Si la bibliothèque d’Alexandrie voulait réunir tous les ouvrages connus, Europeana, la bibliothèque numérique rassemble le patrimoine culturel européen et donne accès aux livres, aux manuscrits, peintures, cartes, photos, documents audiovisuels. Au total, plus de deux millions d’œuvres provenant de musées, de galeries, de centres d’archives, de bibliothèques et de collections audiovisuelles de toute l’Europe.
Grâce à internet et aux techniques de numérisation, « un étudiant tchèque pourra consulter les ouvrages de la British Library sans aller à Londres, un amateur d’art irlandais pourra admirer la Joconde sans subir les files d’attentes du Louvre », imagine Viviane Reding, la commissaire européenne chargée des nouvelles technologies. Pour elle, Europeana est une chance de « donner une plus grande visibilité à tous les trésors enfouis au fin fond de nos bibliothèques, musées et centres d’archives ». De « comparer les oeuvres d’auteurs jusque-là dispersées aux quatre coins du monde ». De réunir les morceaux de volumes ou tableaux partagés entre plusieurs collections.
Avec 14 salariés et un coût estimé à 2,5 millions d’euros par an,sur une enveloppe budgétaire de 120 millios € en 2009 - 2010, les débuts d’Europeana seront modestes. Aujourd’hui, deux millions d’oeuvres numérisées, toutes tombées dans le domaine public car les contenus les plus récents posent encore des problèmes de rémunération des droits d’auteurs. D’ici 2010, Europeana devrait atteindre au moins 10 millions d’oeuvres. Une goutte d’eau néanmoins comparé aux 2,5 milliards de livres détenus par les seules bibliothèques européennes.
Google, l’un des précurseurs depuis 2004, revendique aujourd’hui 7 millions de livres numérisés pour son « Google Book Search ». Europeana a été conçue comme une riposte au projet du géant de l’internet : sur proposition de la France, plusieurs pays européens avaient réclamé en 2005 la création d’une bibliothèque numérique à l’échelle de l’UE. Une première ébauche, avec quelques milliers d’ouvrages français, hongrois et portugais, avait été mise en ligne en mars 2007 par la Bibliothèque nationale de France, forte de l’expérience acquise avec sa propre bibliothèque numérique, Gallica, lancée en 1996.









