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Avec Zemmour, l’UMP a-t-elle joué avec le feu ?

Dernière mise à jour : jeudi 9 février 2017, par Expositions

Éric Zemmour a été condamné le 18 février à 2 000€ d’amende avec sursis pour provocation à la discrimination raciale.

Le fait qu’il soit immédiatement invité par le club des Réformateurs libéraux de l’UMP au débat « Les normes vont-elles tuer les libertés des Français ? De l’air ! », qu’il y ait été si chaudement applaudi, que dis-je, qu’il y soit ovationné, le 2 mars, qu’il y ait eu foule au point que plusieurs dizaines de personnes restèrent à la porte de la salle Victor-Hugo, derrière l’Assemblée nationale, faute de places, pose peut-être problème.

Et devrait sonner une cloche. Il est ce qu’il est, mais ceux qui l’encouragent, le soutiennent et le citent sont aujourd’hui le plus souvent au bout du bout de la droite. Qu’est-ce que l’UMP cherche réellement à gagner dans cette vilaine galère ?

Ce jour-là, concentré, le journaliste a lu (est-ce de la prudence ou de la retenue ?) son discours à la tribune entre 18h50 et 19h10. Il y disait « La liberté d’expression, c’est la liberté d’avoir tort », devant quelques élus, dont l’organisateur, le secrétaire général adjoint de l’UMP Hervé Novelli, Jean-François Copé, brièvement rejoints par le tout nouveau ministre de la défense, Gérard Longuet.

À son propos, un dessin humoristique de Pétillon dans le Canard Enchaîné m’est revenu. Brice Hortefeux y « consolait » de son départ Nicolas Sarkozy en lui disant : « C’est vrai que désormais, pour les petites phrases embarrassantes, tu as Longuet… »

Le polémiste de France 2 et RTL, le 2 mars, a dit ne vouloir retenir qu’une « seule phrase de l’arrêt » du tribunal qui l’a « interloqué ». « J’aurais, selon les magistrats, ’dépassé les limites autorisées du droit à la liberté d’expression’ ». « Je crois savoir ce qu’est la liberté d’expression », a-t-il poursuivi, citant Montaigne, Voltaire et Zola, « mais je ne sais pas ce que sont les limites de la liberté d’expression, où elles se situent, qui les fixe, comment et au nom de quoi on les fixe ».

La liberté d’expression « fut une lente conquête historique (...) et il nous faudrait sacrifier ce combat séculaire sur l’autel judiciaire », a encore dit Éric Zemmour, ajoutant : « C’est désormais le code pénal qui régirait les règles de bienséance de la parole publique ».

« La République, de Gambetta au général de Gaulle, a très bien vécu sans ces législations liberticides », a affirmé l’éditorialiste en citant notamment la loi Gayssot (visant à réprimer « tout propos raciste, antisémite ou xénophobe ») et la loi Taubira (reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité).

Il s’est ensuite tourné vers les élus UMP pour les appeler à « supprimer », notamment, les lois mémorielles, et « l’action pénale pour les associations anti-racistes », qu’il a qualifiées au passage de « groupuscules ». Et d’ajouter enfin sous les applaudissements : « Et pendant que vous y êtes, si vous pouviez supprimer leurs subventions, cela ferait du bien au budget de l’État ».

Hervé Bourges n’a pas, lui, la réputation d’être un redoutable gauchiste. Le Canard Enchaîné lui attribua un jour le cruel qualificatif « un tiers mondiste, deux tiers mondain ». C’est pour dire. Président du comité de la diversité de France Télévisions, ancien président de RFI, TF 1, France 2 et même du CSA, il répondit à Alain Pirot, journaliste au Parisien, qu’il avait pris acte de la condamnation d’Éric Zemmour et salué la réaction du président Pflimlin, qui a souligné que ce type de propos (les employeurs « ont le droit de refuser des Arabes ou des Noirs »…) ne devait plus exister sur le service public.

Hervé Bourges pense qu’Éric Zemmour doit s’excuser. « En prenant le parti d’en rire, je suggère, a-t-il dit, que Laurent Ruquier lui administre une bonne fessée ».

Le président Bourges ajoutait que le présentateur aurait dû réagir. « C’est triste à dire, mais s’il avait tenu des propos antisémites tout aussi graves, la réaction aurait été plus sévère. La liberté d’expression est une valeur cardinale, mais elle n’a de sens que si elle est limitée par la loi et des règles. Je ne peux que m’insurger quand Zemmour tient des propos qui légitiment la discrimination à l’embauche, moi qui milite pour que les idées reçues sur les Noirs, les Antillais et les Arabes soient abattues ».

André Balbo

sources : Pétillon, Le Monde, Le Parisien, leblogtvnews, Le Canard Enchaîné

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