Cinéma

Là-Haut : remède contre la pesanteur


Un film d’animation d’une tendresse peu commune et une aventure humaine sans égale, celle d’un vieil homme et d’un jeune garçon partis réaliser le rêve d’une femme décédée. Coloré, drôle, poétique, rigoureusement bien écrit... Pixar, quoi !

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Les hommes de Pixar ont encore récidivé ! Un an après Wall-E, voici donc le nouveau joyeau des studios de la bande à John Lasseter et force est de constater qu’ils n’ont pas perdu leur sens du récit. Avec Là-Haut, Pete Docter, déjà réalisateur de Monstres et Cie, montre une nouvelle fois que les studios Pixar, même depuis leur rachat par Disney, ne comptent pas céder à la facilité.

Après les trois-quarts d’heure sans dialogue de Wall-E, les concepteurs de Là-Haut ont dû faire face à un nouveau défi : raconter le deuil à des enfants sans verser dans le sentimentalisme bébète et sans se départir de leur humour et leur poésie légendaires. Là-Haut retrace l’aventure rocambolesque et haute en couleur - bien que profondément attachés à la qualité du scénario, les hommes de Pixar n’en oublient jamais l’aspect technique du film, encore une fois superbe - d’un vieil homme nommé Carl Fredriksen qui décide un jour de réaliser le rêve qu’il partageait avec sa femme avant qu’elle ne décède, à savoir partir en ballon dirigeable sur les traces de l’explorateur qu’ils vénéraient étant jeunes. Le vieillard, aux formes aussi carrées que son désir de réaliser le souhait de sa défunte épouse est aiguisé, embarquera malgré lui Russell, un boy-scout rondouillard et insistant dans une aventure qui verra le petit groupe s’agrandir de "personnalités" aussi surprenantes qu’un chien qui parle et un oiseau magnifique, rare et facécieux.

Toute la beauté de ce dixième long-métrage des studios Pixar tient dans cette image d’une vieille maison prenant le large par les airs grâce à un agglomérat de ballons multicolores. Le deuil, symbolisé par la maison-mausolée où tous les souvenirs liés à sa chère défunte sont entassés, fait bien peu de poids face à la résolution que le vieux Fredricksen a prise d’effacer son chagrin et de réaliser son vieux rêve. Et la maison s’envole...

A partir de cette image lumineuse, Pete Docter et son co-réalisateur Bob Peterson, ont développé un film à la douce mélancolie et à l’humour toujours bien ancré, le choc des contraires entre le vieillard carré et le boy-scout fonctionnant à merveille. La quête initiatique qu’ils partagent ne révèle aucun temps mort et si le rythme du film ne ralentit jamais, c’est encore une fois grâce à un scénario peaufiné à l’extrême. L’animation est magnifique, colorée, fantaisiste (voir la jungle sud-américaine dans la seconde partie du film, qui ressemble plus à une jungle passée à la moulinette de l’imaginaire plutôt qu’à celle des reportages tv) et fluide à souhait, suffisamment pour passer un moment de pure magie.

"Magie" : voilà le maître mot de la séquence d’introduction du film, qui retrace en une poignée de minutes la vie de Carl Fredricksen et de sa femme Ellie. Non seulement la technique du vieillissement en accéléré semble bien plus naturel ici que dans n’importe quel film live tel L’Etrange Histoire de Benjamin Button, mais en plus, réalisateurs et scénaristes ont réussi à condenser une vie en un laps de temps très court, sans faire le moindre raccourcis grossier, et en faisant preuve d’une maîtrise totale du récit et de la tonalité juste, entre mélancolie, tendresse et légèreté. Une entrée en matière sensible qui lance de la plus belle des manières la plus belle des aventures.

Morgan Le Moullac

Là-Haut

- Sortie le 29 juillet 2009
- Animation, Etats-Unis, 1h35, 2008
- Ecrit et réalisé par Pete Docter et Bob Peterson
- Produit par Jonas Rivera, John Lasseter, Andrew Stanton
- Avec les voix françaises de Charles Aznavour, Tom Trouffier, Guillaume Lebon, Richard Leblond


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samedi 25 juillet 2009
 
 
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