Cinéma

Pierre Granier-Deferre s’est éteint


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Pierre Granier-Deferre, le réalisateur de « La Veuve Couderc », « Le Chat », « la Horse », « L’Étoile du Nord », « Une étrange affaire », « Le Train » ou « L’Ami de Vincent », a vu le mot FIN refermer le film de sa vie à l’âge de 80 ans. Ce natif du 9ème arrondissement s’en est allé le 16 novembre 2007 à Paris. Avec lui disparaît l’un des plus grands réalisateurs et scénaristes français, celui qui a si bien su, dans les années 1970 et 1980 tout particulièrement, émouvoir, charmer, faire tessaillir, des millions de spectateurs en salle et devant leur petit écran, restituant le mieux avec quelques autres comme Claude Sautet, la couleur et l’ambiance d’une époque. À l’inverse des réalisateurs de la Nouvelle Vague dans les années 1960, Pierre Granier-Deferre était considéré comme un réalisateur classique, un « bon artisan du cinéma », ce qui n’empêchait en rien cet ancien élève de l’IDHEC, devenu assistant-monteur puis assistant-réalisateur entre autres de Marcel Carné, d’égratigner dans ses films les pouvoirs de la politique et de l’argent. Cet homme que l’on disait pudique et discret, ne manquait pas de moelle quand il fallait dénoncer l’omnipotence, la corruption, l’arrivisme et la lâcheté des hiérarques. Son cinéma sonnait juste. Il bousculait sans provoquer. On se souvient du tandem d’inspecteurs incarnés par Lino Ventura et Patrick Dewaere dans « Adieu Poulet ». Granier-Deferre est souvent salué comme un grand directeur d’acteurs. Il n’avait pas son pareil, dit-on, pour "mener" ces géants du septième art que sont ou furent Jean Gabin, Simone Signoret, Philippe Noiret, Michel Piccoli, Lino Ventura, Romy Schneider... Pierre Granier-Deferre réalisa son premier long métrage en 1962 (« Le Petit garçon de l’ascenseur »), signant par la suite 24 films, sans compter ses réalisations pour la télévision, notamment ses Maigret adaptés de l’oeuvre de Simenon qu’il adorait pour son caractère réaliste et son univers feutré correspondant parfaitement à ses visions créatrices. C’est du reste pour son adaptation de « L’Étoile du Nord » d’après Simenon qu’il reçut le César du meilleur scénario en 1983. Le cinéaste s’intéressait beaucoup au rapport de force qui minent les relations, à l’affrontement psychologique des personnages, à l’ambiguïté des comportements. Sorti dans les salles en 1970, « Le Chat » en fut l’une des plus belles illustrations. Ce film dérangeant racontait l’histoire d’un couple, incarné par Gabin et Signoret, rongé par le temps ; un couple qui, après avoir connu l’amour, le bonheur, ne partageait plus que la mesquinerie de la vengeance. France 3 consacrera une émission à Pierre Granier-Deferre le mardi 20 novembre à 23h15 et France 2 a prévu de diffuser le samedi 24 à 15h un épisode de Maigret, que le réalisateur avait tourné avec Bruno Crémer. Pas folichon comme hommage (notez que les chaînes privées ne font rien du tout) mais nous sommes hélas habitués désormais à voir tartignolles et navets monopoliser les heures de grande écoute sur les petits et grands écrans alors que les meilleurs talents (y compris ceux qui ont fait les choux gras de la télé) sont dorénavant programmés à des heures indues.


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jeudi 29 novembre 2007
 
 
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