"La première fois que je suis montée sur la scène du Médiator de Perpignan, raconte Lise, je me suis demandée pourquoi je m’infligeais ça. Chanter en public est une épreuve que je commence à peine à apprivoiser. Le trac me paralyse. Heureusement que je joue du piano. C’est comme un paravent qui me protège".
Le piano, Lise en martèle les touches depuis l’âge de 5 ans. Dans sa famille où il n’y a ni radio, ni télévision, ni même de quoi écouter des disques, Lise découvre très tôt les compositeurs baroques ou romantiques avec lesquels elle se sent en osmose. Un voyage à Détroit, juste après son bac, va bouleverser imperceptiblement son parcours. Elle s’initie tout d’abord à la musique pop et ses bagages s’emplissent de nouveaux sons (Björk ou les Pixies dont elle reprend un titre dans son album) et de standards dont elle ne savait pratiquement rien (Joni Mitchell, The Smiths).
A Détroit, elle est hébergée par une amie dont le mari est ingénieur du son. Il lui propose de peaufiner ces petits échantillons de mots et de notes, ses premières chansons. Lise retourne chaque année à Détroit. Ces séjours réguliers aux USA dans le studio de Détroit donnent naissance à des maquettes de chansons, souvent écrites en anglais. Ces années d’apprentissage finissent de la convaincre qu’il y a quelque chose à tenter en tant qu’artiste.
Lise monte à Paris. Et rencontre Johan Dalgaard, un pianiste danois installé dans la capitale depuis 10 ans. Johan est féru de jazz, de blues, complétant ainsi une culture musicale qui manquait à Lise. L’osmose est totale entre Lise et Johan. Ils vont créer, inventer, jouer, à partir des textes et musiques dont ils disposent. Un casque sur les oreilles, enfermés dans un appartement, ils cherchent les sons, plaçant et déplaçant sans cesse les micros. Ils décident d’utiliser le piano pour réaliser tous les sons de l’album.
