
La vie moderne, titre de ce film brut et authentique
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Dans "paysan" il y a "pays", quel meilleur représentants que ces derniers terriens qui cultivent la terre pour nourrir les autres ?
Les derniers héritiers du pays meurent doucement, délaissant bien malgré eux une campagne, un paysage, un pays, autrefois façonné par eux.
La broussaille est le signe de l’abandon, les paysans en savent quelque chose.
Quand les sangliers prospèrent, voilà un autre indice préoccupant, ça aussi les paysans le savent.
Filmer une France rurale et ce qu’il en reste, approcher le bon sens des terriens, la modestie naturelle, loin des artifices et de la faconde, voilà l’hommage que rend le cinéaste voyageur, Raymond Depardon.
Dans cette époque malade, qui s’appuie sur des mensonges, de la finance, et qui reconnaît ses sujets aux bénéfices, il n’y a plus vraiment de place pour les vivants.
Ce film remet à l’honneur un héritage longtemps méprisé. L’ère industrielle invente le concept de "plouc" en lieu et place de ceux qui travaillent quotidiennement le sol pour qu’il donne son meilleur.
Le secteur tertiaire représente la modernité, loin des besoins organiques, promettant un bonheur attendu.
Cinquante ans plus tard, notre société vacille, ses valeurs ne tiennent pas la route.
Elle qui délaissa son agriculture immémoriale, au profit de la surexploitation, des subventions, du remembrement, du surendettement, d’une certaine forme de désoeuvrement.
Augmentation significative des cancers, des allergies, du mal de vivre, de l’agitation, et tout ça pour quoi au juste ?
Un film personnel pour ce cinéaste engagé, qui remonte le fil de sa propre histoire, de ses propres choix, en même temps que celle d’un pays tout entier.
Merci pour ce film sans trucage.
Durée du film:1h30
avec Marcel Privat, Raymond Privat, Paul Argaud
Gageons que ces trois-là n’iront pas au festival de Cannes.
