Quand avez-vous décidé de monter de nouveau ce spectacle en France ?
Gérard Presgurvic : Nous avons fait une tournée en Asie, c’était l’occasion de recréer des choses. On s’est au final retrouvé avec un nouveau spectacle prêt donc c’était vraiment le moment ou jamais de revenir le présenter en France.
Vous avez gardé des éléments venant des versions étrangères ?
Gérard Presgurvic : Oui, j’ai pris un peu des Autrichiens, des Russes, des Anglais mais surtout, c’est plus proche de ce qu’est l’histoire, avec un décor plus poussé aussi. C’est une chance de pouvoir apporter de la nouveauté à un spectacle qui a connu un tel succès.
On vous retrouve comme si on ne vous avait pas quitté il y a dix ans !
Damien Sargue : Mais sans les cheveux longs ! Ils sont restés à la maison (rires)
Reprendre le rôle de Juliette en France où le souvenir de Cécilia Cara est peut-être très présent a-t-il amené une pression supplémentaire ?
Joy Esther : Ce n’est pas le fait de passer derrière car j’ai ma propre vision du personnage… Et puis je l’ai beaucoup aimée dans ce rôle donc au début, c’était plus de la peur de me fondre dans le groupe. Mais maintenant j’ai confiance. J’en parle pas mal avec les fans et aussi avec Cécilia car on se connaît un peu et c’est vrai que les gens sont assez ouverts d’esprit. C’est toujours difficile de reprendre un rôle qui a marqué mais je sais que j’ai ma place et que j’ai des choses à défendre. J’ai 25 ans, 10 ans de plus que le personnage donc forcément je vais apporter autre chose. Je me suis vraiment investie à 200% dans ce rôle, j’y ai mis le côté enfant qui me reste mais aussi mon côté rebelle. Jouer la mort de Juliette c’est un de mes passages préféré et en tant que comédienne je suis ravie d’avoir la chance de jouer des moments aussi touchants.
Voir que les fans d’il y a dix ans sont toujours là, quel effet cela fait-il ?
Damien Sargue : Cela met un peu de pression mais ça touche surtout beaucoup. Il y a dix ans, on était pris dans la machine et on ne se rendait pas vraiment compte de l’impact que pouvait avoir le spectacle. On voyait les chiffres mais ça ne me parlait pas plus que ça. Mais là, de voir que les gens sont au rendez-vous et connaissent encore les paroles des Rois du monde par cœur ! Les chansons de Gérard ont marqué toute une génération. C’est impressionnant.
Il y a une autre histoire qui pourrait vous inspirer pour une nouvelle comédie musicale ?
Gérard Presgurvic : Oui, mais elle est déjà prise ! J’aurais bien aimé faire Les Misérables... Mais j’ai encore deux nouveaux projets qui sont aussi très ambitieux et je ne me lasse pas de ce genre. Il n’y a que là que je peux faire tout ce dont j’ai envie. Pour un album, je ne pourrai pas faire la moitié des chansons tellement c’est formaté. Et puis j’ai l’impression que les gens sont de nouveau demandeurs de comédies musicales en France alors maintenant il faut s’assurer qu’elles soient bonnes. C’est une dramaturgie particulière qu’il faut respecter. Et avec un peu de chance, on peut imaginer que ça devienne vraiment culturel.
Propos recueillis par Carole Bouchard
Roméo et Juliette, spectacle de Gérard Presgurvic.
Au palais des Congrès du 2 février au 4 avril 2010. En tournée dans toute la France à partir du 15 avril.
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