Les faits :
La ministre de la culture Christine Albanel a fixé par arrêté la norme de diffusion de la radio numérique. Après la télévision, la radio entrera dans l’ère du numérique dans un an, pour noël 2008.
Les deux normes de diffusion de la radio numérique en France seront la T-DMB (Terrestrial Digital Multimedia Broadcasting) et le DRM (Digital Radio Mondiale).
Un appel à candidatures pour attribuer les fréquences numériques sera lancé début 2008. "Dans un premier temps, l’appel à candidatures pourrait concerner 35 villes, puis 50 autres quelques mois plus tard. Pour l’heure, le CSA finalise le plan de fréquences de ce nouveau mode de diffusion" dit Le Figaro.
La radio numérique "s’appuie sur une nouvelle technologie qui convertit le son en données binaires et les transmet à des récepteurs par satellite, Internet, câble, terrestre VHF, terrestre HF" explique Laurent Larcher dans la Croix du 7 décembre. "La majorité des opérateurs réunis dans le Groupement de la radio numérique qui représente 98 % de l’audience (Radio France, RTL, Europe 1, NRJ…) en a fait la demande."
Un écran en plus...
Les avantages seront, pour l’auditeur, un son de meilleure qualité, proche du CD. Les offres et les services seront démultipliés. Équipée d’un écran, cette radio pourra afficher la pochette du disque, la liste des titres, des informations sur la météo ou l’état du trafic. Cette nouvelle technologie permettra une navigation libre de l’auditeur qui pourra suspendre l’écoute, revenir en arrière, reprendre le fil de l’émission ou la réécouter.
L’auditeur n’aura pas besoin de chercher sa fréquence en voyage puisque le nom de la radio apparaîtra sur un écran. "Un écran qui permettra d’afficher au choix : le logo de la radio, des images des artistes, mais aussi de la publicité" selon lepost.fr qui ajoute "cette possibilité de transmettre du contenu à l’auditeur est ici intéressante pour les opérateurs... Rien n’empêchera en effet de diffuser le spot de pub visuel pendant qu’il passe à la radio !" L’écran pourra permettre aussi, pour les grandes radios commerciales qui ont les moyens de faire face à un investissement important, de montrer les coulisses des émissions, par exemple en voyant le studio de l’animateur qui est à l’antenne.
Les services seront démultipliés, selon vnunet.fr, : "avec la possibilité d’associer des informations visuelles (la pochette de l’album que l’on écoute, la liste des titres, mais aussi des informations sur le trafic routier, sur les places de parkings, la météo…) ; avec aussi des fonctionnalités nouvelles : pause, retour en arrière d’un programme écouté en direct, écoute différée…"
Autre avantage, encore plus de diversité. La bande FM est saturée comme par exemple à Paris où il y a plus de 50 stations. Et le passage au numérique permettra d’intégrer plus de radios à l’offre actuelle. Selon Le Figaro : "le groupe RTL a déjà mis en place la station RTL-L’Équipe sur le Web en attendant une fréquence numérique".
Cette nouvelle technologie sera adaptée à tous les supports (autoradios, baladeurs, téléphones portables). Pour en bénéficier, il faudra renouveler son équipement actuel. "Un modèle de radio baladeur numérique a été présenté le 5 décembre. Plus petit qu’un paquet de cigarettes, un écran sur une face, il sera commercialisé autour de 120 €" explique Laurent Larcher.
Est-ce la mort de la FM ?
Les Français vont-ils renouveler leur radio pour passer au numérique ? Rien n’est moins sûr. Les vieux transistors ont la peau dure. "Un petit tiers des auditeurs écoutent encore la radio sur les grandes ondes" dit Rachid Arhab (le 5 décembre 2007 sur BFM dans Le Grand Journal). Et puis, il faudra casser la tirelire pour s’offrir un nouveau récepteur, du moins au départ avec des prix de vente élevés. "200€ en moyenne, mais leur prix devrait rapidement baisser" précise France Info
Selon Axel Duroux, patron de RTL, "la radio, qui est écoutée chaque jour par plus de 80% des Français, trouve un avenir en entrant, après la télévision, dans la grande famille du numérique, et se félicite qu’elle ne soit pas condamnée en restant confinée au transistor" (AFP).
Selon lepost.fr "ce sera plus difficile pour les petites radios. Les radios de catégorie B devront s’endetter pour continuer à exister. Quant aux radios associatives de catégorie A qui jouent un rôle crucial de média de proximité, elles sont appelées à disparaître" dit Prince de Lu. Alors que Martine Delahaye, dans Le Monde du 6 décembre, précise que la ministre de la culture, Christine Albanel, a affirmé que "le gouvernement portera une attention toute particulière aux acteurs les plus fragiles, notamment les radios associatives, qui ne doivent pas rater ce tournant essentiel, faute de moyens". Un fonds spécial devra être créé pour aider le passage au numérique des centaines de "petites" radios qui font la diversité du paysage radiophonique français. "Il n’est pas imaginable que des radios disparaissent en raison de la numérisation", a affirmé Rachid Arhab, journaliste et membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) chargé de ce dossier. "Bien au contraire ! Le numérique devrait même permettre que des projets nouveaux voient le jour" dit-il.
Et puis, selon un article du Monde : "aucune date n’est véritablement fixée pour l’extinction de la FM. Pendant de nombreuses années encore, les deux modes de diffusion coexisteront..."
Une radio pour séduire aussi les jeunes
"La radio sera plus vivante, ce qui devrait attirer de nombreux jeunes qui ont délaissé ce média" dit Rachid Arhab (AFP). "La radio est un mode d’apprentissage formidable et un outil extraordinaire. Le numérique va refaire de la radio un média moderne" dit-il." La diversité des fréquences sera, de plus, plus largement disponible sur l’ensemble du territoire" dit-il. "L’enjeu sera de trouver suffisamment de fréquences pour couvrir tout le territoire, grâce aux procédés de compression numérique" ajoute l’Express.
« Noël 2008 sera celui de la radio numérique, une radio toujours plus proche des Français, toujours plus riche et créative, qui aura mis la technologie au service de sa double ambition : celle d’être un média à la fois populaire et pointu, un média qui rassemble et répond en même temps aux goûts les plus divers. Bref, le média de l’information et de la culture pour tous », conclut la ministre, mercredi 5 décembre 2007.
Alain Rassat/Info.Evous.fr







