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Camélia Jordana : Une interview "totalement Camélia"


Elle était la voix de la saison 2009 de la Nouvelle Star. Eliminée aux portes de la finale, Camélia Jordana revient avec un premier album aux sonorités pop-folk bien à elle. Entretien avec une jeune fille de 17 ans qui garde les pieds sur terre.

Bonjour Camélia Jordana ! Tous les anciens de la Nouvelle Star le disent : à la sortie, c’est un tourbillon. Comment as-tu vécu l’après ?
La sortie a été assez violente pour moi car il y avait des fans vraiment très intrusifs et ce n’était pas facile à gérer. Comme en général ils sont gentils, c’est encore moins facile ! Sinon, j’étais quand même triste de me dire que les finalistes allaient passer une semaine sans moi. Mais une heure à peine après mon élimination j’ai su que j’allais faire un album, alors c’était cool (sourire).

Tu es encore très jeune… As-tu réussi à imposer ce que tu voulais faire sur ce premier opus ?
C’est simple : du début à la fin, je n’ai fait aucune concession. La seule que j’ai faite, c’est ma vie sociale ! Dans ce métier, on travaille 24h sur 24 et 6 ou 7 jours sur 7 donc il n’y a pas de limite. Mais je suis surtout tombée sur des gens intelligents qui ont vu que ce qui a plu chez moi à la Nouvelle Star c’était moi donc ils m’ont laissée rester moi-même. Je l’assume du début à la fin. J’ai d’ailleurs écrit un morceau sur l’album, Little Monsters, le seul en anglais.

Quand on écoute tout ce qui sort en ce moment, on se dit que ton album est un ovni avec un style et un son un peu anachroniques…
C’est pour ça que je suis en accord avec le résultat car c’est vraiment mon identité qui s’y reflète. C’est totalement Camélia. Ce que j’aime d’ailleurs dans cet album, c’est le côté totalement intemporel. Il y a des gens qui me disent que c’est très 50’s, d’autres 60’s, d’autres très moderne et d’autre encore que ça leur rappelle Piaf. Mais en même temps, il reste aussi bien inscrit dans le temps. J’ai choisi les morceaux entre le début de l’été et septembre, c’était à la suite d’un premier amour qui a forcément mal fini, avec pas mal d’amis qui se sont barrés en route. J’étais un peu dans le creux de la vague donc c’est cet état-là qui m’a conduit aux choix des titres et à l’ambiance générale de l’album. C’est un peu comme si j’avais pris une photo à ce moment-là pour ensuite la mettre en musique. Et puis, on est tous passé par là ! (rires)

Cette solitude te pèse-t-elle ?
Non, au contraire ! Par moment, j’en ai même besoin. J’habite seule et j’adore ça ! Du coup, le choc avec cette nouvelle vie et tous les fans a été un peu violent, mais on s’y fait quand même. C’est difficile car on passe de rien à beaucoup de choses. C’est pour ça aussi que c’est très dur pour des gens comme Soan qui a complètement changé de monde. Il jouait dans le métro, les gens passaient devant lui sans le calculer et maintenant on lui demande des autographes… C’est super violent.

Justement, tu es restée proche de Soan. Quel regard portes-tu sur son aventure alors qu’un peu partout on a eu tendance à lire et à dire que c’était toi qui aurait dû gagner ?
On est toujours en contact, j’adore son album et je suis super fière de lui. Après, on ne s’étend pas trop sur le sujet… Moi je dis dès que je peux clairement ce que je pense de lui : du bien. Je ne peux pas faire énormément plus.

As-tu ressenti du coup une pression supplémentaire pour cet album ?
Il y avait de la pression dans le sens où il y avait pas mal d’attentes. Je savais qu’il devait y avoir une pression mais je ne la ressentais pas spécialement, car je ne suis pas du genre à me mettre la pression de toute façon. Pour moi, le but était que les gens au fil de cet album prennent plaisir à être touchés par des émotions qu’ils ont pu ressentir. Le reste…

J’imagine que ton quotidien a été complètement bouleversé, déjà parce que tu ne vas plus en cours…
J’ai quand même un certain équilibre car ma famille m’entoure beaucoup, j’ai ma sœur qui est sur Paris et puis mes amis du Sud restent mes meilleurs amis. A côté de ça, j’ai fait quand même beaucoup de rencontres avec surtout des trentenaires avec qui je passe pas mal de temps. Mais j’ai aussi des amis encore au lycée. Donc tout ça m’aide à garder les pieds sur terre. De toute manière je me sens très bien comme je suis. La musique est tellement importante pour moi, c’est comme une religion.

Comment imagines-tu ton retour à Baltard ?
J’ai hâte ! Je regarde déjà la nouvelle saison et vraiment je suis impatiente de revenir. Cela va me faire drôle de chanter en tant qu’ex-candidate et surtout avec un album à défendre. J’assume totalement l’étiquette Nouvelle Star, sinon je n’y serais pas allée.

On dit aussi que tu serais tentée par le cinéma…
Oui, carrément ! Je rêverais de faire du cinéma. C’est à peu près à égalité avec la musique. J’adorerais car je trouve ça tellement beau de mettre des émotions en images. J’ai fait du théâtre pas mal de temps et l’idée de pouvoir sortir de son corps pour devenir quelqu’un d’autre m’attire. Parfois ça fait du bien de ne pas être soi ! J’attends donc de voir et j’espère qu’un jour j’aurai une proposition.

Les prochains rendez-vous de Camélia Jordana ?
La tournée ! A partir du 12 avril je serai le lundi au studio des Champs Elysées jusqu’à début ou mi-juin. Après, quelques festivals cet été et, à la rentrée, de nouvelles dates à Paris pour lancer la tournée. Je suis un peu flippée à l’idée de retrouver la scène mais j’ai vraiment hâte. J’espère qu’au niveau du public ce sera un grand mix !

Propos recueillis par Carole Bouchard
Photos : Zazzo

Camélia Jordana (Jive Epic/Sony), album disponible le 29 mars.
En concert au Studio des Champs Elysées, à Paris, les 12 et 26 avril 2010, puis les 3, 10, 24 et 31 mai. Prenez vos places ici.

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jeudi 18 mars 2010
 
 
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