De toute sa génération, Elton John est l’auteur-interprète à la carrière la plus longue, et également le plus récompensé. Sur un plan professionnel, il reste l’un des musiciens les plus cultivés, toujours désireux de suivre les évolutions de l’industrie musicale et de ses tendances. Tout dévoué à s’occuper de jeunes talents prometteurs, il a vu l’un de ses poulains, James Blunt, devenir l’un des artistes les plus vendeurs de la décennie, et parraine des groupes qui font aujourd’hui les couvertures des magazines branchés du monde entier, à l’image des exubérants Scissor Sisters.
Reginald Kenneth Dwight s’asseoit pour la première fois au piano à l’âge de quatre ans, et gagne une scolarité à temps partiel à l’Académie Royale de Musique à 11 ans. Peu de temps après, le gamin de Pinner, Middlesex, s’engage sur le chemin de l’industrie musicale. Il joue avec le groupe local, les Corvettes, avant de se choisir un nom d’après le frontman de Bluesology, Long John Baldry, et du saxophoniste de jazz Elton Dean.
Frustré du manque de reconnaissance à jouer avec d’autres, Elton John passe une audition en 1967 et y rencontre le jeune auteur Bernie Taupin. C’est le début d’une longue histoire. Le premier single d’Elton John, I’ve Been Loving You, sort chez Philips en mars 1968 mais il ne rencontrera pas le succès escompté. L’album Empty Sky suit en 1969, remarqué par la critique mais aux ventes confidentielles. C’est avec l’immense ballade Your Song, extrait de l’album éponyme d’Elton John, que le chanteur rencontre un succès mondial. Dès les premières paroles ("It’s a little bit funny this feeling inside ; I’m not one of those who can easily hide"), le monde de John – et par conséquent le nôtre – se transforme à jamais. Depuis, il chante ce titre à la fin de chacun de ses concerts. Près de 40 ans plus tard, Your Song reste sa signature et surtout une des plus belles chansons d’amour jamais écrites.
Aux débuts des années 1970, les deux collègues sont tellement au faîte de leur talent d’écriture que Bernie peut écrire une chanson en une demi-heure, et Elton John la mettre en musique en une heure. Dans la tornade aux multi disques de platine qui s’enchaîna entre 1972 et 1976, ils produisent au moins deux gros albums par an qui font date, comme le très apprécié Tumbleweed Connection, Madman Across The Water, Honky Chateau, Don’t Shoot Me, I’m Only The Piano Player et Captain Fantastic And The Brown Dirt Cowboy. Parmi tout ceux là, Goodbye Yellow Brick Road reste l’album studio d’Elton John le plus vendu aux Etats Unis.
La seconde moitié des années 1970 est souvent dépréciée dans la carrière d’Elton John, mais ce fut une période de régénération pendant laquelle il produit le superbe double album Blue Moves en 1976 (le premier issu d’un congé sabbatique d’avec Bernie Taupin) et se livre à plusieurs autres expériences.
En 1978, Elton sort le mélancolique Song For Guy et retrouve Bernie Taupin en 1980. Ils travaillent sur Too Low For Zero, un album prenant qui contient deux morceaux parmi les préférés d’ Elton John, I Guess That’s Why They Call It The Blues et I’m Still Standing, en forme d’adieu.
La décennie passe et les albums de platine continuent à tomber, mais de nouveaux défis l’attendent. Sa collaboration avec l’auteur Tim Rice pour la musique du Roi Lion de Disney lui offre non seulement une récompense aux Grammy pour le meilleur chanteur pop mais également son premier Academy Award- après lequel il reprit sa collaboration avec Tim Rice pour un projet à succès, Aida.
La fin des années 1990 voit Elton John confronté à plusieurs tragédies personnelles avec la perte d’amis très proches, du gourou de la mode Gianni Versace à la princesse de Galles, Lady Diana, dont le décès lui apporta un succès bien involontaire avec la reprise d’un morceau initialement composé pour Marilyn Monroe, Candle in the Wind, qu’il interpréta lors de ses funérailles. Le single est resté trois ans dans le Top Ten Canadien, et est aujourd’hui la chanson la plus vendue dans le monde entier, dépassant le fameux White Christmas de Bing Crosby.
C’est un Elton John revigoré qui affronte le nouveau millénaire, et s’embarque pour une résidence épique au Caesars Palace Colosseum de Las Vegas avec son show Red Piano, conceptualisé par le brillant David LaChapelle.
Le 2 avril 2007, il sort Rocket Man, un nouveau best of, avant de venir en France se produire au château de Versailles le 29 mai 2007.
Ce que vous venez de lire démontre bien la capacité d’Elton John à se réinventer pour produire toujours plus de bonnes chansons, et de trouver le succès - quoi qu’il fasse.

