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Le petit hôtel de Bourrienne

Dernière mise à jour : vendredi 16 mars 2012, par Franck Beaumont

Le faubourg Poissonnière est encore très riche en hôtels particuliers car ce quartier devint à la mode auprès de l’aristocratie dès les années 1780 et jusqu’aux années 1830. Le petit hôtel de Bourrienne fait partie de ce patrimoine et il est bien caché de la rue, masqué par un bâtiment au 58 rue d’Hauteville. Cet hôtel est pourtant un inestimable et rare exemple de décor d’époque Directoire. Remontons le fil de son histoire.

Le début de la construction de cet hôtel remonte à 1787, pour le compte de Marie-Anne Ségard Préponnier de Bazin, dame de Dompierre. Mais c’est Pascal Tricardeau qui l’acquiert en 1790 et achève sa construction. Il le revend lui-même à M. et Mme Lormier-Lagrave et c’est leur fille, Jeanne, devenue madame Hamelin après son mariage avec le petit-fils d’un fermier général, qui va la première rendre célèbre cet hôtel. En effet, madame Hamelin est une amie de Joséphine de Beauharnais, créole comme elle. D’’une grande intelligence, on la classe parmi les "Merveilleuses" du Directoire et on dit qu’elle eut de l’influence sur de nombreux personnages importants de l’époque, de Bonaparte à Talleyrand.

Mais dès 1801, l’hôtel est vendu à celui qui va lui laisser son nom : Louis-Antoine Fauvelet de Bourrienne. Il fut secrétaire de l’Empereur, puis ministre plénipotentiaire à Hambourg en 1805. S’étant rallié aux Bourbons en 1814, il mena une vie paisible jusqu’à sa mort. Vendu en 1824 à un agent de change du nom de Pierre Ferdinand Tattet, puis en 1829 au banquier Haggermann, l’hôtel connut plusieurs propriétaires successifs jusqu’en 1886. A cette époque, la demeure est acquise par Charles Tuleu, directeur de la fonderie de caractères d’imprimerie Deberny. C’est lui qui fit construire le bâtiment au fond du jardin, destiné à accueillir sa fonderie, et surélever le comble et les deux ailes en retour. Dès lors, l’hôtel de Bourrienne est resté dans la même famille et c’est encore aujourd’hui une demeure privée, ouverte au public lors des périodes de visites guidées.

Pénétrons dans l’hôtel pour commenter sa décoration : Typiquement de style Directoire et Consulaire, soit la période qui va de 1794 à 1804, la décoration intérieure illustre à merveille l’inspiration antique de l’époque. Elle est attribuée à l’architecte Chérubin Leconte, qui fut en charge du château des Tuileries avant l’architecte Fontaine. Dans les salons, on remarque des frises de palmettes, des corniches, des colonnes… Les peintures murales sont inspirées notamment de Pompei et Herculanum, redécouvertes au milieu du XVIIIe siècle. La pièce la plus étonnante reste la salle de bain et son magnifique décor d’inspiration étrusque, illustrant la recherche de confort et le souci d’hygiène qui va se développer tout au long du XIXe siècle.

Horaires d’ouverture au public : l’hôtel se visite tous les jours du 1er au 15 juillet et du 1er au 30 septembre de 12h à 18h et sur rendez-vous les autres jours.

Location des salons pour une réception : capacité de 100 personnes en cocktail, 70 personnes assises.

Franck Beaumont

Sources : Guide du Patrimoine, Guide du Promeneur Paris 10e

Adresse

58 rue d’Hauteville

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