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La "nouvelle ville d’Angoulême"

Dernière mise à jour : vendredi 18 novembre 2011, par Franck Beaumont

Il s’agit d’un projet urbanistique qui date de Louis XVI. La "nouvelle ville d’Angoulême" fait référence au duc d’Angoulême, fils du futur roi Charles X, et donc neveu de Louis XVI. Dès son plus jeune âge (il est né en 1775), il a la charge de Grand Prieur du Temple, mais c’est l’administrateur du Grand Prieuré de France, le chevalier de Crussol, qui va se charger à partir de 1777 de faire assécher les Marais du Temple, et de lôtir quatre rues (situées entre la rue Amelot et la rue de Malte) pour y faire construire des immeubles de rapport.

C’est Pérard de Montreuil, architecte du Grand Prieuré (on lui doit alors un drôle de bâtiment dans l’enclos du Temple ayant à peu près la forme de fort Boyard), qui conduit les travaux. Les acquéreurs de ces nouveaux logements de la "nouvelle ville d’Angoulême" sont pour la plupart des artisans : menuisiers, maçons, marchands de bois, parfumeurs, jardiniers-fleuristes, architectes, sculpteurs.

De ce lotissement qui eut beaucoup à souffrir du percement du boulevard Voltaire sous le Second Empire, on peut encore admirer deux beaux immeubles, situés à l’angle de la rue Jean-Pierre Timbaud et de la rue Amelot. Ainsi, le n° 136 de la rue Amelot s’ouvre sur une cour en forme de cercle parfait par un très beau portail incurvé. Au tympan du porche, on reconnaît une Minerve casquée, assise entre deux angelots. Les deux immeubles, typiquement Louis XVI, sont d’une belle sobriété : leurs façades sont uniquement animées par les ouvertures et les élégants haut-reliefs sculptés sous les consoles de chaque fenêtre, représentant pour certains des attribus des arts, comme la Musique.

A l’époque de sa construction, le 136 rue Amelot est habité par Daniel Aubert, maître et sculpteur du roi. Il était à la fois sculpteur, vernisseur et doreur. Ses ateliers se trouvaient dans les "Petites Ecuries du roi", situées au faubourg Saint-Denis. Aubert était notamment chargé de l’entretien et de la décoration des carosses royaux. En 1775, il sculpta le carosse destiné au sacre de Louis XVI.

Quant au duc d’Angoulême - encore enfant au moment de la création de ce lotissement qui porte son nom - , à l’abdication de son père le roi Charles X le 2 août 1830, il devra renoncer lui-même à la couronne. Cette date signe d’ailleurs la fin de la dynastie des Bourbon, puis que le dernier roi de France sera ensuite Louis-Philippe d’ Orléans, de la branche des ducs d’Orléans. Marié à Marie-Thérèse de Savoie, puis à sa propre cousine, Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI, Louis de France, duc d’Angoulême, n’eut pas de descendance.

Franck Beaumont

Source : Guide du Promeneur 11e

Adresse

136 rue Amelot