Comment as-tu vécu la transition vers la préparation de ton album, après la fin de l’aventure Nouvelle Star ?
Tout a été très vite car je voulais enchaîner. J’avais vraiment envie de refaire de la vraie musique au lieu de chanter Les Mots bleus sur une lumière bleue… Ce qui était une souffrance sur Nouvelle Star, c’était de se heurter à des gens qui ne parlent pas d’art alors qu’ils ont tous les moyens pour en faire. Pour mon album, je savais exactement ce que je voulais faire. Mes chansons étaient déjà écrites et après ça a été un travail de choix et d’arrangements. J’ai pris la liberté de faire ce disque comme je le voulais. C’est un peu le seul truc dont je suis fier dans ma vie donc je n’allais pas le brader. C’est ma première et peut-être ma dernière chance donc je voulais tout en assumer. J’espère prouver qu’en faisant un album sincère on peut réussir.
Cela a été facile pour toi de te livrer ainsi ?
J’ai toujours procédé comme ça. J’ai juste voulu représenter ce qu’est la génération d’aujourd’hui à qui on ne cesse de dire que c’est la crise etc.… Le plus dur pour moi, c’est finalement tout ce qu’il y autour : la promo, la com… J’ai hâte de recommencer à faire de la musique et à me mettre sur la tournée. Le reste, je le fais parce que c’est bien pour mon disque. Je vais défendre mon truc. Mais bon, je n’ai pas l’impression d’avoir un point de vue intéressant. Faire une interview, c’est un truc hyper prétentieux. Je ne suis pas toujours super copain avec moi-même alors parler de moi, c’est un problème… sauf dans mes chansons.
Certains pourraient penser que tu as pris la grosse tête…
Je sais. Mais ils peuvent dire ce qu’ils veulent. Je trouve qu’il n’y a qu’avec les médias que je suis le mal aimé. Dans la rue, tous les gens que j’ai croisés depuis la fin de l’émission se sont toujours bien comportés… Et puis, il y en a qui aiment me faire passer pour un con ! Maintenant, j’essaie de prendre sur moi et je me concentre sur la tournée qui va arriver… Honnêtement, j’aimerais bien avoir le melon ! Si j’avais le melon et que je me prenais au sérieux, peut-être que je m’aimerais mieux !
Es-tu heureux de ce que tu vis en ce moment ou regrettes-tu ta vie d’avant ?
Il y a un confort financier, quand même… Je n’ai plus à me demander si je vais pouvoir manger demain donc ça enlève certaines angoisses ! En même temps, j’en ai récupéré des nouvelles alors ! (rire) La différence, c’est qu’avant je comprenais d’où elles venaient alors que maintenant je les ressens sans les comprendre… Je m’angoisse surtout pour ce qui arrive en ce moment, pour le fait de craindre que quelque chose que je n’aurais pas vérifié moi-même parte en vrille. C’est ça qui me réveille la nuit. J’ai du mal à gérer dès qu’il y a un facteur humain qui rentre en jeu, dès que ça ne dépend pas que de moi…
Revenons sur l’histoire des concerts annulés. Ne t’es-tu pas dit que c’était "limite" par rapport à tes fans ?
Non parce que je préférais ne pas y aller qu’y aller mal… Il y a des moments où je n’y arrive plus et c’est tout… Et puis, maintenant, je ne pense pas forcément que les gens qui ont voté pour moi dans Nouvelle Star soient ceux qui vont acheter mon disque. J’ai fait un album sans concession et je sais qu’il ne plaira pas à tout le monde. Je ne veux pas me mettre dans cette pression... Mais le mec qui va venir me dire que c’est super, je ne vais pas plus l’écouter que celui qui va me dire que c’est de la merde… Je n’ai pas fait un album fédérateur… Maintenant s’il y en a qui veulent me suivre, qui veulent venir voir qui je suis vraiment, pas de problème…
Propos recueillis par Carole Bouchard
Soan, Tant Pis (Sony music)
Sortie le 27 novembre 2009
