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Lutter contre le CO2 dégrade l’air que l’on respire

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Les exemples allant dans ce sens n’ont pas manqué lors du colloque organisé sur ce thème, la semaine dernière, à Strasbourg, par l’Association pour la prévention de la pollution atmosphérique (Appa)

« Il y a aujourd’hui une question très controversée sur le choix à effectuer entre essence ou diesel pour les voitures », a ainsi expliqué Roy Harrison, chercheur à l’université de Birmingham.

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« Le diesel émet moins de CO2 que l’essence et est donc meilleur pour le climat que l’essence. En revanche, il relâche beaucoup plus de particules. C’est le type même de solution gagnante-perdante » poursuit le spécialiste. « Afin de réaliser des économies d’énergie, on calfeutre les maisons. Attention à la dégradation de l’air intérieur », lance de son côté Philippe Richert, sénateur et président du Conseil national de l’air. « À Londres, les programmes en faveur de l’utilisation du bois-énergie ont été suspendus en raison d’un rapport montrant un accroissement des émissions de microparticules (PM10) », renchérit John Murlis, chercheur à l’Appa de Grande-Bretagne.

Les deux problématiques n’ayant pas émergé en même temps, ont été abordées séparément. C’est le cas du Grenelle de l’environnement.

Cette séparation peut trouver une explication technique. « Les gaz à effet de serre ont une durée de vie très longue et leur modélisation est assez facile », poursuit Roy Harrison, qui ajoute : « Ce n’est pas le cas des polluants qui ne restent que quelques jours dans l’atmosphère », avant de retomber sur le sol.

Pour autant, les scientifiques progressent dans la connaissance des effets croisés de certains polluants dans le changement climatique, et réciproquement. C’est vrai pour l’ozone qui aggrave l’effet de serre. À l’inverse, en stoppant les rayons du soleil, les microparticules ont un effet refroidissant. « Les climatologues du Giec (Groupement intergouvernemental d’étude du climat, NDLR) qui ont commencé leurs travaux dans les années 1970 avec quasiment les seules données météorologiques ont développé au fil des ans des modèles de plus en plus sophistiqués. Ils ont introduit ces dernières années le rôle des aérosols », commente t-on au ministère de l’Écologie. « La prochaine étape sera d’intégrer les effets liés à l’interaction des polluants entre eux », ajoute Richard Mills, président de l’Union internationale des Appa.

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Parallèlement, plus les recherches avancent, plus les réponses se doivent d’être subtiles. Il existe des réponses « gagnantes-gagnantes » : produire par exemple de l’électricité à partir de gaz plutôt que du charbon permet à la fois de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de diminuer les polluants atmosphériques. Il en va de même lorsque les transports en commun sont privilégiés par rapport à l’individuel.

Mais attention, prévient Karl-Friedrich Ziegahn, ingénieur au centre de recherche de Karlsruhe en Allemagne : « Même si l’on constate des effets négatifs d’une technique sur la pollution atmosphérique, nous ne devons pas arrêter les recherches. Il faut discuter, réfléchir, mais il ne faut surtout pas fermer la porte. »


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