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Zaza Fournier, un sacré numéro !


Inclassable. Une fois le concert de Zaza Fournier au Sentier des Halles terminé samedi 6 décembre 2008, il est bien difficile de dire à quoi on vient d’assister. La seule certitude et la plus importante reste la suivante : on y retournerait bien volontiers !

Pendant un peu plus d’une heure, Zaza Fournier a fait étalage de tout ce qui fait son originalité : une voix cabaret, un humour décapant, le zeste d’insolence et de fraîcheur pop d’une Katy Perry, mais également une plume acerbe et second degré, le tout saupoudré du petit côté kitch de la chanson française traditionnelle. La petite salle du Sentier des Halles était remplie pour ce dernier soir et l’ambiance rétro placée d’entrée avec Elvis Presley en musique de fond. Elle fera d’ailleurs la démonstration en cours de show que l’accordéon peut tout à fait permettre d’interpréter des chansons du King.
L’accordéon ? Oui, la demoiselle, chignon décoré d’une fleur géante, robe très années 80 pour les couleurs acidulées et escarpins rouges sur collants noirs, se présente sur scène assise sur un grand tabouret avec pour seule compagnie son accordéon et son iPod. Ce dernier, elle l’appelle "son groupe". Discret et efficace, il a d’ailleurs très bien rempli sa fonction de bande son d’accompagnement. Dans le public, les jeunes trentenaires ont le monopole mais on voit également beaucoup de duos mères-filles. Plus de couples que de célibataires ont fait le déplacement afin de faire plus ample connaissance avec celle qui a sorti son premier album il y a peu.

Les premiers morceaux démontrent que Zaza Fournier, ce n’est pas qu’un concept original. C’est aussi et surtout une véritable musicienne. Elle manie son accordéon avec beaucoup d’élégance et parvient à convaincre ceux qui doutaient que cet instrument, bien utilisé, pouvait sonner fort moderne. Car Zaza Fournier n’est pas une jeune femme nostalgique des numéros d’antan, elle est résolument ancrée dans la réalité de son temps. Elle raconte ses états d’âme, ses rêves d’amour (Mon homme, Comptine pour une désespérée, Les Mots toc) et de tolérance (Mademoiselle) avec les mots justes, sans jamais en faire trop et avec une qualité vocale aussi précise que son accordéon. Son écriture va droit au but et fait souvent mouche. Dans le public, les spectateurs réagissent, rient et lui parlent même entre deux chansons.
Il faut dire que la jeune artiste a de l’humour, balançant entre autres un "C’est pour toi Barack !" avant d’entamer Rêve américain, ou racontant les anecdotes de ses premiers slows. Pas de doute, elle a un contact naturel avec le public et une nature rigolote communicative, même si elle a semblé regretter que les spectateurs ne reprennent pas plus souvent ses couplets. Il lui a fallu attendre le premier des deux bis (réclamés haut et fort) pour entendre le refrain de son single La vie à deux chanté par toute la salle. Mais elle va peut-être devoir se faire à ce qui est moins un manque d’entrain qu’une marque de respect. Il n’est pas évident de se mêler à ses titres, en face d’une artiste qui, plus que chanter, raconte des histoires. Un concert de Zaza Fournier, ça se savoure en silence ne serait-ce que de peur de manquer un des solos d’accordéon qui donne à chacun des titres une dimension intemporelle assez sympathique. On souhaiterait parfois qu’elle pose son accordéon et laisse aller jusqu’au bout une énergie qu’on devine débordante. Cela lui permettrait peut-être également, à long terme, de ne pas s’enfermer dans le même registre, qui, bien qu’efficace, ne résume pas ce nouvel ovni de la chanson française.

Carole Bouchard

Photos presse : Vanessa Filho


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Wednesday 10 December 2008
 
 
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