Bonjour ! Comment avez-vous été embarqués dans cette aventure musicale ?
Stéphane Neville : C’est un directeur de casting que je connais bien qui m’a mis en relation avec la production. On s’est rencontrés d’abord en novembre pour une première approche sur la direction, sur l’histoire. Ppour moi, malgré mon expérience, c’est la première fois que ça se passe aussi bien et aussi vite ! Il n’y a pas eu cette souffrance de l’attente.
As-tu immédiatement voulu être de la partie ou as-tu hésité avant d’accepter ?
S.N. : Je n’ai pas eu d’hésitation. On m’a souvent confié des rôles de jeunes premiers mais j’aime bien travailler, décortiquer les personnages et apporter quelque chose de plus. J’ai été très vite intéressé par Cendrillon, dès qu’on m’a parlé de la mise en scène et des personnes qui travaillaient sur le projet. Il y avait vraiment moyen de faire quelque chose de différent.
Et pour toi Aurore, je crois que ça a été un peu plus compliqué…
Aurore Delplace : Oui, un peu ! (rires) En fait, j’étais encore étudiante à l’Académie internationale de comédie musicale quand il y a eu une audition dans l’école, avant de pouvoir passer le vrai casting pour le rôle. A la fin, on était deux et l’attente a duré 2-3 mois… J’avais déjà été doublure mais c’est vrai qu’avoir un rôle-titre pour la première fois, c’est fantastique. Et Cendrillon, pour une fille, ça reste magique !
Comment as-tu travaillé pour apporter une touche personnelle à ce rôle ?
A.D. : On m’a aidé à ne pas en faire une Cendrillon lisse, gentille blonde aux yeux bleus, un peu naïve. Là, on a fait ressortir son grain de folie car elle a un vrai caractère. Et puis toute la troupe de ce projet aide vraiment à créer cette ambiance et à pousser mon personnage dans ses retranchements.
Cendrillon est un mythe populaire pour de nombreuses générations. Quelles directions avez-vous voulu prendre pour cette nouvelle adaptation ?
S.N. : Soit on colle à l’histoire et on reste dans les 350 adaptations déjà réalisées, soit on a envie d’en faire quelques chose de plus fort, de plus à soi. Je crois que là tout le monde a été d’accord là-dessus. On ne se prend donc pas trop au sérieux, sauf quand il le faut, quand il y a des moments d’émotion où de toute manière on ne peut pas faire autrement. Il y a des moments très drôles, des moments de fête, on passe un peu par tous les états.
A.D. : Et puis, on se laisse vraiment prendre au jeu ! Parfois, on a même l’impression d’être dans un dessin animé, de ne plus être dans la réalité.
S.N. : Et puis, on peut être parfois au premier degré mais ce n’est pas uniquement du premier degré. Et c’est ça la nouveauté. Car sur un spectacle musical comme celui-ci, c’était vraiment le piège.
La comédie musicale est-elle en train de trouver sa place dans la culture musicale française ?
S.N. : C’est encore un peu difficile. En France, on est encore très "premier degré" dans ce type de créations. C’est bien de s’appuyer sur une histoire mais il faut aussi évoluer pour renouveler et apporter un autre degré à l’histoire. La comédie musicale doit être libre de progresser.
Avez-vous peur d’être étiquetés « comédie musicale » par les gens de la profession ?
A.D. : Moi, à la base, j’étais danseuse, alors… (rires). J’ai découvert le chant et la comédie en venant à Paris et c’est devenu une passion.
S.N. : J’ai toujours eu le choix de faire ce que j’avais envie de faire et vraiment j’ai décidé d’aborder tout ça sans arrière pensées, sans me demander ce que ça allait ou pas pouvoir m’apporter. Je viens du théâtre et j’ai eu la chance de travailler avec des gens pour qui c’est une véritable passion donc je me suis laissé prendre au jeu.
A.D. : C’est vrai que là c’est moins une passion pour la comédie musicale que pour la scène.
S.N. : Et puis on peut y allier tout ce qu’on aime : comédie, chant, danse… C’est vrai qu’on aime bien mettre les gens dans des tiroirs et juger rapidement mais qu’ils viennent voir d’abord et après on en reparlera !(rires)
Vous êtes un duo sur scène mais avez également dû travailler ensemble pendant toute la phase de préparation du spectacle. Cela a-t-il été facile de tisser des liens et une complicité ?
A.D. : Là, vraiment, tout s’est passé comme sur des roulettes, très naturellement.
S.N. : Aurore a un tempérament vraiment facile et c’est très agréable de travailler avec elle. J’aime bien instaurer dans le travail un climat de confiance où on se parle de ce qui ne va pas… de ce qui va aussi (rires). On a partagé de bons moments ensemble mais également avec le reste de la troupe. C’est rare car il y a souvent des enjeux et des tensions mais là tout le monde est vraiment sur la même longueur d’ondes. On dédramatise beaucoup de choses. Maintenant, on espère que les gens qui vont venir vont être surpris, qu’ils vont repartir en se disant qu’ils ne s’attendaient pas du tout à ça.
Propos recueillis par Carole Bouchard
Photos : Clément Allain / picseyes
Cendrillon, la comédie musicale
Au Théâtre Mogador, Paris, du 24 octobre au 16 décembre 2009
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