Musique Evous

Mohombi ou le succès d’un "afro-viking" de talent


Mohombi et son titre Bumpy Ride tournent en boucle sur les ondes et les écrans depuis des mois. Son album à venir, Movemeant, verra d’ailleurs le rappeur collaborer avec Nelly ou encore Nicole Scherzinger.
Papa congolais, maman suédoise, Mohombi apporte son métissage dans sa musique avec succès. Rencontre avec un garçon dont le français est aussi précis que ses tubes.

Bonjour Mohombi. Te voilà en France désormais, est-ce un pays que tu connais bien ?
Oui, car j’ai de la famille en France. J’ai beaucoup de frères et sœurs, on est quinze dans la famille donc d’office il va y en avoir un peu partout (rires). J’ai une sœur qui habite ici et je suis assez souvent sur Paris. J’aime ce pays et j’aime aussi pouvoir améliorer mon Français ! Et puis la France m’a soutenu dès le début, a fait de mon titre un tube ici et pour moi ça veut dire encore plus un succès en France qu’aux Etats-Unis car j’ai grandi dans un milieu francophone donc ça a toujours été un rêve de réussir ici.

On entend ton titre Bumpy Ride en boucle un peu partout mais finalement on ne te connaît pas encore très bien. Qui est donc Mohombi ?
Je suis le petit dernier de ma famille, on est une fratrie de quinze ! Une équipe de foot avec remplaçants ! Je suis né au Congo, mon père est congolais et ma mère est suédoise. Ils se sont rencontrés à Aix en Provence à l’université et sont partis s’installer ensuite en Afrique. Grandir dans une grande famille m’a permis d’avoir des influences musicales très diverses. A 11 ans on a dû évacuer le Congo pour aller en Suède… Pour moi, faire le show ça a toujours été quelque chose de naturel. Quand tu es le 15e, il faut toujours trouver des trucs pour attirer l’attention (rires) ! Chaque fois qu’on avait des dîners, je montais sur la table, faisais des pas de danse et chantais aussi. Toute la famille m’a toujours soutenu. Ils disaient Mohombi, c’est le showman de la famille, parfois le clown aussi mais surtout le showman !

Tu vas sortir ton premier album solo courant 2011, Movemeant. La rencontre avec le producteur RedOne a-t-elle été décisive pour toi ?
En fait, c’est plus une continuité de ce que j’ai commencé il y a douze ans avec mon frère quand on a monté notre groupe Avalon. On a créé notre son, justement pour mélanger nos deux cultures dans la danse, dans les shows, dans les mélodies. J’ai toujours créé ma propre musique et donc j’ai toujours pu choisir comment je voulais que ça sonne. C’est ce qui a plu à RedOne, ce qu’il a trouvé spécial et il m’a dit "ok, maintenant mi je vais développer ce que tu as déjà". En Suède, je bossais pour la société Eriksson, car j’avais promis à ma mère d’essayer de trouver un job normal. Mais je voulais juste lui prouver que le bureau n’était pas fait pour moi ! A un moment, j’ai décidé de tenter ma chance à fond et je suis parti à Los Angeles. C’est là que j’ai rencontré RedOne, qui est aussi Suédois. On est devenu amis et ça a été la première fois que j’ai rencontré quelqu’un dans ce milieu qui m’a dit "je ne veux rien changer chez toi, tu as déjà tout ce qu’il faut". Il a juste ajouté sa patte et moi de toute manière je n’ai pas hésité une seconde ! En plus, c’est un type formidable qui t’accueille comme si tu étais son frère.

Quand on écoute tes titres, on sent toutes ces influences différentes avec ces sonorités africaines mais aussi très pop : c’est facile de trouver le bon dosage ?
Je ne sais pas si c’est facile mais pour moi c’est naturel. Même quand j’écris pour d’autres artistes, tu vas toujours retrouver des éléments "afro-viking" (rires). Les Suédois sont connus pour ces grandes chansons pop et c’est ce que fait RedOne qui est aussi marocain et ajoute donc encore quelque chose. Pour moi ce n’est pas seulement de l’audio, c’est également dans le visuel que je veux satisfaire mes fans. Je veux qu’ils chantent avec moi mais aussi qu’ils dansent avec moi. Quand je suis sur scène, c’est la fête.

Tu es né et retournes souvent à Kinshasa. Tu vis aussi à Stockholm et à Los Angeles. Est-ce facile de se sentir chez soi partout ?
J’ai eu cette chance de beaucoup voyager quand j’étais petit et d’avoir commencé à tourner quand j’étais très jeune. Je parle six langues aussi… Pour être très honnête, je me sens chez moi un peu partout. Je me pose, je regarde, j’écoute, je m’adapte. Ma plus grande peur en fait, c’est d’être seul…

Es-tu surpris de voir que ton succès en solo a pris une telle ampleur ?
Surpris : oui car comment ne pas l’être ! Je n’en reviens toujours pas quand j’entends mon titre à la radio, je crois toujours que c’est le CD (rires) ! Mais en même temps, ça fait 12 ans que je bosse pour ça et que chaque année je sens que ça évolue. C’est sûr que cette année a été un très grand saut mais je sens aussi qu’il y a une raison qui fait que ça a pris du temps : je devais être prêt mentalement à vivre ça.

Sur ton album, il va y avoir quelques featurings de renom. Tu sors Miss Me avec le rappeur Nelly et on parle aussi d’une collaboration avec Nicole Scherzinger… Tu vois ça comme une reconnaissance du milieu ?
Absolument ! Le fait que ces gens avec autant de talent et autant de succès reconnaissent ce que je fais et qu’ils aient envie d’en faire partie est incroyable.

Sur les ondes on entend donc Bumpy Ride, mais il y aussi Miss Me qui fait ses débuts, que peux-tu nous dire sur ces titres ?
Ce sont deux titres qui seront sortis sur différents pays car en fait on a un problème de riches sur cet album car il y a de nombreux titres qui pourraient être des singles (sourire). Donc on essaie de s’adapter à chaque pays… Mais tout ce que je peux dire c’est que le prochain single en France, tout comme dans le reste du monde, ne sera pas Miss Me, qui a été lui le premier single pour le marché anglais… Suspense… Ce sera un très très grand featuring c’est tout ce que je peux dire. Bumpy Ride était une très bonne introduction car c’était l’été, ça rappelait les bons moments de cette période. Et puis, je suis quelqu’un qui adore la danse et la fête donc ça me définissait bien. J’ai envie que les gens se sentent bien quand ils écoutent mon album, que chacun y trouve quelque chose qui lui convient.

As-tu un rapport facile avec ton public étant donné que les fans sont de plus en plus nombreux ?
Pour moi, c’est très personnel ce qu’il y a entre eux et moi car je viens d’une grande famille et j’ai simplement l’impression d’être en train de l’agrandir et ça ne me dérange pas du tout. J’ai besoin d’avoir un contact régulier avec eux car ils m’inspirent beaucoup. Il faut se ressourcer auprès de ses fans, car ils transmettent beaucoup d’énergie positive. Je gère moi-même mon facebook et mon Twitter, c’est important.

Propos recueillis par Carole Bouchard

Mohombi, album Movemeant (AZ/Universal) disponible en 2011
Single Bumpy Ride toujours disponible
www.twitter.com/Mohombi
www.mohombi.com



Pour être informé de nos dernières actualités inscrivez-vous gratuitement à notre "Lettre d'information de Musique Evous"


moteur2 :


vendredi 29 octobre 2010
 
 
Participez