Jardin

Etre ou paraitre bio


"To be or not to be"serait beaucoup plus simple

Autrefois nos grands parents mangeaient "bio" ; enfin, des produits de la terre qui n’avait pas spécialement reçu de pesticide sur la tête, c’était la moindre des choses.

Aujourd’hui on paye le prix fort pour manger correctement, sinon ce sera bananes vertes en camion frigorifique et tomates cultivées en hors-sol, sans chaire et sans goût.

Notre civilisation dédouble la fonction de la nature, en écrasant les temps de culture, en compressant les coûts de transport, en nous berçant de douces illusions.
- C’est astucieux car on finit par payer ce qui est gratuit.
- Manger une tomate cultivée dans une nature équilibrée, rougit aux rayons solaires, et récoltée au bon moment relève du défi extra-sidéral.

On nous prévient, on nous incite pourtant : Manger correctement, cinq fruits et légumes par jour, ne manger ni trop gras, ni trop sucré.

Alors, c’est la folie bio, la ruée vers un idéal proche de la sainteté.

Un détail blesse cependant, c’est le transport de ces fameuses marchandises "bio".
- Le transport est une activité polluante qui n’a rien d’écologique en définitive.

Beaucoup de magasins vendant des marchandises "bio" ne se soucient pas du taux d’émission de CO2 qu’il aura fallut pour apporter ces oranges, ces tomates, ces brocolis en rayon.

Les marchés "bio" ne sont pas épargnés.
- Au lieu de manger les légumes de saison, nous trouverons de tout, tout le temps.
- Tant pis pour les 1000 kilomètre de camion pour ces tomates espagnoles fraîchement débarquées aux marchés des Batignolles.
- Les haricots verts du Burkina Faso en plein mois de janvier, c’est bien normal, kérosène et haricots ça met du beurre dans les épinards.
- Que dire des pommes du Chili qui nous arrivent en juillet ?

Le jeu en vaut-il la chandelle ?
- Sommes nous tout à fait synchro sur notre vélo à promouvoir un style de vie qui n’en a que l’apparence ?

Tout n’est pas désespéré, ce sont bien souvent de petits producteurs qui se déplacent sur les marchés des environs, qui sauvent la face du vrai marché des aliments biologiquement respectés.
- Ces producteurs ne travaillent pas contre la nature, la rentabilité est vue comme une évidence, dans les limites et le respect des cycles de production.
- La nature nous rend ce qu’on fait d’elle.
- La surexploitation n’a jamais transformé le fer en or.

Consommer ce qui vient d’ici, au bon moment, voilà une chose que nos grands parents savaient.
- C’est précisément ce qui ferait du bien à tout le monde, reprendre le véritable rythme des cycles de saison.

- Tenir plutôt que courir en matière d’équilibre planétaire est l’attitude du terrien, le bipède "bio" quant à lui, rêve d’un petit val qui mousse de rayon..
- Devenir plus vigilant sur la nourriture que l’on choisit d’acheter n’est pas pour plaire au commerce, mais on le vaut bien.

Illustration : Merlin Bigorie


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jeudi 28 février 2008
 
 
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