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Cinema Bizarre, l’interview !


Les Cinema Bizarre jouaient leur premier concert en France le 10 octobre à Paris. A cette occasion, nous avons eu la chance de discuter un peu avec Strify, Kiro, Yu ainsi que Shin. Et c’est un groupe très détendu, très à l’aise pour se raconter, qui s’est présenté à nous. Derrière ces looks impressionnants, il y a en fait des jeunes gens charmants, souriants, assez courageux pour s’assumer malgré les préjugés. Cinema Bizarre, c’est un concept visuel mais c’est aussi de la musique et ça, ils y tiennent. Une fois bien installés dans les fauteuils rouge du balcon du Bataclan, Strify et sa bande étaient tout à nous !

C’est votre premier concert en France, vos fans vous réclamaient depuis un bon moment ! Comment vous sentez-vous ?
Kiro : Nous sommes très impatients et très heureux d’être là. Cela faisait tellement longtemps qu’on voulait le faire. En plus la scène est magnifique ! Et c’est vrai il y a eu tellement de demandes pour qu’on vienne que c’est encore plus excitant.
Strify : Paris est une de mes villes préférées donc c’est génial d’être ici. Nous étions déjà venus pour faire de la promo mais là c’est notre premier show et c’est fantastique ! Et comme vous le voyez, la scène est splendide, c’est également pour ça qu’on a pris notre temps avant de venir en concert ici : on voulait vraiment donner une performance spéciale.

Les fans ont dormi devant la salle, vous vous attendiez à un tel accueil ?
Strify : Quand on est arrivés ce matin, on a tout de suite vu les fans qui dormaient devant la salle et on a halluciné ! C’est un compliment pour nous de voir tous les efforts qu’ils font pour être dans les premiers rangs !

Vous donnez en ce moment beaucoup de concerts un peu partout en Europe, comment vivez-vous cette première tournée à l’étranger ?
Kiro : C’est extraordinaire de voir autant de pays différents, de voir qu’on a des fans un peu partout, comme en Russie par exemple. On adore ça !

Un peu de temps pour faire du tourisme ?
Strify : Non, la plupart du temps on voit les villes par les fenêtres du bus ou des hôtels ! On connaît tout un tas de restaurants, énormément d’aéroports (rires) mais on n’a pas vraiment l’opportunité de visiter. Mais dès qu’on a un instant, comme à Paris par exemple, on sort, on va faire du shopping, on en profite pour rencontrer les gens.

Et la vie en groupe ? Vous ne commencez pas à avoir besoin d’un peu d’espace ?
Kiro : C’est assez facile, car nous ne sommes pas du genre à nous disputer souvent.
Strify : Parfois ça devient vraiment un peu "too much" de vivre si proches tout le temps. En plus, on vit ensemble même quand on n’est pas en tournée ! Chacun a ses petites habitudes et forcément parfois c’est un peu compliqué. Mais d’un autre côté on est comme une famille et dans les familles, ça se passe comme ça. Après une bonne bagarre, on oublie et on peut s’aimer à nouveau !

Il y a énormément de fans qui copient votre façon de vous habiller. Ca vous amuse ?
Strif y : Si ça aide des gens à trouver leur propre style alors c’est génial. Je suis quelqu’un qui s’est toujours battu pour le "fais ce que tu veux, ce qui te ressemble, trouve-toi et trouve ce que tu veux faire de ta vie sans copier les autres". Mais si en nous copiant, des fans finissent par découvrir qui ils sont vraiment, alors tant mieux.

Vous repoussez toujours un peu plus loin les limites dans votre look comme dans vos paroles. Etes-vous aussi libérés dans la vie de tous les jours ?
Strify : Je pense qu’on devrait toujours faire ce qu’on a envie de faire. C’est vraiment ma philosophie, parce que je suis passé par là. Quand j’avais 15 ans j’étais l’opposé de ce que je suis maintenant. J’étais très introverti, les gens m’appelaient Harry Potter, parce que j’avais ce grand front et des lunettes ! Et là je me suis dit : "Okay, il faut changer parce que je ne suis pas comme ça".
La première fois que je me suis maquillé, mon père était fou de rage. Il me disait : "C’est trop gay, c’est trop féminin, tu ne devrais pas faire ça, ce n’est pas assez viril !" Ca me rendait dingue et on a eu de terribles disputes, on ne s’est plus parlé pendant des semaines. Mais, petit à petit, il a vu que c’était juste du maquillage, que je n’avais pas changé de personnalité. Et maintenant c’est dingue car il est fier de moi ! Parfois même trop et là c’est embarrassant, surtout après les concerts !

Kiro : Evidemment parfois, ça a été très dur, surtout à l’école. Quand vous avez le look que j’ai, que vous vous maquillez et que vous avez des coiffures un peu extravagantes, les gens essaient de vous pousser à bout. Mais tout ça m’a rendu plus fort. Je n’allais pas changer qui j’étais à cause d’eux, je voulais juste être moi.

Dysfunctional Family est peut-être l’exemple le plus poussé de la provocation made in Cinema Bizarre. Est-ce que c’était juste un coup de gueule ?
Strify : J’adore ’Dysfonctional Family’ ! C’est une chanson qui touche chaque membre de ce groupe de manière très personnelle, parce qu’on a tous eu ce genre d’expériences dans nos familles. Mes parents ont divorcé quand j’avais sept ans. Aujourd’hui, il y a un autre modèle de vie que celui du mariage et tout ce qui va avec, mais c’est toujours aussi dur pour un enfant de grandir dans une famille déstructurée. C’est un thème universel.

Sur votre prochain album, resterez-vous dans la même lignée allez-vous explorer de nouveaux sujets ?
Strify : Il y aura de nouveaux sujets, mais je pense que nous garderons également le message de notre premier album. Nous ne voulons pas trop en dire, car le nouvel album est encore en chantier ! On a enregistré beaucoup de choses et il devrait sortir l’année prochaine. En ce moment, on passe beaucoup de temps en studio, on a encore passé une semaine à Stockholm pour enregistrer et écrire quelques titres.

On parle beaucoup de votre look, est-ce que vous en avez assez ?
Strify : Pour nous, c’est un package ! Nous avons notre style, nous avons l’image et nous avons la musique. On est tous des passionnés de musique mais Cinema Bizarre, c’est tout un univers. Nous réduire à un seul aspect serait une erreur et vous rateriez tout le reste !

Question incontournable : quel est votre sentiment sur cette comparaison incessante avec Tokio Hotel ? Est-ce que leur succès vous aide ou est-ce que c’est devenu un fardeau ?
Strify : Ni l’un ni l’autre car tout réside dans le fait que les gens ne sont pas habitués à voir des garçons maquillés ! Tout se joue là, car notre musique ne se ressemble absolument pas. Mais ça fait aussi partie de l’histoire de la musique d’avoir deux groupes qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre mais que les gens décident de mettre en compétition. C’est un peu comme la vieille guerre entre Britney Spears et Christina Aguilera ou entre les Beatles et les Rolling Stones ou encore entre Madonna et Cindy Lauper ! Nous créons notre propre histoire et c’est ce qui compte.

En devenant célèbre on perd sa vie privée. Est-ce que ça vous pèse ?
Strify : Quand vous voulez vraiment être tranquille, les gens respectent ça en général. Et puis j’ai du mal à me plaindre de ça car, même si c’est vrai parfois et qu’il faut essayer de se protéger, cette nouvelle vie nous offre tellement d’opportunités ! On voyage, on rencontre tellement de personnes… C’est fabuleux.
Kiro : Oui et puis quand ça se calme un peu, on se dit : "Bon, quand est-ce qu’on repart ?" !


Propos recueillis par Carole Bouchard

Cinema Bizarre, Final Attraction (Polydor/Universal Music)
CD déjà disponible


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lundi 27 octobre 2008
 
 
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