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Joss Stone, l’interview !!


A tout juste vingt ans, Joss Stone est déjà une star mondiale. Son album ’Mind, Body and Soul’, sorti en 2004, s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires aux Etats-Unis. Elle sort aujourd’hui un troisième album, ’Introducing Joss Stone’. Retour sur sa superbe “voix vers le succès”...




Joss Stone, remontons le temps : qu’est-ce que ça vous a fait de devenir célèbre à tout juste 19 ans ?

J’ai eu beaucoup de chance. Je ne sais ni pourquoi ni comment ça s’est fait, mais Dieu a gardé un oeil sur moi et s’est assuré que j’allais bien. Si je n’avais pas eu ce succès, j’aurais fait autre chose, je serais restée à la maison, avec des enfants. Je n’étais pas très bonne à l’école, je ne sais pas si j’aurais pu faire autre chose. Dieu a voulu me donner quelque chose de valable, un peu de succès pour m’inciter à continuer. En vérité, j’ai seulement eu beaucoup de chance !
Si tu essaies d’être gentil et d’être une bonne personne, tu seras récompensée en retour ! C’est vraiment la clé. Les gens se demandent comment arriver à leurs fins, comment réussir à réaliser leurs rêves… Soyez gentils !


Le succès est-il une récompense ?

Oui, tout à fait. La récompense d’un travail. C’est tellement cool de savoir qu’il y a des gens qui apprécient ton travail ! Même si c’est dur, ça te donne envie de recommencer. C’est vraiment génial de pouvoir faire sourire les gens dans le monde entier. Quand je vais au Brésil, il y a des gens qui connaissent mes disques alors que je n’y suis jamais allée ! C’est de la folie ! Je vais souvent sur le forum de mon site web, les gens m’y laissent des messages et je veux qu’ils sachent que la seule raison pour laquelle je fais ce métier, c’est eux ! Je fais de la musique parce qu’ils l’aiment et pas pour les médias ou la gloire. Ils me disent des choses si gentilles : "tu m’as aidé à passer ce moment difficile de ma vie". L’autre jour, une femme m’a dit que la chanson Dirty Man l’avait aidée à quitter son mari violent, à être plus forte. C’était une simple chanson mais ça a changé sa vie ! C’est ça la vraie récompense. Ca me fait tellement de bien de voir que je peux apporter le sourire et un peu de bonheur aux gens.


Stevie Wonder, James Brown… Vous avez fait des duos avec certaines de vos idoles. Comment l’avez-vous vécu ?

Là encore, j’ai eu beaucoup de chance. Quelques semaines avant qu’il ne disparaisse, James Brown m’a dit : "Joss, je suis fier de ce que tu fais, ne change pas". Il savait que j’allais me teindre les cheveux !!! Il lui arrivait de dire des choses si drôles parfois. Je me suis demandée ce que j’avais fait pour que toutes ces personnes me soutiennent. James croyait beaucoup en l’idée de répandre le bonheur grâce à la musique et là-dessus, on se rejoignait. En me disant cela, il voulait aussi me donner plus de confiance en moi et me pousser à continuer dans ma voie. C’était formidable d’entendre ça de sa bouche, j’ai confiance en son jugement. Entre un tabloïd et James Brown, qui choisiriez-vous d’écouter ?


Votre nouvel album s’intitule Introducing Joss Stone. C’est un nom surprenant pour un troisième disque !

Oui, on me pose beaucoup de questions à ce sujet. Sur mes deux premiers albums, j’ai beaucoup appris. J’ai un peu écrit mais j’étais surtout une voix. Je ne savais pas vraiment comment écrire. Ils m’ont servi de leçon et, avec ce troisième album, j’ai enfin reçu mon diplôme ! Je voulais mettre en pratique toutes les connaissances que j’avais acquises. J’avais appris suffisamment pour faire un disque que j’aimerais. C’est assez effrayant de faire ça, parce c’est une sorte de test. Je ne veux ennuyer personne avec de la mauvaise musique. Si mon album n’est pas bon, je rentre chez moi ! Je ne veux surtout pas faire de remplissage de CD.


Quelles sont les influences musicales de cet album ?

Hip-hop, Motown, reggae… Je prends tout ce que j’aime et j’en fais quelque chose de neuf, qui me ressemble. Voici ce que je suis aujourd’hui, et plus tard, ce sera différent. Les gens évoluent et moi aussi je veux grandir, je ne veux pas faire deux fois le même album, je ne l’ai pas encore fait et ça n’arrivera pas.


Vous dites que la musique est l’amour de votre vie. L’amour entre deux personnes ne peut-elle pas être aussi fort que l’amour de la musique ?

Entre deux personnes, l’amour n’est possible que sous certaines conditions, tu dois être gentil, aimer la personne afin d’être aimé en retour. L’amour de la musique en revanche est inconditionnel : tu peux faire ce que tu veux, casser tes CD, en racheter d’autres… Cet amour est un don, je veux le respecter. La musique m’a tant donné, je dois y mettre tout mon coeur, toute ma vie. Après avoir donné mon coeur à des personnes et avoir été déçue, j’ai peur d’aimer à nouveau. Il faut prendre quelques coups durs avant de ne plus vouloir être blessée. La musique, elle, ne m’a jamais abandonnée quand j’avais besoin d’elle, elle ne m’a jamais trompée, elle a toujours été bonne pour moi. Jusqu’ici, c’est l’amour le plus fort que j’ai rencontré.


Les chansons parlent de musique et d’amour. Auriez-vous envie d’aborder d’autres sujets ?

Oui. Les gens me disent que mon album parle d’amour et c’est vrai ! J’ai envie de parler des sentiments. Les plus forts d’entre eux sont l’amour et la haine, c’est pour ça que mes chansons parlent d’amour et de l’absence d’amour. Je parle de sensations qui proviennent soit d’un grand amour soit de son absence, tout part de là. Peut-être que mon prochain album parlera de fleurs (rires).


Auriez-vous envie de traiter de sujets plus polémiques, comme l’environnement ou la politique ?

Je pourrais mais, pour être honnête, je dirais n’importe quoi ! Je ne peux pas mentir… Bush n’est sûrement pas le plus malin des hommes politiques, mais je ne le connais pas. J’ai ma propre opinion… J’en sais assez peu également sur Tony Blair, je ne le connais pas personnellement. Il devrait sûrement arrêter de soutenir Bush mais je suis sûre qu’il a aussi fait de bonnes choses dans sa vie. Si je me penche sérieusement sur la question, j’aurais quelque chose à dire sur ce sujet mais, pour le moment, je n’en ai aucun droit.
Je ne lis pas le journal, ça me fait pleurer. Ma mère me disait de regarder les nouvelles avec elle, pour savoir ce qui se passe dans le monde. Mais je ne veux pas, je ne regarde ni films d’horreur, ni thrillers. Rien qui me fasse sentir mal car j’ai déjà assez de soucis dans ma vie. Je comprends ce qui se passe et si je peux aider, je le ferai avec plaisir. J’aime aider et participer à des oeuvres caritatives, par exemple. Mais c’est vraiment déprimant et je suis trop émotive pour supporter tout ça alors j’écoute de la musique à la place.


Lauryn Hill a participé à cet album…

C’est un rêve devenu réalité. Je l’adore, elle m’inspire beaucoup. Elle est très intelligente et sait de quoi elle parle. Je ne la connais pas personnellement mais je connais sa musique. C’est la marque des grands artistes quand tu les connais à travers leurs chansons. Elle est très honnête et j’aime l’honnêteté, ça manque parfois à l’industrie du disque.


Vous avez eu du mal à l’embarquer dans ce projet ?

Ca a pris beaucoup de temps. Tout le monde me disait que ça n’allait pas être possible. Raphael Saadiq ne me croyait pas quand je lui disait que Lauryn Hill allait participer à l’album. Je ne leur demandais pas de me croire mais simplement d’être optimiste. Quand j’ai demandé à Raphael de faire une prière pour moi, il m’a conseillé d’appeler le Pape ! Ce genre de défis me motive énormément ! Ca montre la force qu’on a quand on croit à ses chances. Tout ce à quoi j’ai vraiment cru dans ma vie a fini par se réaliser !


Il y a quelques années, vous rêviez de devenir une chanteuse célèbre. Aujourd’hui quels sont vos rêves ?

J’ai encore des rêves ! J’aimerais voir un changement dans la musique. J’aimerais voir des gens proposer de la vraie musique. Ma mission dans la vie est de faire de la bonne musique et de la rendre populaire. Il y a beaucoup de gens qui font de la très bonne musique mais elle n’est pas populaire. Je serai vraiment heureuse quand je verrai le haut des classements occupés par des vrais musiciens qui jouent avec de vrais instruments.


Une de vos nouvelles chansons parle de la solitude d’une artiste en tournée. Serait-ce quelque chose qui pourrait vous pousser à tout arrêter ?

Un jour peut-être. Un jour, je me dirai peut-être qu’il est temps d’arrêter et d’aller à la recherche de l’amour de ma vie. Mais je crois que j’ai déjà trouvé alors je ne me sens pas si abandonnée ! C’est vrai que parfois je suis seule mais on ne peut pas tout avoir : la musique, le succès et la compagnie de ses meilleurs amis.
Malheureusement mon travail ne me permet pas de rentrer à la maison tout les soirs à 21h… J’aime être avec ma mère et mes amis, j’apprécie la compagnie des autres alors c’est difficile par moment mais c’est aussi ça mon job ! Je ne veux pas que les gens me plaignent mais autant dire la vérité : je suis comme tout le monde, je ne suis qu’une fille qui fait de la musique et il se trouve que des gens l’aiment.


Connaissez-vous bien Paris et la France ?

J’aime Paris et je veux vraiment faire un concert ici. On va faire le tour de l’Europe. Les gens sont si gentils avec moi ici, j’espère qu’ils ne changeront pas ! La France et l’Europe sont vraiment très ouverts, les gens apprécient ta musique sans te juger. Les gens ont une bonne énergie. Quand je suis sur scène, les gens ont l’air de bien s’amuser et c’est tout ce qui m’importe !
L’amusement est central dans ma vie. Quand j’avais douze ans et que j’allais à des auditions avec ma mère, elle me disait que si je prenais la vie ainsi, je ne serais jamais déçue. Et depuis, les années lui ont donné raison ! Nous sommes libres de faire tout ce qu’on veut dans la vie. Il suffit de se donner une chance. Trop de gens restent chez eux et n’essaient pas de réaliser leurs envies. J’ai envie de leur dire de se lancer, d’y aller la tête la première. Si ça foire, tant pis, ils auront tenté leur chance et n’auront pas de regrets…


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mercredi 16 mai 2007
 
 
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