
-Merci le progrès et à bas l’avenir !
J’aimerais tant vous dire que tout va bien, la comédie hélas s’accélère.
Grande orgie mondiale avant clôture définitive.
L’orientation que semble prendre l’Europe sur les biocarburants pourrait bien aggraver la situation déjà préoccupante de la planète.
À présent, de l’huile végétale pour nos réservoirs à sec, l’idée serait tentante si nous avions les moyens de nos folles idées.
Pour le moment nous rasons des hectares de forêts primaires, pour les cultures des végétaux futurs élus, (huile de palme par exemple)
De vieux arbres, paisibles depuis 3 siècles, continuent d’être réduis en table basse ou en tabouret, expédiés en Chine, en France notamment, et tout ça pour dégager de l’espace !
Ces hectares luxuriants transformés en désert, quelle leçon de vie !
Les grands singes s’éteignent, des populations démunies devant l’impitoyable avidité se meurent, et c’est d’abord une forêt originelle qui disparaît à grande vitesse.
Cette profanation se fait au grand jour par des ouvriers qualifiés en tronçonneuse de gros calibre.
Les biocarburants arrivent, tout le monde se pousse. Allons polluer ce qui résiste encore.
Les dégâts occasionnés sont déjà incroyables.
Encore combien d’hectares pris à la biodiversité pour remplir nos réservoirs ?
Les spéculations vont bon train sur le futur, les futurs profits, les futurs foules.
Que l’on se rassure :
La culture des biocarburants se fera loin de chez nous.
Même si la mondialisation effrite la notion de frontière, que l’on se rassure, les digues sont solides, le nuage de Tchernobyl s’est arrêté avant la France, les nuages sont si gentils.
Oui mais bon :
Alarmer c’est nul, expliquer c’est chiant, ne plus rouler en voiture c’est flippant.
Et si nos sociétés avaient oublié de garantir la pérennité du système de circulation individuelle, faute de carburant pour cela ?
Nous n’avons jamais autant circulé que pendant ce siècle, qui a promis que cela durerait ?
Alors quoi faire à part le suicide collectif ? :
Le sujet des transports mérite une profonde analyse, mais en tenant compte de l’explosion de la démographie, de la longévité, et de l’égo culture, chacun de nous va devoir se confronter à la question du déplacement.
D’ici-là, chacun d’entre nous aura le choix de cautionner ou non la culture ultra intensive de ces végétaux.
L’innocence n’a plus de prise avec notre siècle.
Repenser, rénover la notion de déplacement et la notion de village.
Les anciens avaient leurs églises, leurs toubibs, leur travail, des bistrots, des écoles dans un périmètre à échelle humaine.
Qu’en est-il de nous, conquérants d’espace ?
C’est bien de nous, de nos enfants, de notre mode de vie dont il est dangereusement question.
Les interdépendances dans ce monde, assidûment tourné vers une économie du profit, font beaucoup de dégâts car elles frappent et dévitalisent le vivant partout sur la planète.
Le bon sens veut que nous protégions la planète d’une plaie mortelle, aucune économie, aucun progrès, aucune politique, aucune industrie, ne pourront se maintenir sans biosphère.
Les biocarburants ne sont pas une solution d’avenir, mais une résolution morbide dont les jeunes générations vont payer le prix fort ! Merci papa, merci maman.
Une fois la Terre usée, aucune tête de gondole ne proposera de nouvelle planète en promotion. Gardons-le à l’esprit.
