Après votre premier opus Songs About Jane et un live, ce nouveau disque est le véritable second album de Maroon 5. Avez-vous ressenti une certaine pression ?
Mickey Madden : C’est plus de l’excitation que de la pression. Nous sommes fiers de cet album et comme nous n’en avons pas sorti depuis quelques temps, nous sommes excités à l’idée de jouer les nouvelles chansons.
Jesse Carmichael : En fait, il y avait plus de pression sur notre premier album. Il a rencontré beaucoup de succès, même si on n’en avait pas espéré tant. On est plus sûr de ce nouveau disque que de tout ce qu’on a déjà pu faire et ce serait génial qu’il ait le même succès que le premier mais le plus important, c’est qu’on ait eu la possibilité de l’enregistrer.
Après le succès de Songs About Jane, vous avez gagné de nombreux prix. Avez-vous eu du mal à garder les pieds sur terre et l’esprit concentré sur la musique ?
Mickey Madden : Nous avons été tellement occupés ! On a commencé à faire des concerts avant que sorte notre premier album et on a arrêté seulement quelques mois avant d’écrire celui-ci. Nous n’avons jamais pu nous laisser aller à la fainéantise.
Jesse Carmichael : Le fait d’être amis depuis si longtemps, de nous connaître si bien, nous a aidé à garder les pieds sur terre. Nous faisons ce qu’on a toujours fait, mais à une échelle différente.
Vous avez fait la première partie d’un concert des Rolling Stones. Quel souvenir en gardez-vous ?
Mickey Madden : C’était vraiment un très grand moment. C’est mon groupe préféré : au collège, je portais le célèbre T-shirt avec la bouche dessus ! C’est très intimidant aussi car le public se déplace pour voir les Rolling Stones, et pas le groupe qui est en première partie. Un vrai défi pour nous ! Mais ils sont vraiment gentils et ont été attentionnés et très simples avec nous. C’est un moment que je n’oublierai jamais.
Votre batteur a quitté le groupe. Comment s’est passée l’intégration du nouveau membre ?
Mickey Madden : Ryan (Dusick, Ndlr) est parti dans de mauvaises circonstances. Il avait une blessure à l’épaule si douloureuse qu’il n’a pas pu continuer la tournée avec nous. C’était une blessure qu’il avait depuis très longtemps et qui s’était aggravée avec le temps. Nous ne pouvions pas annuler les concerts. On espérait qu’il pourrait être soigné et nous rejoindre après son traitement. Malheureusement son diagnostic a pris énormément de temps. Matt Flynn est arrivé, il s’est bien entendu avec nous et a maîtrisé toutes les chansons en quelques jours seulement. La batterie est un instrument très physique, les mois d’inactivité de Ryan lui aurait demandé beaucoup d’effort pour retrouver le niveau qu’il avait avant sa blessure. Ca n’a pas été facile de continuer l’aventure sans lui…
Quelle différence avec Songs About Jane ?
Jesse Carmichael : Songs About Jane est très représentatif de ce que nous étions à cette époque. L’album est assez groove, avec des chansons mid-tempo. Après avoir tourné pendant trois ans et demis, nous voulions des chansons plus dansantes et ça se sent dans cet album. Il est plus dynamique, même s’il contient également des ballades. Au niveau des paroles, les thèmes sont aussi plus larges. Songs About Jane parlait d’une seule et même relation, était basé sur un même type de sentiments. It Won’t Be Soon Before Long couvre un champ plus grand.
Quels en sont les thèmes ?
Mickey Madden : Ce sont toujours des chansons qui parlent des relations humaines. Au fil de ses expériences musicales, Adam a réalisé que les paroles qu’il écrivait étaient très personnelles, à l’image de celles de Songs About Jane. Elles s’inspirent clairement de sa vie. Ce nouvel album fait références à une gamme de relations bien plus variée : la famille, les échecs sentimentaux, la perte d’un être cher, l’infidélité,…
Plusieurs producteurs ont participé à l’album…
Mickey Madden : On a beaucoup réfléchi afin de trouver les bons. Nous avions chacun notre propre opinion sur tous les producteurs que l’on a croisés. L’idée de faire travailler ensemble des personnes de mondes très différents nous a beaucoup plu. Mark "Spike" Stent et Eric Valentine, par exemple, ont toujours des idées et des façons de voir les choses différentes. Ils ont été très efficaces. Les chansons produites par Eric Valentine sont sans doute les plus rock, les plus agressives. Nous sommes fans de Queens of the Stone Age, et un des titres produit par lui s’inspire d’eux.
Jesse Carmichael : Il y a eu aussi Mark Endert, avec qui nous avions travaillé sur le précédent disque. Il nous a apporté un regard neuf sur le projet à un moment où nous manquions un peu de recul. Il a été d’une aide précieuse.
Vous ont-ils poussé à mélanger différents genres musicaux, comme c’était le cas sur Songs About Jane ?
Mickey Madden : Chacun de ces différents intervenants a sa propre sensibilité, ses propres goûts, ils ne pensent pas forcément en termes de "genres". Mike Elizondo a travaillé avec Dr Dre mais il a grandi avec les Beatles, The Police, et c’est aussi un vrai jazzman. Spike a travaillé avec Björk ou Madonna. Il n’ont pas une vision cloisonnée de la musique.
Que peut-on écouter sur votre iPod ?
Mickey Madden : En France, on aime beaucoup Phoenix. Sinon, j’écoute beaucoup de hip hop en ce moment.
Quel est le sens de ce nom, It Won’t be Soon Before Long ?
Mickey Madden : Il n’y a pas une signification unique. Pour moi, cette expression traduit l’idée d’attendre quelque chose qui ne semble pas venir. Ca retranscrit bien le sentiment qu’on a pu avoir il y a quelques années : nous étions constamment en mouvement mais la situation n’évoluait pas.
Jesse Carmichael : La signification dépend de l’interprétation de chacun et en dit long sur l’inconscient de chacun.
