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Adam Lambert en concert à Paris : Nous y étions !

Dernière mise à jour : mercredi 25 juin 2014, par Jean

Attention, phénomène. Il n’y a pas d’autre manière de décrire Adam Lambert et encore moins Adam Lambert en live. Beaucoup étaient venus par simple curiosité. Curieux d’un garçon qui a scandalisé et fasciné l’Amérique depuis un an, curieux du premier participant d’American Idol à partir en tournée mondiale. Curieux encore de sa réputation d’être, à 28 ans, une sorte de rejeton de Freddy Mercury et d’Elvis, filleul de David Bowie. Ce soir, on va compter les octaves, mais aussi les déhanchés décomplexés. Son album est fidèle à ce qu’il aime et ce qu’il est. Maîtrise totale des grands classiques du rock, fan de la pop veine Lady GaGa, Christina Aguilera et Madonna, et amateur des beat électro du moment. Un chanteur en plein dans son époque avec une vraie culture musicale.

Une fois la salle comble et impatiente, Adam fait son apparition. On va le dire tout de suite : les seules choses qui ne feront pas l’unanimité dans son show sont ses tenues ! Et en particulier la première avec ce chapeau haut de forme et ce manteau violet que même certains hippies n’auraient pas osé porter. Mais l’excentricité, parfois à outrance, est aussi une de ses caractéristiques. Une simple anecdote rapidement oubliée dès que fusent les premières notes : comme on dit en anglais, "crystal clear". Le medley Voodoo / Down the Rabbit Hole et Ring of Fire installe une ambiance un peu mystique. Le temps d’enlever manteau et chapeau, la salle est déjà acquise à sa cause. On suit ses grands yeux bleus cerclés d’eyeliner et de paillettes tout autant que ses chemises à moitié ouvertes et ses pantalons dans la pure veine rock : plus serré, mieux c’est. Avec Adam Lambert, on en prend plein les yeux tant son charisme est indéniable. Ce soir-là au Trabendo, on a vu des femmes mûres transformées en groupies déchaînées, des amateurs de rock, blousons en cuir sur le dos chanter à en faire exploser leurs poumons, une communauté gay venue admirer un de leurs nouveaux ambassadeurs et des jeunes filles tout autant fascinées. Tous les âges, tous les genres : le Glamnation Tour, comme il l’appelle, fait l’unanimité.

Et tout cela part de cette voix. On a beau connaître l’album studio par cœur, on prend une énorme claque en live. Sleepwalker voit ainsi des gens se prendre la tête dans les mains, incrédules. Comment peut-il atteindre ces notes-là ? Les poils se dressent sur les bras tant l’émotion qu’il partage résonne avec des capacités vocales hors du commun. Passant du grave au plus qu’aigu en quelques secondes, Adam Lambert est tout simplement phénoménal. Ce titre aussi, un des plus rock de l’album, se révèle aussi tubesque que le single Whataya Want from Me, version acoustique reprise en chœur par le public, et Aftermath qui défie également les lois de la pesanteur vocale. On est définitivement conquis par Soaked, chanson donnée par le groupe Muse, qui est quasiment chantée a cappella avec un public osant à peine respirer de peur de déranger. Ce sera le seul moment, car sinon les gens chantent, dansent, sautent dans tous les sens et se prennent au jeu très sexy du chanteur américain. Fever, écrite par Lady GaGa, est un laisser-aller absolu entre poses provocatrices - admirons au passage la souplesse du chanteur qui nous sort des notes hallucinantes plié en deux sur le sol - et flirt sans retenu avec son bassiste. Moment devenu quasi-culte pour les fans qui, à chaque concert, attendent le fameux "kiss". Ils ne sont jamais déçus. Lambert a la classe qui va avec son talent, donc il ne passe jamais du côté vulgaire de la provoc’. Un sourire par ci, un air mutin par là : il s’amuse. Et puis Paris ça l’inspire. "C’est le gay Paris ici, non ?", demande-t-il avant d’enchaîner, "OK, de toute manière maintenant ça l’est !". Tout le monde se marre. Comme la femme qui aura le droit de s’agripper à sa jambe sur un titre, ou comme les jolis garçons qu’il ne tardera pas à repérer. "Je vois de très jolis visages ce soir… Voilà qui m’inspire !" Il a tourné en sa faveur des millions de téléspectateurs américains sur Idol dont le public n’est pas réputé pour être très gay friendly, alors on n’a plus à lui apprendre à captiver une audience. Adam Lambert est encore la preuve que le talent, allié à la sincérité, fait mouche à chaque fois.

Le dernier morceau, If I Had You – redoutable tube calibré pour les clubs - vient fermer la soirée. Mais l’assistance n’a aucune envie de partir et en redemande. Après six mois de tournée, The Glambert, comme on le surnomme, a eu tendance à supprimer les rappels ou à la reprise de 20th Century Boy. Sa voix n’est pas une machine. Mais le lendemain, c’est l’anniversaire son guitariste – et ancien de Madonna – Monte Pittman. Et puis surtout, les fans français lui ont réservé quelques démonstrations d’affection par pancartes interposées qui l’ont touché. Alors il va réserver un final qui a déjà, ce vendredi, fait le tour des médias américains…
Il ne l’a répété qu’une fois comme ça, pour le fun, mais Adam a décider de reprendre le Purple Haze de Jimi Hendrix. Déjà, les puristes ont peur. Qu’ils se rassurent : la voix de ce garçon lui permet toutes les audaces. Plus qu’une réussite, c’est la folie dans la salle. Une réaction qui va en provoquer une autre : Lambert ne veut plus s’en aller. "On devrait en faire une autre !", lance-t-il à son groupe. Après quelques hésitations, le voilà parti dans un des classiques qu’il a souvent repris et qui a contribué à sa notoriété : Whole Lotta Love de Led Zepellin. Le nouveau batteur est un peu en panique mais Adam connaît le sujet par cœur. Il finit en apothéose. "Merci beaucoup !", en français dans le texte. Non, merci à vous Monsieur Lambert. Merci pour la démonstration, l’énorme vent de fraîcheur sur un marché pop-rock où la prise de risques se fait rare, et pour avoir réussi à convoquer en une seule voix les monstres sacrés du rock aussi bien que les divas modernes de la pop. Alors que l’Europe dans sa majorité est déjà tombée à ses pieds, le marché français tente tout juste de prendre le train en marche. Il y aurait beaucoup à regretter à le laisser passer.

Carole Bouchard

Adam Lambert, For Your Entertainment (Sony Music)
Sortie mondiale en novembre 2009.
www.adamofficial.com
www.twitter.com/adamlambert

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