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Nâdiya étonne avec son album ’Electron libre’


En décembre 2008, Nâdiya a sorti son quatrième album, Electron libre. Un nouvel opus qui marque un tournant dans sa carrière avec des tonalités beaucoup moins R&B et beaucoup plus pop, et lui permet de revenir en haut de l’affiche.

Portée en haut des charts par le duo Tired of being Sorry avec Enrique Iglesias, Nâdiya n’aurait pas pu rêver mieux pour lancer son nouvel album. Un opus sous haute pression compte-tenu de l’accueil mitigé du précédent et de l’annulation de sa dernière tournée. Mais la chanteuse a de la ressource, un talent évident, et sait s’adapter à son époque. D’où le virage du total R&B vers des sonorités plus sucrés, parfois électro ou encore typiquement "variété française".
A l’image du nom de l’album, Nâdiya refuse d’être cataloguée et enfermer dans un seul style. Si l’ensemble est satisfaisant, on pourra tout de même regretter d’avoir perdu en route la chanteuse de Parle-moi ou Comme un roc qui avait fait sensation grâce à une énergie débordante et des rythmes urbains à toute épreuve. Pour ceux qui l’avaient appréciée en leader du mouvement R&B français, le choc pourrait être un peu rude, même si ses qualités vocales indéniables lui permettent de porter quelques ballades un peu trop sucrées.

Nâdiya revient donc en force et a trouvé du renfort grâce à des featurings très efficaces. Tired of being sorry et Miss You aux côtés d’Iglesias sont parfaitement calibrés pour les radios. Le sex appeal du latin lover fait comme toujours le travail et celles et ceux qui pourraient trouver le tout sans grande originalité n’ont plus qu’à s’avouer vaincus. La star espagnole maîtrise à merveille les règles du genre et Nâdiya tient parfaitement la cadence. Les deux se sont bien trouvés et ont su faire cause commune pour une association très caliente. Des rythmes qui restent en tête, des mélodies accrocheuses, la recette a donc pris.
On appréciera également le duo énergique No Future in the Past avec l’Américaine Kelly Rowland, ex-Destiny’s child et surtout grande voix et grande habituée du R&B. Le résultat est très réussi, bien plus enlevé, et devrait faire bouger les dancefloors.
Les ballades pop J’irai jusque là et Voler tes rêves (avec Stephen Simmonds) renouent avec l’écriture très personnelle de Nâdiya et laissent place à sa voix tout en gardant une grande douceur. La chanteuse a voulu faire passer le message avant la performance. A noter également l’ovni funk Mon Kiss à Oxygène qui nous sort complètement de son univers habituel. Le duo A mon père avec Idir, lui, joue avec réussite la carte de l’émotion, tout comme le très joli titre Ma résilience qui ouvre une fenêtre très intimiste sur les tourments et les batailles de l’interprète. L’amour, la liberté, la nécessité de croire en soi et en ses rêves, Nâdiya a gardé des thèmes qui lui sont chers pour un opus qui forcément étonne et qui mérite plusieurs écoutes avant de bien en saisir messages et style. Semblant avoir besoin de se renouveler, elle a relevé un pari qui semble réussi. Reste à savoir si ses adeptes la suivront sur cette nouvelle voie et si cette dernière est une simple expérience alternative ou bien un tournant définitif.

Carole Bouchard


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Monday 19 January 2009
 
 
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