Après Emeraude et Carmin, voici Bleu Venise : d’où vient ce rapport si particulier aux couleurs ?
Pour moi, les sens sont indissociables, les couleurs et les sons vont de pair. Je suis aussi passionnée de peinture et très sensible à la lumière.
Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec Larry Klein pour cet album ?
J’avais envie de travailler avec lui car j’aime son travail depuis des années. On lui a envoyé mes deux premiers disques et il a voulu me rencontrer. La rencontre a été simple et joyeuse : nous avons donc décidé de faire l’album ensemble. Il a été très à l’écoute des instruments que j’imaginais et surtout nous étions sur la même longueur d’ondes : voulions faire quelque chose de beau et d’intime, non ostentatoire. C’est vraiment un travail en commun, il suit au fur et à mesure les idées qui lui viennent, il est très instinctif et laisse aussi beaucoup de place à la créativité des autres et la respecte. Ce n’est pas si courant de travailler avec quelqu’un qui n’est pas dans un rapport de force. Cela a toujours été mon aspiration et enfin, je l’ai vécu !
Qu’aviez-vous en tête au moment de l’écriture et de la réalisation de cet album ?
J’avais envie de partager le sentiment de sérénité que j’ai lorsque je suis à Venise, loin du bruit des voitures et de la frénésie, et de partager aussi la joie d’aimer et de célébrer l’amour, comme dans mes précédents albums.
On parle beaucoup de l’apport des cordes sur votre album : c’était une évidence pour vous ?
Je n’imaginais pas cet album et ces chansons sans cordes. C’est dire la place qu’elles ont et je suis très heureuse qu’elles aient été orchestrées par Vince Mendoza, un compositeur dont j’aime vraiment la sensibilité.
Quand on dit que votre univers n’est pas toujours facile d’accès, est-ce qu’on se trompe ?
En musique, il ne s’agit pas de se tromper ou pas : on aime ou pas, on est embarqué ou non ! En tous les cas, je pense que mes chansons sont très simples : il y a d’ailleurs beaucoup d’enfants à mes concerts, qui connaissent les paroles : les images leur parlent. J’imagine qu’ils y trouvent aussi de l’espace pour imaginer et une écriture ludique.
Que peut-on attendre sur scène avec ce Bleu Venise ? Et comment décririez-vous votre relation avec le public ?
Cinq musiciens m’accompagnent : il y a des sonorités, notamment de cordes que l’on retrouve sur scène et d’autres qui diffèrent comme celle d’un vibraphone. Mon rapport au public est très simple : je ne joue pas grand chose. Je ne répète d’ailleurs jamais la même chose à chaque concert et je tiens à cette petite mise en danger par respect pour les personnes aussi qui viennent plusieurs fois. Le public m’intimide aussi et je ne peux pas faire autrement.
Votre playlist idéale ?
Ma playlist idéale est infinie... de Nina Simone en passant par Mozart, Marylin Monroe, Claude Nougaro, les Beatles, Vanessa Paradis, Dalida, Tom Waits.
Propos recueillis par Carole Bouchard
Photos : Claude Gassian
Daphné, Bleu Venise (Polydor/Universal)
Sortie en février 2011.
