Luminor, comment s’est terminée votre histoire avec Cinema Bizarre ?
Je n’ai pas eu le choix. Je voulais rester du plus profond de mon cœur mais la situation telle qu’elle était me devenait insupportable. C’est bien trop facile de faire croire que je me serais réveillé un jour avec l’envie de quitter le groupe. Ca me fait du mal quand les gens me disent qu’ils comprennent ma décision. Quelle décision ? Ce n’était pas mon désir de partir.
Etes-vous resté en contact avec Strify et les autres depuis votre départ ?
Non, il n’y a plus aucun contact entre nous.
La page a-t-elle été difficile à tourner ?
C’était cruel parce que soudainement toute ma vie s’est écroulée. Je ne vivais que pour le groupe et j’ai beaucoup donné pour cette aventure, alors j’ai dû et je dois toujours trouver ma propre voie. Et être qui je suis, tout seul. J’ai quelques projets de collaboration en ce moment et j’espère, quand le jour sera venu, pouvoir faire un retour en solo et sentir que je suis toujours en vie. Je veux créer une musique qui vient du cœur et qui prouve que je peux faire bien plus et bien mieux que ce que j’ai pu montrer avec Cinema Bizarre. Vous allez de nouveau pouvoir entendre ma voix. Je travaille énormément pour cela. Il y a des artistes qui m’influencent et m’impressionnent. J’ai énormément de respect pour Sarah Brightman par exemple, mais je ne copie personne. Je suis Luminor et c’est tout.
Vous avez une personnalité unique avec une différence affirmée. Cela rend-il les choses plus dures à vivre pour vous dans l’industrie de la musique ?
Cela dépend de quelle scène musicale on parle. Dans la pop, cela devenait vraiment très difficile sur la fin. Tout est trop souvent construit sur des rumeurs en ce qui me concerne : je serais faible, fragile, malade... Ce n’est pas la réalité et tout ce que ça prouve, c’est que beaucoup de gens n’ont jamais vraiment su qui j’étais. Je peux être dur comme de la pierre quand je le veux, mais je m’effondre dès que je me sens enfermé. Quand je suis forcé de faire quelque chose, je ne peux pas me taire et laisser faire. Mais c’était parfois nécessaire dans cette vie que j’avais avec le groupe. Pourtant jamais je ne m’étais engagé à faire toutes ces choses. Alors, aussi fort que la scène me manque, je ne peux pas vendre mon âme et ma vie pour ça. De toute manière, le public aurait bien fini par voir que je n’étais plus qu’une coquille vide qui faisait acte de présence pour faire plaisir à tout le monde. Et je ne pense pas que c’est ce que les fans voulaient de moi.
Est-ce une chance ou un fardeau d’être Luminor ?
Une minute, c’est une chance et un vrai don du ciel mais la minute suivante, c’est un enfer. Cela change vite et finalement ça ne m’aide pas d’y penser. Je ne peux pas changer ce que je suis alors…
La réaction des fans tristes de vous voir quitter le groupe a dû vous toucher…
Oui et c’était horrible pour moi de leur faire tant de peine. Ils étaient et sont toujours une sorte de cadeau sans égal pour moi. Je garde beaucoup d’images dans ma tête de cette période et énormément d’émotions mais j’ai encore besoin de temps afin de pouvoir fixer tout ça et en parler. C’est encore trop tôt. Mais si j’avais un message à faire passer à tous ceux qui m’ont soutenu, ce serait que je les aime et que je ne les ai pas oubliés.
Propos recueillis par Carole Bouchard
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