Musique Evous

Bertrand Belin


Bertrand Belin appartient à cette généalogie de stylistes qui détournent les vieux fleuves épuisés pour sculpter des jeux d’eau dans des jardins savants. Il sait tout de la chanson, de la pop, du rock, et compose dans un langage à part où l’on surprend autant de l’art de Claude Debussy que de Dominique A, autant d’Alain Bashung que de Bob Dylan, autant de country music que d’Elvis Costello…

Avec Hypernuit, son troisième album solo, Bertrand trace toujours son chemin entre lyrisme et austérité. Une fois de plus, il a trouvé l’équilibre le plus limpide de la mélodie et de la poésie, l’alchimie unique d’une musique à la fois luxuriante et dénudée. Le disque a pour l’essentiel été joué à trois, avec Tatiana Mladenovitch à la batterie et Thibault Frisoni à la basse. La musique d’Hypernuit est grande ouverte, comme une maison qui se laisse emplir par la brise et les senteurs de l’été, même sur les quelques chansons que Bertrand Belin a enregistrées seul. Des maisons, il lui arrive d’en visiter. Il faut dire qu’il a de beaux voisins tels que JP Nataf qui l’a invité sur Clair, son dernier album, ou Bastien Lallemant pour lequel il vient de réaliser avec Albin de la Simone Le Verger.
À propos de ses premières chansons, les critiques avaient clamé jusqu’au nom du grand poète contemporain Philippe Jaccottet. Ne le démentant pas, Bertrand Belin a voulu "moins d’ornementation. Écrire moins pour dire plus. Les phrases viennent facilement mais jamais sans que des motifs s’imposent et se répètent. C’est autour de ces motifs que les chansons se sont construites. J’ai dû me laisser surprendre, gommer, coudre et découdre..."


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vendredi 13 août 2010
 
 
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