Bonjour ! Comment avez-vous vécu le succès d’estime de votre premier album qui a notamment décroché un prix de l’Académie Charles Cros ?
Quand on l’a enregistré, on était tous amateurs et on pensait en vendre 1000. Alors, forcément quand tu commences à tourner un peu partout en France, qu’il y a des gens qui viennent te voir en concert et que du coup, ça devient ton métier.... On a appris sur le tas en essayant de rester maître du navire et fidèle à nos envies initiales. On a eu aussi la chance de rencontrer quelques bonnes personnes qui nous ont bien aidés. Le véritable défi pour la suite, c’est de rester un amateur de musique tout en étant un minimum professionnel...
Depuis quelques mois, un batteur a fait son apparition au sein du groupe…
Oui, il permet de nous diversifier musicalement. Assurer la rythmique juste avec une guitare et une contrebasse, ça limite un peu. Avec de la batterie, on a pu aller au bout de notre démarche et accentuer les ambiances musicales. Sur cet album, quand c’est tendu, ça l’est vraiment. Et inversement : quand on va dans la douceur, on y va plus à fond. Et puis Mathieu [NDLR : le batteur] arrive avec son propre univers musical. Il a complètement participé à l’élaboration et à l’enregistrement des nouvelles chansons. C’est donc une personne de plus qui amène son grain de sel et son regard.
Pourquoi avoir choisi d’appeler le disque Un été caniculaire ?
Au début, j’aurais aimé l’appeler De la bidoche dans les loukoums, mais personne ne comprenait pourquoi. Et moi non plus ! Alors, on l’a appelé Un été caniculaire parce que sur la pochette de l’album, on est sur une plage, tout emmitouflés. En plus ça fait deux ans qu’on se tape des été pourris, alors c’est un peu comme une prière pour que le temps change. Le temps et les temps...
Quel rôle joue l’actualité dans les histoires que vous racontez ?
L’actualité, c’est quoi ? Le journal du 20h ? Le monde dans lequel je vis joue un rôle important dans ce que je vais raconter dans mes chansons. Mais le monde dans lequel je vis, ce ne sont pas les pitreries des politiciens ou les faits divers sordides qu’on nous étale dans les médias. Ce qui m’inspire, ce sont les rencontres que je peux faire. Du clodo de la rue au gars avec qui on discute après un concert, en passant par le pêcheur malgache croisé en voyage. J’écoute beaucoup les gens et je leur pique leur histoire pour en faire des chansons. Un peu comme un vampire.
Vous imposez-vous des limites pour les textes de vos chansons ? N’avez-vous pas peur d’aller parfois un peu trop loin ?
Non, pourquoi ? Je devrais ? Qu’est ce qui est choquant ? Un mot reste un mot. J’ai parfois envie d’être violent dans les mots que j’utilise parce que je trouve le monde violent. Par exemple dans la chanson L’Eté caniculaire, quand je chante mon impatience qu’il fasse chaud pour récupérer l’héritage de mémé, c’est plutôt cynique et cru. Mais ce qui s’est passé pendant la dernière canicule était aussi d’un cynisme incroyable. Conseiller aux vieux d’aller se rafraichir aux rayons surgelés du supermarché pendant la canicule, ça aurait été drôle… si il n’y avait pas eu des milliers de morts.
Avez-vous déjà des idées pour vos prochains concerts ?
Oui, on a déjà commencé à répéter. On est très impatient. Parce qu’en fait, c’est vraiment un moment qu’on adore. Donc on répète, on cherche. On aura pleins d’instruments sur scène, on va essayer, on va tâtonner. Mais on va jouer. Et j’espère que les gens joueront avec nous.
Quels artistes écoutez-vous régulièrement ?
Il y a en ce moment, le nouvel album des Craftmen Club qui tourne pas mal sur ma platine. C’est du rock garage, à l’américaine, et ni plus ni moins le meilleur groupe de rock français. Dans les artistes plus récents, j’ai découvert Babx qui vient de sortir un nouvel album qui est vraiment bon. Assez Tom Waits dans l’esprit… Et j’attends avec impatience le nouvel album d’Hyperclean. Sinon, pour danser cet été, je vous conseille d’écouter le nouveau single des Bikini Machine qui s’appelle Good Morning mixé par Jon Spencer. Une grosse bombe de dancefloor !
Mr Roux, Un été caniculaire (Mercury/Universal)
En tournée dans toute la France : Retrouvez les dates ici
Photos : Pierre Terrasson / Felix Henry
