evous
repérez, proposez, partagez

Accueil > Paris > Vivre à Paris > Urbanisme à Paris > Hélicoptère > Chic, efficace et business : Paris en hélico

Chic, efficace et business : Paris en hélico

vendredi 6 octobre 2017, par André Balbo

La Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP) a publié en juillet les résultats de l’enquête réalisée auprès des chefs des entreprises membres de l’Association des utilisateurs de la Défense (AUDE) sur leur vision de l’hélicoptère comme moyen de transport en Ile-de-France.

Pour eux il est clair que ce moyen de transport doit être développé, et que, grâce à cela, le Grand Paris augmenterait son attractivité auprès des hommes d’affaires étrangers, à l’image de New York, de Tokyo et de Sao Paulo.

Il est vrai aussi que le renforcement du pôle aéronautique du Bourget-Dugny, qui accueillera en 2014 des activités de Eurocopter et l’installation de nouvelles activités de recherche et de développement d’EADS, aura inévitablement un effet d’entraînement pour l’aéronautique en Ile-de-France, permettant de créer de nouveaux emplois. « Il est donc nécessaire de prévoir des liaisons rapides et efficaces entre les entrées internationales (les aéroports) et les quartiers d’affaires de l’Ile-de-France » conclut le rapport de la CCIP.

Celle-ci réclame depuis 1997 la création d’une desserte par hélicoptère des quartiers d’affaires de Grand Paris, notamment celui de La Défense. Mais malgré les promesses de Dominique Busserau, secrétaire d’État aux transports « pour assurer une desserte plus équilibrée de la région parisienne par des hélicoptères », le nombre de mouvements d’hélicoptères sur l’unique héliport parisien d’Issy-les-Moulineaux n’a pas cessé de diminuer. Il a été divisé par 3 par rapport à 1990. Et ce n’est pas terminé. Atteignant à peine 10 000 vols par an actuellement, le nombre de trajets par hélicoptère devrait être réduit jusqu’à 3000 d’ici 2014, avec uniquement le maintien des missions de « service public » (SAMU, vols militaires…).

L’Etat serait toutefois déjà en train de réfléchir à créer de nouveaux sites d’implantation pour de nouveaux héliports à Paris et dans la banlieue. Il serait ainsi envisagé d’implanter un site du côté de La Défense et un autre dans la boucle Seine-Nord, vers Gennevilliers et Villeneuve-la-Garenne.

Comment concilier cela avec les plans de lutte contre le bruit, développés par les associations de défense de l’environnement de l’Ile-de France et les responsables du programme de développement durable à la mairie de Paris. Les entreprises implantées à La Défense ne soutiennent pas cette idée, mais ne la critiquent pas non plus. « Notre personnel se déplace uniquement en voiture, et ce n’est pas prévu de passer aux déplacements en hélicoptère », indique-t-on chez GDF Suez, bien que l’entreprise possède une tour à La Défense.

La desserte aérienne des grands centres d’affaires, bien que très polluante, a été déjà très développée à New York et Tokyo. En évitant les embouteillages, l’hélicoptère reste un moyen de transport privilégié des habitués de Wall Street, qui mettent ainsi moins de 10 mn pour s’y rendre depuis les aéroports de JFK et Newark. Manhattan, avec 4 zones de posée, enregistre en moyenne 37 000 mouvements d’hélicoptères chaque année.

Depuis quelques années, la ville de Tokyo perdrait de son attractivité du fait de trajets trop longs entre l’aéroport de Narita et le centre d’affaires de la capitale japonaise. De nombreuses entreprises ont alors pris la décision de déplacer leurs filiales asiatiques vers Hongkong et Singapour. Pour faciliter les déplacements entre l’aéroport et le centre, la préfecture de Tokyo a introduit en 2009 un service de desserte aérienne. Les trajets d’une vingtaine de minutes, pris en charge par Mori Building City Air Services, une filiale d’un groupe immobilier de luxe Mori Building étaient facturés alors à la hauteur de 500 000 yens (environ 4 580€) pour un hélicoptère capable d’accueillir 4 personnes.

Le Brésil bat tous les records en termes d’aviation d’affaires. Son trafic d’avions et d’hélicoptères particuliers a augmenté de 30% en un an. Sao Paulo a déjà dépassé New York et Tokyo avec 593 appareils, qui survolent quotidiennement la mégapole. La société Helimarte, 1er loueur d’hélicoptères de Sao Paulo, a vu son activité progresser de 20% en 2010. L’hélicoptère est aussi au Brésil le moyen de transport le plus sûr pour les personnes à revenus très importants. Cent personnes ont été enlevées lors de leurs déplacements en voiture à Sao Paulo l’année dernière.

André Balbo

sources : La CCIP, Le Figaro

Messages

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.