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Des légumes biscornus pour la défense du pouvoir d’achat

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Bruxelles autorise la vente des fruits et légumes biscornus dans les magasins européens, au lieu de les destiner à l’industrie ou à la poubelle.

Une mesure contributive à la baisse des prix alimentaires.

Cette proposition de la Commission européenne a reçu le feu vert des représentants des 27 pays de l’UE et va être mise en oeuvre à partir de juillet prochain.

Pour être vendus dans les rayons des supermarchés, fruits et légumes doivent être classés dans les catégories ;1, 2 et "Extra" et respecter des critères de forme (longiligne pour les concombres, courgettes et carottes par exemple), de couleur ou de taille.

Ceux qui ne les respectent pas sont vendus à l’industrie de transformation alimentaire (conserves, plats préparés etc..) ou simplement jetés. Ils pourront dorénavant être commercialisés malgré tout.

"Il est absurde de jeter des produits parfaitement comestibles au simple motif qu’ils sont de forme irrégulière", a fait valoir la commissaire européenne à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel.

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Parmi les 26 fruits et légumes concernés figurent les abricots, artichauts, asperges, aubergines, avocats, haricots, choux fleurs, cerises, courgettes, concombres, poireaux, melons, oignons et endives.

Les normes en vigueur continueront à s’appliquer pour dix autres types de fruits et légumes, notamment les pommes, fraises et tomates, qui représentent à eux seuls 75% des échanges en Europe.

La vente des produits "irréguliers" sera autorisée à condition d’avoir un étiquetage stipulant "produit destiné à la transformation" ou mention équivalente.

Bruxelles espère que cette décision contribuera à faire baisser les prix élevés des denrées alimentaires, les légumes déformés étant en principe appelés à être vendus à des tarifs meilleur marché.

Certains grands distributeurs ont beaucoup milité en ce sens. Le groupe britannique Sainsbury’s avait lancé une campagne de lobbying baptisée "Sauvons nos fruits et légumes disgracieux !", promettant aux consommateurs des prix jusqu’à 40% inférieurs aux prix habituels.

"Nous ne sommes pas autorisés à utiliser jusqu’à 20% de ce qui est produit dans ce pays et, dans le climat de crise économique actuel, nous ne pouvons nous permettre de gaspiller autant de denrées alimentaires avant même qu’elles quittent les exploitations", a affirmé la chaîne de supermarchés.

Mais cet argument ne convainc pas la fédération européenne des agriculteurs (Copa-Cogeca), qui redoute que cette mesure ne fasse baisser les prix payés aux exploitants en bout de chaîne, alors qu’ils manifestent déjà, en France notamment, contre la baisse de leurs revenus.

La fédération estime que la suppression des catégories de commercialisation va empêcher les consommateurs de s’y retrouver dans les rayons, "avec le risque de payer très cher des produits de mauvaise qualité".

Signe de la controverse qu’a suscitée ce sujet : seulement neuf des 27 pays de l’UE ont voté pour l’initiative, dont la Grande-Bretagne. Seize s’y sont opposés, dont la France, qui préside le bloc et est la première puissance agricole européenne. Pour le bloquer, il aurait fallu une majorité plus large contre le texte.


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