Dix ans après ce qui reste un des plus grands succès de la comédie musicale en France, pourquoi avoir décidé de revenir ?
Gérard Presgurvic : On a voulu revenir à la maison, tout simplement. Après avoir fait une bonne partie du tour du monde, ça nous semblait important de revenir là où tout a commencé. Et puis le spectacle est mieux qu’avant encore, il y a de nouvelles chansons, de nouveaux costumes, de nouveaux décors. C’est vraiment une nouvelle version qu’on présente.
Joy, faisiez-vous partie des fans il y a dix ans ?
Joy Esther : Je me souviens de l’engouement qu’il y avait eu il y a dix ans car j’avais 15 ans et que ça m’avait marquée. J’avais vu le spectacle et vraiment je comprends que les gens soient nostalgiques et heureux de revoir le spectacle.
Parlez-nous du casting : Damien Sargue rempile et Joy Esther arrive dans le rôle tenu auparavant par Cécilia Cara…
Gérard Presgurvic : Je ne suis pas certain qu’il existe deux Roméo comme Damien. J’ai eu de la chance… Pour Joy évidemment, c’est plus dur car les gens ont énormément aimé Cécilia. Mais Joy est extrêmement jolie et elle a changé la manière d’interpréter ce rôle. Je voulais une Juliette un peu plus sensuelle, moins enfantine.
Damien, avez-vous hésité à reprendre ce rôle ?
Damien Sargue : De toutes façons, en France, on colle facilement une étiquette sur les gens. Alors, celle de Roméo ne me gêne pas du tout. J’aurais pu être moins bien servi que ça (rires) ! Donc j’ai dit oui très rapidement. On a recommencé par l’Asie et c’était intéressant de voir l’accueil dans d’autres pays. Là-bas, c’était assez hallucinant de constater l’engouement pour les comédies musicales et la France.
Quelle est la différence entre le Roméo d’il y a dix ans et celui qui va faire son retour ?
Damien Sargue : Je lui apporte peut-être un peu plus de maturité. Mais j’ai eu aussi cette chance que ce soit un nouveau spectacle avec un nouveau casting, de nouvelles chansons… Du coup, je n’ai pas l’impression d’une routine et c’est un grand plaisir de le rejouer.
Aux niveaux des sonorités, on trouve beaucoup de continuité avec un titre comme Avoir 20 ans, qui ressemble aux Rois du monde…
Joy Esther : Ça aurait été tomber dans la facilité pour Gérard de suivre les tendances musicales du moment et ce n’est pas du tout ce qu’il a fait. Il fallait garder une continuité avec le spectacle précédent. Et puis la force de ce spectacle, c’est que Gérard a tout créé, il est auteur-compositeur et donc il ne peut pas trahir ce qu’il a fait il y a dix ans.
Entre la fin de la première ère de Roméo et Juliette et son retour, qu’avez-vous fait Damien ?
Damien Sargue : Je me suis tourné vers une carrière solo et j’ai fait un album avec de belles signatures mais ça n’a pas connu le succès escompté… Après, j’ai eu la chance de faire du doublage, d’enchaîner pas mal de projets et, en 2006, Gérard m’a appelé pour partir en Asie avec Roméo et Juliette. Maintenant je suis content de revenir à la maison et de montrer l’évolution de ce spectacle en France. J’aime beaucoup l’esprit troupe des comédies musicales et le fait de pouvoir toucher autant au chant qu’à la comédie. J’ai toujours envie de faire mes chansons avec mes musiciens, c’est quelque chose que je garde mais pour le moment je ne pense qu’à Roméo et Juliette.
C’est facile de travailler avec un Roméo qui est aussi le vôtre dans la vie de tous les jours ?
Joy Esther : Très ! Cette aventure nous lie de toute manière donc la poursuivre à Paris c’est dans la continuité. On s’entend bien sans être non plus collés l’un à l’autre toute la journée. Et pour l’ambiance de la troupe, c’est bien aussi. Mais toute la troupe s’entend à merveille et ça aussi c’est une grande force.
Propos recueillis par Carole Bouchard
Roméo et Juliette, spectacle de Gérard Presgurvic.
Au palais des Congrès du 2 février au 4 avril 2010. En tournée dans toute la France à partir du 15 avril.
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