Ce nouvel album est ton troisième bébé ?
Oui ! C’est une trilogie, elle s’est construite au fur et à mesure. J’ai l’impression de terminer un cycle.
Le lien entre mes 3 disques se situe surtout au niveau des textes. C’est l’histoire d’une fille qui grandit depuis Papa m’aime pas et qui part à la recherche de l’amour perdu.
Quelle a été l’évolution musicale du premier disque au troisième ?
Je pense que le son a beaucoup évolué. Depuis le premier, j’ai pu explorer beaucoup de choses. Ce nouvel album est l’aboutissement de cette exploration et aussi de la scène. Je suis ressortie très riche de cette expérience. Je suis contente d’avoir pu m’exprimer ainsi à travers ce disque.
Tu y as intégré certains instruments rares…
Oui. J’avais envie de ce mélange de synthétique et d’acoustique. On a beaucoup mélangé les synthés avec les sons d’instruments venant du monde entier : un xylophone ramené du Japon, un kalimba, le petit componium, un marimba… Je ne connaissais pas tous ces instruments avant !
As-tu enregistré ces morceaux en pensant déjà à une manière de les jouer sur scène ?
Oui, c’était présent à mon esprit. Ce que j’ai vécu sur scène m’a beaucoup influencée. L’album contient des titres électro-pop mais aussi d’autres, un peu plus "dark", plus rock… Plus "scène" !
En plus d’interpréter, d’écrire et de composer, tu as co-réalisé l’artwork de l’album ainsi qu’un documentaire sur l’enregistrement du disque. Tu t’impliques énormément…
Je me suis toujours investie et là, c’est vrai, encore plus. Mais ma passion est toujours la même, elle est toujours aussi forte, je pense m’être déjà beaucoup investie auparavant.
J’avais déjà participé à la réalisation d’un petit film sur mon deuxième album et je participe à l’écriture des scénarios car c’est ma passion.
Sur cet album, j’ai assumé mon rôle et j’ai pris plus de responsabilités, sans me contenter de donner mes petites idées aux autres. J’ai la chance qu’on m’ait fait confiance et qu’on m’ait confié d’autres idées.
Parlons des gens qui ont collaboré avec toi sur ce disque. Ta parolière est toujours présente…
Oui, bien sûr. Ma maman est là depuis le début.
Comment se passe le travail entre vous deux ?
C’est génial. On est en osmose. Elle sait ce que je veux exprimer. On nous appelle parfois "l’aigle à deux têtes" ! Ca décrit bien notre relation…
Pascal Obispo t’a composé trois titres. Comment l’as-tu rencontré ?
C’était il y a deux ans. Il m’a contactée à la sortie de mon second album. Il m’a téléphonée afin que l’on se rencontre. Il était attiré par ce que je faisais dans mes clips, par mon personnage et mon univers. La rencontre était inattendue…
Son univers était a priori éloigné du tien ?
Un peu mais lorsque j’ai découvert son univers caché, j’ai eu moi aussi envie de travailler avec lui. La collaboration s’est étendue sur deux ans. Deux années de rencontres, de travail, d’écoute de musiques, de studio. 1980 est arrivé au milieu de tout cela. C’est une belle histoire.
Ta voix a-t-elle changé ?
C’est ce que l’on me dit ! (Rires) Mais c’est vrai, j’ai travaillé. J’ai fait comme avec n’importe quel autre instrument. J’ai essayé de l’explorer, de voir jusqu’où je pouvais aller. Parfois, on se surprend soi-même à deux heures du matin, à faire des choses inattendues !
As-tu un coach vocal ?
J’ai commencé à travailler d’abord pour la scène. Au départ, je me considérais comme une conteuse, j’ignorais tout ce que je pouvais faire. Je chantais à l’instinct et je ne voulais pas prendre de cours et risquer de le perdre. J’ai rejeté la technique. J’ai compris plus tard que j’avais tort quand j’ai vu toutes les zones cachées de mon instrument.
Je travaille avec une femme formidable. Elle est davantage un guide qu’un professeur. Beaucoup de gens que je rencontre sont en fait des guides pour moi, ils me donnent des clés. Il me revient ensuite de faire le reste du chemin.
Sur la chanson Marsmallow, tu chantes en anglais…
C’est du franglais ! C’est une des premières chansons composées pour cet album. J’ai déjà eu l’occasion de la chanter sur scène. J’aime mélanger les genres, les langues…
Tu maîtrises l’anglais ?
Je me débrouille bien. J’aime la musicalité de cette langue. Certaines idées me viennent parfois en anglais alors, si une chanson sonne bien en anglais, pourquoi la traduire en français ?
Love Machine aussi est née en anglais. Les couplets étaient en français mais le refrain en anglais. On s’est ensuite amusé à trouver un refrain en anglais et des couplets en français. A la fin, on a eu deux chansons à partir d’une seule !
Le titre Love Machine existe en de nombreuses versions différentes. Vois-tu les remixes comme un vrai plus ?
J’aime les remixes depuis longtemps. Pour moi, cela permet à une chanson d’être revisitée par un artiste et une oreille extérieurs, qui n’ont pas été plongés avec nous pendant des semaines entières en studio. C’est intéressant d’avoir la vision d’autres gens, qui ont leur propre son.
J’ai fait une découverte scientifique grâce à toi sur cet album : 1+1=1 !!
On ne t’a pas appris ça en maths (rires) ? Il y a plusieurs formules possibles…
Dans mon histoire, le personnage se nomme Lady Platonique. Aujourd’hui, le mot "platonique" a un sens gnian-gnian alors que pas du tout ! J’ai été très marquée par la lecture du Banquet de Platon. J’y ai lu que l’on est tous la moitié de quelqu’un d’autre. Donc 1+1=1 ! C’est ça, l’amour platonique. Ce n’est pas l’amour à distance, romantique. Dans son sens originel, l’amour platonique est le plus fort car c’est l’amour fusionnel. Les mots perdent parfois de leur sens…
As-tu d’autres mots en tête qui ont perdu leur signification première ?
Depuis le début, le mot "lolita" m’a poursuivi. Il est aujourd’hui employé dans un sens un peu péjoratif. Je le trouve très joli. Celui qui l’a créé pour son roman (l’écrivain russe Vladimir Nabokov, NDLR), désignait un personnage psychologiquement intéressant et profond.
Comment vois-tu le média Internet ? Comme un moyen de garder le contact avec tes fans ?
Pour moi, Internet, c’est tous les jours ! Je tiens ma page MySpace ainsi que mon site officiel avec Mick Bulle. On a fait ensemble tout le graphisme de l’album. Internet est le seul média à la portée de chaque artiste. On peut ainsi maîtriser les choses qui nous appartiennent : je peux dire ce que je veux, communiquer à ma façon, sans que mes mots soient transformés comme c’est le cas dans certaines interviews.
Le Net me permet aussi d’être assez proche des fans. Pour les 30 premiers acheteurs de mes places de concert à la Cigale, j’ai organisé une avant-première. Je les ai fait venir en studio pour qu’ils puissent écouter l’album. C’était formidable, j’avais envie que des fans l’entendent et me donnent leur réaction. J’ai pu le faire grâce à Internet.
Tu commences à penser au concert de la Cigale à Paris ?
J’étais complètement dans la bulle du studio et maintenant je dois tourner cette page pour passer au live. Je suis dans la période de transition.
Pour la première fois, je vais enfin me balader dans quelques villes en France. J’ai une surprise pour les gens qui seront au concert de la Cigale… Ce sera ma première fois, je suis très excitée !
Melissa Mars (Polydor/Universal Music)
Album A la recherche de l’amour perdu et single Love Machine disponibles
En concert à la Cigale de Paris le 10 décembre 2007 et en tournée dans toute la France
