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Rencontre avec les Kaiser Chiefs


Quintet originaire de Leeds en Angleterre, les Kaiser Chiefs ont défrayé la chronique en 2006 avec un premier album, Employment, vendu à deux millions d’exemplaires. Juste un groupe britannique de plus ? Loin de là. Surfant entre pop fougueuse et rock décoiffant, les cinq garçons ont gagné d’un coup la reconnaissance de la profession et trois prestigieux BRIT Awards. Un bonheur ne venant jamais seul, ils ont eu le privilège de faire la première partie des concerts de Franz Ferdinand. Un succès que le groupe doit maintenant confirmer avec son deuxième opus, Yours Truly, Angry Mob. Rencontre dans un bar parisien avec Simon, le bassiste, et « Peanut », le claviériste.

Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pourriez-vous rappeler comment le groupe s’est formé ?
Simon : Peanut, Nick et moi étions ensemble en cours à Leeds. Ensuite, Nick a fait la rencontre de Ricky et Whitey. On les a rejoints et le groupe a été crée !

Et ce nom, « Kaiser Chiefs » ?
Peanut : En fait, on en cherchait un en rapport avec la ville de Leeds. Comme tu l’imagines, nous sommes supporters de notre équipe de foot locale. Un jour, son capitaine est parti jouer dans un club sud-africain. Ce club s’apellait le ’Kaiser Chiefs Football Club’…

Quelles sont vos références musicales ?
Simon : Les Beatles sont probablement nos plus grandes idoles. Mais nous aimons beaucoup d’autres groupes : The Kinks, Queen, Blur…
Peanut : Les Clash et les Beach Boys aussi…
Simon : Des groupes britanniques principalement, mais américains également. Comme Nirvana ou les Sex Pistols …
Peanut : Bref, on aime la bonne musique !

Comment se passe l’écriture de vos morceaux ?
Simon : Au début, c’est Nick, notre batteur, qui compose un bout de chanson, à la guitare ou au piano. Ensuite, il nous le joue et chacun y apporte sa touche : Ricky note quelques paroles, Peanut écrit la suite, Whitey l’essaie à la guitare et c’est fait !

S’il fallait définir votre style en quelques mots, ce serait…
Simon : C’est vraiment difficile à dire…
Peanut : De la bonne pop anglaise !

Simon, cette appellation vous va ?
Simon : En quelques sortes oui, mais c’est difficile car chacun a sa propre définition. En Angleterre, aux oreilles de certains, Boyzone fait aussi de la super pop ! Alors, je dirais peut-être qu’on est un bon groupe ’indie’…

Vous avez eu une ascension fulgurante, vos chansons passent en boucle à la radio, vous avez des milliers de fans… Comment vivez-vous ce succès ?
Peanut : A nous, il n’a pas semblé fulgurant ! On travaille dur depuis longtemps pour y arriver. Alors, quand le succès a été au rendez-vous, nous étions prêts à y faire face parce que nous avions appris de nos échecs passés. Le succès que nous avons aujourd’hui nous semble mérité, c’est pour cela qu’on ne pète pas les plombs.

Craignez-vous que ce succès s’arrête tout à coup ?
Peanut : C’est vrai que certaines choses disparaissent aussi vite qu’elles sont apparues. Dans notre cas, le succès n’a pas été rapide, alors on va tout faire pour qu’il dure.

Vous avez remporté trois BRIT Awards en 2006 (l’équivalent de nos Victoires de la musique, NDLR). Avez-vous été surpris ?
Simon : On ne s’attendait pas à en gagner autant. C’est vrai qu’à cette période, nous gagnions beaucoup de prix en Angleterre. Sur le moment, on n’en a pas pris conscience. Ce n’est que six mois plus tard qu’on s’est rendu compte de la performance.
Peanut : C’est comme jouer devant 50 000 personnes : c’est formidable, mais on apprécie encore plus avec le recul. Ces trois Awards restent un beau souvenir, une vraie reconnaissance.

Justement, ce genre de récompenses est important pour vous ? Cherchez-vous à être reconnus par la profession et les médias ?
Peanut : Avoir un succès populaire et voir les gens chanter nos chansons, c’est la récompense ultime. Mais c’est sûr qu’on ne souhaite pas non plus avoir de mauvaises critiques dans la presse. Au final, l’avis des gens comme celui des médias nous affecte.

Après un premier album réussi, les gens s’attendent à un second encore meilleur. Ressentez-vous cette pression ?
Simon : Nous sommes plutôt confiants. Cet album est bon, alors avec un peu de chance, il fera encore mieux que le premier !
Peanut : On ne s’est pas contenté de refaire la même chose que sur Employment. Il y eu une évolution musicale.
Simon : Quand Employment est sorti, les critiques ont été mitigées. Ce n’est qu’au bout de six mois que les gens ont commencé à vraiment l’aimer. Ils ont vu que nous n’étions pas un « one shot », que nous avions plusieurs singles en stock et même tout un album.

Comment comparer ce disque à votre premier opus ?
Simon : Je pense que l’ensemble est plus solide. C’est l’album d’un groupe plus établi. Avec Employment, notre ambition était d’être un bon groupe de rock, un peu comme Supergrass ! Avec Yours Truly, Angry Mob, on peut dépasser les frontières de l’Angleterre, c’est un disque bien plus ambitieux.

Après vos récompenses et vos milliers de disques vendus, à quoi rêvez-vous encore ?
Simon : Continuer à faire des concerts et des festivals. Pourquoi pas dans des stades ? Réussir à percer hors des frontières de l’Europe aussi...
Peanut : On peut y arriver : la musique permet de toucher des publics très différents.

Pour cela, quelles sont les différences qui vous distinguent d’autres groupes de rock comme Kasabian ou The Kooks ?
Simon : On est peut-être plus pop.
Peanut : Oui et on a aussi un côté imprévisible. Nos chansons ne vont jamais là où on s’y attendrait. Mais on a parfois les mêmes influences musicales, donc quelques similitudes.
Simon : Et puis, on les connaît alors on ne veut pas avoir d’ennuis !

Que répondre à ceux qui disent que le rock d’aujourd’hui se contente de reprendre les recettes du passé sans rien inventer ?
Peanut : En effet, certains morceaux sont parfois influencés par d’anciens artistes. Mais C’est au bout de plusieurs années qu’on peut vraiment juger de la modernité d’une chanson en regardant si elle a passé l’épreuve du temps. Les titres qui deviennent des classiques ont ce supplément d’âme qui n’appartient à aucune époque et qui leur permet de traverser les âges et les frontières.

En parlant de géographie, je crois que vous connaissez un peu la France…
Peanut : Oui, on est venu plusieurs fois ici. On a fait notre première scène à la Boule Noire.

L’accueil a été chaleureux ?
Peanut : Oui, très. On a aussi fait le Festival des Inrocks. C’était très sympa, les gens montaient danser sur scène ! C’est le genre de choses qu’on garde en mémoire. Voir ça en dehors du Royaume-Uni, ça fait vraiment plaisir !
Simon : Pour la promotion du premier album, on est surtout resté en Angleterre. Pour celui-ci, on va en France, en Allemagne, en Belgique, en Espagne. On espère pouvoir y passer plus de temps.

Qui est votre public ?
Simon : Je connais des gens de tout âge qui apprécient notre musique ! Les personnes les plus âgées reconnaissent nos influences musicales et les aiment. Les plus jeunes achètent nos disques parce qu’ils trouvent notre son fun et léger. Les autres apprécient la fraîcheur qu’on apporte au rock.

Des concerts prévus en France ?
Peanut : Oui, sûrement après les festivals de l’été 2007. Si l’album marche bien, on aimerait revenir ici et donner un grand concert comme ceux qu’on fait en Angleterre.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?
Peanut : On espère sincèrement que vous allez aimer notre album. C’est une bonne façon de mieux nous connaître, d’apprendre d’où l’on vient et de découvrir nos influences musicales. Kaiser Chiefs (AZ / Universal)
Ruby, single disponible le 19 février
Yours Truly, Angry Mob, album disponible le 27 février


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dimanche 14 janvier 2007
 
 
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