Jardin

Observer un arbre


Un arbre à l’oeil

Nous pouvons tous éduquer notre regard, on commence souvent par les musées, l’art classique, l’art moderne, exercice difficile pourtant.
- Le monde de la nature s’offre à nous dans son plus simple appareil. Invisible et muet en apparence, ils s’expriment avec une précision étonnante.

Les arbres nous parlent, aucun son, aucune tonalité, mais des formes, des postures, des mouvements.

Cet arbre penche dangereusement, celui-ci meurt sans raison apparente, celui-là se débat comme un lion, celui-là encore plie sous son propre poids, celui-ci a de drôles de boursouflures à la base du tronc...
- Et cet arbre ? Ses branches pendent jusqu’à terre, c’est l’annonce de la fin ou au contraire selon l’espèce, est-ce le signe d’une grande santé ?
- Beaucoup de réponses se trouvent dans la connaissance de l’espèce observée.
- Tous les organismes vivants expriment quelque chose, il dépend de notre degré de bonne volonté de le comprendre ou non.

L’étude d’un tronc en coupe en dit long sur l’histoire de l’arbre : L’histoire est inscrite dans les anneaux (cernes) de bois formés au cours de sa croissance.
- On les observe en prenant une tranche, un rondin de bois.
- Les cernes sont serrés, il a fait sec, ou l’arbre est concurrencé par des voisins, il a été freiné.
- Les cernes sont irréguliers, l’arbre a eu un accident, une plaie.
- Les cernes sont espacés et réguliers, l’arbre a eu de l’eau et de la place.
- On peut ainsi retracer les différentes périodes qui l’ont vues grandir et se faire une idée du terrain sur lequel il s’est épanoui.
- Mais il n’est pourtant pas besoin de l’abattre pour se faire une idée.

Pour observer un arbre vivant, il est important de reconnaître l’espèce à laquelle il appartient.
- Septembre est une bonne saison d’observation car les feuilles sont encore là, mais plus pour très longtemps.
- Cela vous aidera à reconnaître le degré de sénescence (vieillesse) ou l’état de santé de celui-ci.

Chaque partie de l’arbre nous renseigne sur son évolution :
- La taille : Est-elle proportionnelle à son environnement ?
- Il arrive que non, l’arbre ne correspond pas à l’espace qu’on lui offre, au début du XX éme siècle, beaucoup de Cèdre du Liban furent ainsi implantés dans de petits jardins et devinrent de véritables monstres qu’il fallut abattre.
- La silhouette : Harmonieuse ? Dangereuse ?
- Par exemple : Est-il tordu depuis toujours ou est-ce le signe que la souche est en train de céder.
- L’exposition est-elle : Optimale ? Inquiétante ?
- Par exemple : L’arbre est comme un domino exposé au vent, il peut en entraîner d’autres dans sa chute.
- Le feuillage : Dans quel état est-il ?
- Par exemple : Le feuillage est marron mi-juillet, c’est un Marronnier, la Mineuse des feuilles (chenille ravageuse) est sûrement responsable.
- Les branches : Sont-elles toutes du même côté ?
- Dans ce cas, l’arbre n’est pas équilibré, son poids n’est pas répartit, il est vulnérable face au vent.
- Le tronc : Est-il blessé ? Infesté ?
- Par exemple, ces boursouflures discrètes sont-elles des champignons ?
- Toutes ces observations permettront de faire un premier diagnostic soi-même.

Il faut avoir à l’esprit que rien n’est fixe dans le monde naturel.
- À mesure que les tempêtes modèlent le paysage, de nouveaux couloirs de vent se forment, des arbres autrefois protégés sont à présent les plus exposés.
- L’enracinement plus ou moins faible est encore un paramètre dont il faut tenir compte dans nos observations.
- Les racines sont invisibles, mais d’autres arbres abattus dans les environs peuvent nous renseigner sur le type de sol et donc d’enracinement.
- C’est pourquoi il est utile de regarder ce qui environne le sujet en question.
- En général dans un jardin exposé, le vent vient souvent de la même direction, ce qui facilite un peu notre analyse. On ne s’en plaindra pas.

- Un oeil exercé permet d’éviter bien des catastrophes.

Connaître approximativement l’âge d’un arbre :
- La taille du tronc des arbres se mesure généralement à 1,50m du sol.
- On estime que le tronc grossit de 2,5 cm de circonférence par an.
- Dans cette hypothèse, un tronc d’arbre de 2,50 m de circonférence aurait 100 ans.

Bonnes observations.


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vendredi 12 septembre 2008
 
 
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