Alister se tourne d’abord vers la télé qui accueille à bras ouverts sa plume acérée. Il intègre vite le cercle fermé des auteurs courus pour programmes courts, en écrivant notamment pour Un gars, une fille, et surtout La Minute blonde sur Canal+. "Devoir balancer une cinquantaine de vannes par jour, ça muscle le cerveau", déclare-t-il. Puis la musique fait son come-back dans sa vie par accident. Après avoir rencontré Adrienne Pauly, Alister met fin à trois années d’abstinence (musicale) et lui compose notamment Pourquoi, La fille au Prisunic, ainsi que le tube J’veux un mec.
A partir de là, les morceaux s’enchaînent, le monde d’Alister prend de l’épaisseur, beau et tordu, rempli de romances nerveuses et de rencontres nocturnes. Épaté par le son mat et sexy des deux albums de Baxter Dury, Alister lui envoie ses démos, comme on envoie une lettre de fan. De l’autre côté de la Manche, Baxter et l’Américain Craig Silvey, jeune producteur-ingénieur du son aux états de service déjà impressionnants (The Magic Numbers, Portishead, The Coral…), craquent sur les chansons du frenchy. Direction les studios, entre Londres, Paris et Bristol…
Avec ses compositions classieuses et son ton personnel, voici un chanteur français qui ne veut pas rentrer dans le rang. Il propose en 2008 l’album Aucun mal ne vous sera fait, suivi en 2011 de Double détente.
