Grand gagnant du concours Zimbalam, Charles Pasi est un jeune talent à suivre de près.
Après un premier album salué par la critique, Mainly Blue (2006), il revient en 2010 avec un EP. Blues, funk, jazz, rock, soul... Le chanteur distille avec talent ses larges influences et invite au passage le légendaire saxophone d’Archie Shepp pour deux titres.
"J’ai 25 ans, je vis à Paris et j’ai commencé la musique à 17 ans avec l’harmonica et le chant dans une chorale gospel, déclare Charles. Je suis parti vivre à Rome après mon bac et je me suis inscrit à la Saint Louis jazz school. De retour à Paris j’ai poursuivi mes études au Cim et à l’école Atla. Je chante, je joue de la guitare et j’ai touché un peu à la clarinette.
Je pense que les artistes que j’aime et que j’écoute m’ont tous influencé inconsciemment, mais il n’y en a pas un en particulier. Ceci dit, on peu dire que globalement je suis plutôt attiré par les musiques afro-américaines, sans être exhaustif pour autant. Dans mon panthéon, il y a Ray Charles, Bob Dylan, Stevie Wonder, Little Walter, Duke Ellington, Chet Baker, Otis Redding, Buddy et Junior, Giora Feydman, James Brown, Prince, Janis Joplin, Hugo Diaz, Piazzola, Django, Brassens, Fabrizio de Andre, Paco de Lucia, BB... J’aimais bien la direction que prenait Ben Harper jusqu’a Burn To Shine , son quatrième album, mais je trouve qu’il a perdu beaucoup depuis. Sinon j’aime beaucoup D’Angelo par exemple, qui marie superbement ses influences hip hop, funk, soul et jazz. J’aime bien Keb Mo aussi, Richard Bona, Jamie Cullum..."
Si son premier opus était teinté de blues, Uncaged est inclassable. Les textes de Charles Pasi sont souvent sombres mais les mélodies de couleurs diverses. Du haut de ses 27 ans, il nous parle aussi d’un temps que les moins de trente ans devraient apprendre à mieux connaitre. Un instrument pour les mélodies de vieux l’harmonica ? Pas lorsqu’on sait en truffer habilement l’ensemble des musiques actuelles, Charles Pasi en fait la démonstration grâce à ses invités. En particulier lorsqu’Archie Shepp, émérite pilier de l’afrocentrisme et du free-jazz, joint son sax-ténor à l’harmonica et au reste du groupe.
C’est en 2011 que sort l’album de ce doux rêveur, qui observe autant le passé que le présent pour mieux construire et comprendre le futur.
