
Rouge cochenille-rouge carmin, la lutte des puissants
Jusqu’à la fin du XIX siècle, le rouge provient de l’acide secrété par la Cochenille (petit insecte ravageur de végétaux).
Cet acide se trouve dans les oeufs et dans le corps de l’insecte.
Les Cochenilles qui vivaient habituellement sur des cactus, se servent de cet acide pour décourager leurs ennemis.
Les élevages de Cochenilles devinrent un enjeu politique de taille dans l’Europe des rois et des reines.
Le rouge comme couleur du pouvoir, de l’écrasante supériorité, de la passion divine déchaîna les esprits.
Son secret de fabrication resterait jalousement gardé.
Les civilisations Incas et Aztèques du Mexique connaissaient le procédé, lors des invasions espagnoles, il fut à son tour découvert par les Conquistadors.
Le reste de l’Europe pensa longtemps que le rouge carmin était une teinture extraite d’une céréale ou d’un fruit, car les insectes séchés ont l’aspect d’un grain de blé.
Les Espagnols ne firent rien pour nous remettre sur le droit chemin, ils n’hésitèrent pas à mettre à mort leurs teinturiers pour qu’ils ne puissent pas divulguer le procédé.
Il fallut attendre qu’un naturaliste français rapporte quelques pieds de cactus infestés de ces insectes pour que l’on puisse développer des élevages de Cochenilles en dehors de l’Espagne.
Cet insecte minuscule fut un excellent prétexte pour révéler les travers égoïstes des hommes, qui, au lieu de s’unir pour aller plus loin, n’ont de cesse de vouloir s’écraser les uns les autres.
Le XIX éme siècle signait la fin de cette sombre rivalité, avec l’invention du rouge de synthèse.
