Il y avait déjà de grandes attentes concernant ton avenir de chanteuse pendant l’émission Nouvelle Star. Comment as-tu vécu la période post-Baltard où ton projet s’est mis en place ?
En fait à la fin de l’émission, j’ai voulu rentrer tout de suite chez moi dans mon cocon, près de mes proches à Toulouse. Et j’ai voulu tout de suite me mettre au travail. Le faire chez moi, c’était important parce que déjà avant la Nouvelle Star je composais mes textes et donc j’avais l’habitude de faire ça dans ma bulle. J’ai besoin de ça pour écrire, pour sortir mes émotions.
C’était difficile d’enchaîner ?
Ca m’a surtout fait du bien ! J’avoue qu’à la finale, j’ai eu un moment de panique car après trois mois d’émotions fortes, trois mois avec les mêmes gens, tu t’attaches et t’as pas envie que ça s’arrête. Mais une fois rentrée, j’étais la plus heureuse du monde de pouvoir relâcher la pression. J’ai beaucoup apprécié de retrouver le calme. Mais on a quand même la pression parce qu’il faut prouver aux gens qu’on peut faire un album, qu’on peut faire découvrir son univers.
Je crois qu’on a voulu te faire réaliser un album de reprises…
Il a fallu imposer mon univers à la maison de disques et c’est vrai que ça n’a pas été simple. Il a fallu qu’on me fasse confiance. Ils étaient un peu frileux mais j’ai énormément travaillé pour les motiver et au bout d’un moment, ils m’ont donné leur accord.
On t’a connue rockeuse endiablée, un peu écorchée vive et là on te retrouve plus pop-folk et parfois déjantée…
Je ne me suis pas dit que je prenais un grand risque. Je me suis juste dit que je faisais quelque chose qui me ressemblait. A la Nouvelle Star, tu joues le jeu, tu interprètes plein de trucs différents qui ne sont pas forcément ton style de musique. Et puis, c’était une facette de moi alors que dans l’album j’ai voulu montrer les autres facettes.
Dans le titre La Fièvre acheteuse, tu chantes en français et en anglais…
En fait, ce texte était écrit avant l’émission, ça me faisait délirer de mélanger les deux langues. C’est risqué mais je trouve que ça passe bien. A la Nouvelle Star, les gens me connaissaient plus dans un répertoire anglais. Seulement je suis signée par une maison de disques qui me demande de faire un album en français… Effectivement, je trouve que les Anglais ont beaucoup de chance car le français est super difficile à faire sonner quand tu as un style un peu groovy. Mais en même temps, c’est un challenge !
A-t-on raison de dire que tu livres un album intimiste ?
Oui, c’est un épanouissement. Là je peux enfin être moi-même à fond. Il y a plein de choses en moi que j’ai envie d’exprimer et d’assumer. A l’écoute, je voudrais que ça fasse rêver les gens, voyager, car je trouve qu’il y a un côté ludique dans cet album. Il y a un côté cinématographique aussi avec des petites histoires comme des court-métrages. J’ai envie que ce soit comme quand on lit un livre, que ça fasse travailler l’imaginaire. Mais j’ai aussi envie que les gens puissent s’identifier à ce que je dis, ressentir des émotions…
Et concernant le choix du single, comment L’Homme de la situation s’est-il imposé ?
En fait c’est venu de ma rencontre avec Ariane Moffatt, qui a écrit le titre. On partage la même maison de disques, donc on se croise. Ca aide ! C’est quelqu’un de très sympa, très chaleureuse. On a rigolé, trouvé qu’on avait le même grain de voix donc quand elle m’a proposé de m’écrire une chanson, je sautais partout (rires) ! Et quand j’ai écouté le morceau, j’ai vraiment eu un coup de cœur. Je trouvais que c’était frais, dansant et ensuite je l’avais toute la journée dans la tête. Je le voulais absolument sur l’album car c’est ça aussi que les radios attendent, que les gens attendent. En plus, elle a vraiment su rentrer dans mon univers avec ce texte plein d’ironie.
As-tu ressenti une certaine pression du fait qu’on t’ait souvent présentée comme un phénomène ?
Je ne pense pas avoir eu plus de pression que mes prédécesseurs, qui ont d’ailleurs bien cartonné. Mais la pression est présente quoi qu’il arrive. Je me la mets aussi très bien toute seule (rires). Mais pour moi, ce qui est important c’est de faire de la qualité. J’ai fait du mieux que je pouvais. Je ne me prends pas la tête, je me fais plaisir. Je pense que la musique c’est ça avant tout et il ne faut pas le perdre de vue et ne pas trop se poser de questions.
Quel genre de retour as-tu eu de la part des fans sur cet album ?
Je vais souvent sur mon MySpace et je peux voir un peu ce qu’ils en disent. Il y en a qui adorent mais il y en a aussi qui ont été déçus parce qu’ils voulaient quelque chose dans la même veine de ce que je faisais à la Nouvelle Star. Certains disent qu’au début ils ont eu du mal à accrocher sur le premier single mais qu’à force de l’écouter ils ont fini par l’aimer. Cette relation avec les fans est importante.
Tu es retournée à Baltard pour chanter ton single, qu’y as-tu ressenti ?
Le retour à Baltard a été beaucoup de trac et d’émotions ! J’étais vraiment stressée, puis émue de me retrouver de nouveau là, de revoir les gens… Mais j’ai pris un pied terrible de savoir que je n’avais pas de risques d’être éliminée (rires). Cette saison, j’ai pas mal regardé et je pense que les trois derniers étaient légitimes. Ma chouchoute était Leïla, pour son petit côté déjanté. Camélia avait une super voix et Soan était très original.
Il y a déjà des dates prévues pour ta tournée ?
Si ça ne tenait qu’à moi, je partirais dès demain ! Mais il faut être réaliste alors ce sera certainement pour fin 2009, début 2010. Je vais d’abord faire quelque showcases. Pour ma tournée, je ferai évidemment des morceaux de l’album ainsi que d’autres titres. Il y a Léon le caméléon que j’adore mais il n’y avait plus de place sur l’album, il y a aussi Rien à déclarer que j’aime beaucoup. Je ferai aussi quelques reprises parce que je sais que les gens aiment bien. C’est un moment de partage, de plaisir et il faut que tout le monde se fasse du bien.
Propos recueillis par Carole Bouchard
Amandine Bourgeois, 20m² (Columbia/Sony Music)
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