
La sélection est la faculté de créer de nouvelles variétés de plantes qui répondent à des critères spécifiques.
Au départ, la sélection est née de l’idée d’améliorer les qualités d’une plante grâce à son principe de reproduction.
Puisqu’il existe des mâles et des femelles dans le règne végétal, chacune des parties porte des caractéristiques qu’il est possible, non sans patience, de mettre en valeur.
Telle plante jaune, résiste bien au froid, sent très bon, fleurie peu ; et telle autre est vulnérable au froid, mais fleurie beaucoup.
En combinant les qualités de chacune des plantes, il est possible de créer une plante jaune, qui sent très bon, qui fleurit beaucoup et qui résiste très bien.
On aurait tort de se priver !
C’est donc en recombinant les caractères et en isolant les descendants qui répondent à ces critères que l’on finit par obtenir la plante désirée.
Cette étape est difficile, car repérer après croisement quels sont les individus qui ressemblent au plus près de ce que nous cherchions n’est pas chose aisée.
La sélection demandait jusqu’ici, un grand espace d’exploitation afin de mettre en culture et d’observer différents individus, et savoir quelles plantules serviront à fixer un peu plus la sélection.
C’est un petit groupe d’individus bien observés qui sera choisi pour produire des semences (graines).
Dix ou quinze ans de travail sont souvent nécessaires pour fixer la variété, et être sûre que les descendants seront tous fidèles.
Car le plus dur est de maintenir la variété en l’état, c’est-à-dire capable de se reproduire à l’identique sans retourner vers l’origine (l’un de ses parents).
Toutes les plantes ne se reproduisent pas de la même façon, et la recherche de nouvelles variétés exigent que l’on réussisse à inscrire dans le processus sexué, des caractères implantés artificiellement, après la naissance.
C’est à force de patience et de rigueur que nous avons réussie à passer de l’acquis à l’inné, en l’espace de quelques générations.
La culture in vitro, avait déjà permis d’isoler des grains de pollen et des ovules dans une éprouvette, permettant une sélection entre parents forts différents, tout en évitant les aléas du milieu.
L’embryon cultivé en éprouvette dans une solution nutritive donne une plante adulte capable de vivre en condition réelle.
Même si l’expérimentation humaine sur les végétaux a permis de fantastiques croisements, il est à craindre que l’on ne s’arrête pas là.
Où en sommes nous aujourd’hui ?
L’ère de la manipulation génétique connaît une forte accélération avec la découverte des génomes.
C’est à présent en recombinant directement des gènes les unes avec les autres que la science rivalise avec la Nature.
Les nouvelles technologies de croisement (OGM) permettent des manipulations presque sans limites, puisqu’on peut à présent implanter des gènes de n’importe quelle espèce dans une autre espèce.
Ainsi on peut implanter un gène de champignon ou un gène animal dans les cellules d’un arbuste, d’une céréale.
La nature avait jusqu’ici soigneusement empêché ce type de croisement.
Le verrou jusque-là très solide entre espèces est en train de céder, est-ce une bonne chose ?
Le pas entre la manipulation génétique végétale et la manipulation génétique animale devient chaque jour plus ténu.
Du Minautaure à Frankeinstein, le monde des chimères revient hanter et questionner notre destinée.
