Cinéma

Ponyo, sur la falaise : toute petite sirène, grands pouvoirs


Poétique, magique, envoûtant, émouvant et drôle, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier ce Ponyo sur la falaise, dernière œuvre en date signée Hayao Miyazaki. Les enfants et les adultes resteront bouche bée devant la délicatesse et l’intelligence de ce dessin animé magnifique.

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A chaque nouvelle production depuis Princesse Mononoke, la retraite de Miyazaki est annoncée. Et toujours, le film qui sort nous fait espérer que la magie continue, que le grand réalisateur et dessinateur japonais poursuive son œuvre de conteur-poète responsable de quelques uns des plus beaux dessins animés de son temps.

Pour une fois, le film Ponyo sur la falaise échappe à la discussion ritournelle sur l’avenir des studios Ghibli sans son co-fondateur et artiste en chef. Et en voyant le film, dès les premiers instants, l’on comprend pourquoi : en revenant à des techniques d’artisan -l’ensemble du film a été réalisé à la main - Hayao Miyazaki semble avoir retrouvé une nouvelle jeunesse avec un bel effet crayonné, des couleurs qui n’ont jamais été aussi vives, une fluidité sans faille et un rendu des éléments naturels, la mer en particulier, incroyablement vivant et poétique. Voilà pour les techniques d’animation ; de ce côté là, il n’a plus rien à prouver depuis longtemps, son statut d’artiste ayant été validé notamment par l’exposition Moebius/Miyazaki à Paris en 2005.

Côté scénario, la recette est bien connue et éprouvée. Comme presque toujours, l’enfance est la thématique centrale du film de Miyazaki, en la personne des jeunes Sôzuke et de Ponyo. Le premier est un jeune garçon débrouillard de cinq ans qui tient compagnie à sa mère dans la maison de retraite où elle travaille, quand il ne va pas à l’école ou qu’il n’essaie pas de communiquer en morse avec son père marin au long cours. Ponyo est un jeune poisson au visage de fillette qui sera recueilli un jour par Sôzuke alors qu’elle tentait d’échapper à son père, un sorcier de la mer, étrange et puissant.

L’enfance chez Miyazaki est le lieu de l’émerveillement innocent - les enfants sont souvent les seuls à voir la magie du monde qui les entoure - mais aussi de l’apprentissage. Dans tous ses films, les enfants apprennent à devenir aussi responsables que les adultes - et même plutôt plus - en prenant conscience par exemple que les humains ne sont qu’un élément du royaume naturel et qu’ils doivent cohabiter avec les autres espèces et les respecter. Cette thématique écolo est une récurrence forte chez le réalisateur et elle est soulignée ici avec beaucoup de délicatesse et de poésie, par la personnification de la mer en une déesse magnifique qu’il serait impossible de vouloir souiller... si l’on pouvait la voir avec les mêmes yeux que les enfants du film. Mais être responsable, c’est aussi prendre soin de son prochain, de ceux qu’on aime, ce qu’apprendront à faire Ponyo et Sôzuke l’un pour l’autre.

Avec un scénario à la fois semblable aux films précédents de Miyazaki et plus léger, plus lisible, le réalisateur se donne le temps de laisser les images parler. Et quelles images ! Chaque scène semble avoir été conçue pour être encore plus éblouissante et magique que la précédente. La bande-son aussi est plus aérienne que certaines de ses productions récentes, aussi discrète qu’un brin d’écume porté par le vent, la musique du fidèle Joe Hisaishi ne part pas dans ces longues phrases démonstratives et sirupeuses comme ce put être le cas parfois.

C’est dit : Ponyo sur la falaise est un chef-d’œuvre de Miyazaki, encore un, qui n’en finit plus de se renouveler et de se parfaire, à 70 ans passés. Pourvu que ça dure...

Morgan Le Moullac

Ponyo sur la falaise

- Sortie le 8 avril 2009
- Animation, Japon, 1h41, 2007
- Ecrit et réalisé par Hayao Miyazaki
- Produit par Toshio Suzuki
- Musique de Joe Hisaishi
- Montage de Takeshi Seyama
- Direction artistique : Noboru Yoshida
- Direction de l’animation : Katsuya Kondo
- Avec les voix en vo de : Tomoko Yamaguchi, Hiroki Doi, Kazushige Nagashima, Rumi Hiiragi, Yuki Amami, Akiko Yano, George Tokoro, Kazuko Yoshiyuki, Yuria Nara, Tomoko Naraoka

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dimanche 5 avril 2009
 
 
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