Cinéma

Les techniques d’animation vol.1


A l’occasion de la sortie le 1er avril du dernier film d’animation des studios Dreamworks, Monstres contre Aliens, puis, le 8, du dernier film signé Hayao Miyazaki, Ponyo sur la falaise, Cinema.evous a décrété que ce mois d’avril 2009 était celui de l’animation. Voici la première partie du dossier consacré à cet autre versant du septième art.

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Le théâtre d’ombres chinoises est une des origines les plus anciennes de l’animation. Dès le VIe siècle des marionnettes articulées et une lanterne sont utilisées pour projeter des ombres sur une toile. Plus tard, à partir du XVIIIe siècle, la technique de la " lanterne magique " permet de projeter des images sur un écran.

Du Zootrope au dessin animé

Plusieurs inventions forment la genèse de l’animation telle que nous la connaissons aujourd’hui. Le Zootrope en est la plus connue. Il s’agit d’un jouet optique inventé en 1834 par William George Horner dont le concept repose sur la persistance rétinienne : une image reste imprimée sur la rétine un certain temps, d’autant plus si elle est lumineuse, et la superposition d’images fixes qui se suivent donnent l’impression de mouvement. Le zootrope, composé d’un tambour percé de fentes et d’une bande de dessins décomposant un mouvement, reprend ce principe pour créer l’illusion que les images s’animent quand on fait tourner le tambour. Emile Reynaud reprendra ce principe du zootrope pour le développer et obtenir des machines d’animation telles que le praxinoscope et le théâtre optique, véritable dessin animé avant l’heure. Fantasmagorie, d’Emile Courtet, est considéré comme le premier dessin animé cinématographique. Il a été projeté pour la première fois en 1908 au Théâtre du Gymnase à Paris.

L’animation en volume selon Harryhausen

Autre technique, l’animation en volume (ou image par image). La série des Wallace et Gromit de Nick Park ou encore L’étrange Noël de Monsieur Jack de Tim Burton ont popularisé le genre. Ladislas Starevitch et Willis O’Brien sont les pionniers de cette technique permettant de créer un mouvement à partir d’objets immobiles. Une scène, constituée d’objets, est filmée à l’aide d’une caméra pouvant prendre une seule image à la fois. Entre chaque prise de vue, les objets sont légèrement modifiés de telle façon qu’un visionnage d’ensemble des images bout à bout permet de créer le mouvement. Ray Harryhausen avec Jason et les Argonautes (1963) révolutionne le genre en mêlant dans les mêmes plans des acteurs en prise de vue réelle et des personnages d’animation en volume.

L’animation en volume est l’une des techniques d’effets spéciaux les plus anciennes du cinéma, Emile Courtet l’ayant expérimenté dès 1908 avec Les Allumettes animées. L’animation en volumes se compose de deux techniques. La première, le stop-motion, consiste à prendre une photo d’une scène immobile. Mais cette technique ne permettant pas d’obtenir un rendu fluide sur les mouvements rapides, on utilise parfois la seconde technique, le gomotion qui consiste à bouger un peu l’objet durant la prise de vue dans la direction du mouvement que l’on veut reproduire. Ray Harryhausen est un des maîtres du stop-motion. C’est cette technique qui lui a permis d’animer Talos, les harpies, le dragon gardien de la Toison d’Or ou encore les squelettes de la scène finale de Jason et les Argonautes. C’est donc un travail long et laborieux. Par exemple, pour la scène des squelettes, Ray Harryhausen a travaillé seul avec ses miniature durant pas moins de quatre mois, une journée lui rapportant environ treize images d’animation (une seconde équivaut à vingt-quatre images…).

Pour cette scène de combat, Ray Harryhausen et Don Chaffey ont procédé en deux temps. Dans un premier temps, des figurants numérotés de un à sept ont été engagés pour jouer le rôle des squelettes. Les acteurs ont ainsi pu s’entraîner à effectuer le combat de telle sorte que pour la prise de vue, ils ont été capables de le reproduire sans adversaires. Dans un second temps, Ray Harryhausen s’est enfermé dans son studio et a procédé à l’animation des sept squelettes et grâce à la technique du dynamation, a pu intégrer ses miniatures aux prises de vues des acteurs. " La séquence finale représentait un véritable défi technique dans le domaine du film fantastique. Il y avait sept squelettes combattant trois hommes ; chacun des squelettes comprenait cinq parties de lui-même à bouger à chaque image ; et tout cela devait être synchronisé avec le mouvement des comédiens. On peut imaginer pourquoi ça m’a pris tellement de temps ! ".

Le dynamation :

Cette technique, une amélioration du stop-motion, a été expérimentée dès 1958 par Ray Harryhausen pour Le Septième voyage de Sinbad. Le dynamation consiste en une combinaison de prises de vues réelles et de miniatures en 3D. Pour renforcer l’intégration de la miniature dans l’espace, Ray Harryhausen a l’idée d’ajouter en plus de l’arrière-plan un avant-plan. Le film est donc projeté deux fois, un cache permettant d’éviter une superposition des mêmes parties du plan. Premier plan et second plan sont ainsi distincts, ce qui renforce l’impression de volume.

Pour la scène de combat contre les squelettes de Jason et les Argonautes, Ray Harryhausen et Don Chaffey ont procédé en deux temps. Dans un premier temps, des figurants numérotés de un à sept ont été engagés pour jouer le rôle des squelettes. Les acteurs ont ainsi pu s’entraîner à effectuer le combat de telle sorte que pour la prise de vue, ils ont été capables de le reproduire sans adversaires. Dans un second temps, Ray Harryhausen s’est enfermé dans son studio et a procédé à l’animation des sept squelettes et grâce à la technique du dynamation, a pu intégrer ses miniatures aux prises de vues des acteurs. " La séquence finale représentait un véritable défi technique dans le domaine du film fantastique. Il y avait sept squelettes combattant trois hommes ; chacun des squelettes comprenait cinq parties de lui-même à bouger à chaque image ; et tout cela devait être synchronisé avec le mouvement des comédiens. On peut imaginer pourquoi ça m’a pris tellement de temps ! ".

L’animation sur ordinateur

Actuellement, la plupart des films d’animation populaires sont animés sur ordinateur. A partir de Toy Story de John Lasseter, les films d’animation créés entièrement en 3D se sont multipliés. Peu coûteuse et pouvant donner lieu à une grande fluidité et complexité de mouvements, la 3D peut être obtenue par " motion capture " ou capture de mouvements (des capteurs enregistrent les mouvements d’un acteur et les reproduisent sur ordinateur) ou grâce à des logiciels d’animation 3D.

D’autres techniques, plus marginales, existent également. L’animation en papier découpé par exemple, utilisé par Michel Ocelot pour Princes et Princesses ou Stone et Parker pour South Park. La Pixilation est une technique permettant de filmer des personnages réels ou des objets dans des mouvements impossibles à réaliser en temps réel, comme un homme qui vole. Le réalisateur Norman McLaren a aussi développé des techniques d’animation expérimentales comme le grattage de pellicule ou la peinture sur pellicule. Il a obtenu en 1952 l’Oscar du meilleur court-métrage pour Neighbours (Voisins).

Une autre terre de l’animation : la République tchèque

La République tchèque, et auparavant la Tchécoslovaquie, est une des terres traditionnelles de l’animation. Le théâtre de marionnettes, qui occupait à la fin du XIXe siècle une place privilégiée dans la culture nationale, est à l’origine de cet engouement pour le cinéma d’animation avec des précurseurs tels que Jiri Trnka (1912-1969) ou Hermina Tyrlova (1900- 1993). Jiri Trnka a commencé sa carrière en tant que concepteur de décors et de personnages de théâtres de marionnettes avant d’être l’un des premiers à créer des films d’animation avec des personnages en trois dimensions dès les années 1940. Surnommé " le Walt Disney des pays de l’Est " après la guerre, Jiri Trnka réalise une série de films d’animation qui remporteront un fort succès : Les Animaux et les brigands en 1946, qui lui vaut un prix au Festival de Cannes ; Spalicek l’année Tchèque en 1947, son premier long-métrage de marionnettes, qui obtient un prix au Festival de Venise ; puis Le Rossignol et l’empereur de Chine en 1948 ou encore Le Brave Soldat Chveik en 1955, et Le Songe d’une Nuit d’été quatre ans plus tard.

La génération suivante profite des avancées initiées par Trnka ou Tyrlova. Des années 1950 aux années 1990, des artistes comme Karel Zeman (1910-1989), Bretislav Pojar ou Jan Svankmajer, dans des styles très différents, perpétuent la tradition de l’animation Tchèque. Si Bretislav Pojar avec Monsieur et Monsieur notamment, propose des histoires pour les tout petits, Jan Svankmajer, proche des surréalistes, est l’auteur d’œuvres plus adultes comme La Légende de Faust (1994) ou La Chute de la maison Usher (1981). Toute cette génération en tout cas aura vécu l’après 1968 et l’invasion de Prague par les troupes soviétiques ainsi que la censure qui s’ensuivit et des difficultés matérielles parfois insurmontables. Avec les années 1990 et la fin progressive du communisme, de nouvelles difficultés mettent les animateurs tchèques à l’épreuve. Face à la loi du marché et la concurrence féroce des Etats-Unis notamment, les seules solutions sont parfois l’exil ou la sous-traitance. Une nouvelle génération d’animateurs éclot tout de même, menés par Pavel Koutsky, Michaela Pavlatova et bien sûr Jiri Barta. Ce dernier naît à Prague en 1948. Il obtient un diplôme de l’Ecole des Arts et Métiers de Prague en 1975, puis collabore avec le studio de court métrage Kratky Film dès 1978, avec lequel il réalise sept films dont Krysar. Actuellement, Jiri Barta doit se battre pour trouver des producteurs capables de financer ses derniers projets de long-métrage, signe que les temps restent difficiles pour l’animation Tchèque. Ce malgré le succès critique qu’elle engendre et le dynamisme de ses troupes, comme le montre Anifest, le Festival International d’Animation de Trebon, de plus en plus visité du public.

En savoir plus

Livres :

- Laure Gontier, Jason et les Argonautes, Ciné Légendes, n°6 novembre 2000, Dreamland, 2000.
- Steve Archer, Willis O’Brien : maître des effets spéciaux, Dreamland, 1996.
- Didier Plassard, Mains de Lumière : anthologie des écrits sur l’art de la marionnette, La Recherche, Charleville-Mézières, 1996.

Sites :

- www.mythesgrecs.com
- www.devildead.com/jasonargon...
- www.abc-lefrance.com/article...
- Deux sites bien faits sur les studios Ghibli : www.oomu.org et www.buta-connection.net


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vendredi 27 mars 2009
 
 
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