiennes Tiffin, Frank Dillane, Julie Walters, Mark Williams, James Phelps, Oliver Phelps, Dave Legeno, David Thewlis, Alfie Enoch, Timothy Spall, Freddie Stroma

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