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Pas de crise pour la truffe noire

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"La crise, ce ne sera pas pour nous, on ne vend pas la truffe à des smicards", affirme Hervé Delon, producteur de truffes à Lalbenque, gros bourg du Quercy où la 47e saison s’est ouverte cette semaine.

Pour ce premier marché, la demande est bonne avec 92 kilos de truffes vendus entre 250 et 500 €/kg. Quand le prix de vente varie entre 200 et 1.000 €/kg, courtiers et particuliers sont imperméables à la crise.

Tandis qu’un négociant pèse les kilos de truffes qu’il vient d’acheter, le président du Syndicat des trufficulteurs, Alain Ambialet, se montre rassurant en estimant qu’"avec la truffe, on ne touche pas les mêmes secteurs" de la population.

A Lalbenque, négociants et restaurateurs ont raflé en trente minutes, la majorité du marché. "Les particuliers vont peut-être moins se faire plaisir", estime Hervé Delon.

Crise, quelle crise ? Annie, 65 ans, a négocié son panier en moins d’une minute à 300 €/kg. Avec son mari, ancien trufficulteur, elle trouve le prix "normal pour un début de saison".

"D’ici 15 jours, la truffe arrivera à maturité et à l’approche des fêtes de fin d’année, les prix devraient grimper", ajoute-t-elle avant de rejoindre le négociant pour se faire payer cash "diamant noir".

Producteur à Daglan, en Dordogne, André, 82 ans, préfère attendre pour porter un jugement. "La crise ? Les semaines à venir nous diront si elle nous touche", estime-t-il en s’inquiétant plus pour les conditions climatiques à venir. "Un gel de -6 degrés pendant une semaine pourrait avoir de plus graves conséquences pour notre production", affirme-t-il.

"On n’a pas encore remarqué de baisse dans le domaine de la gastronomie. La truffe n’est pas un produit "populaire", commente Christian Malorie, ex-président de la Confrérie du diamant noir et de la gastronomie. "De toute façon, il faut savoir que cette saison sera déficitaire et succède à d’autres années déficitaires concernant la quantité de truffes vendues", rappelle-t-il.

Un sentiment partagé par Maurice Courpet, qui dit avoir vu "dans les années 1970 deux tonnes et demie de truffes noires négociées à Lalbenque", loin de la tonne et demie de la saison 2007-2008. Aujourd’hui, souligne-t-il, la crise est plutôt une crise de production, pas nécessairement liée aux risques de récession.

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