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Où l’Ile-de-France manque-t-elle de médecins ?

L’Ile-de-France est, avec la région PACA, l’une des deux mieux pourvues en médecins traitants dans l’Hexagone. Un fait connu de longue date. Plus surprenant : une étude de l’Ordre national des médecins révèle pour la première fois que toutes les régions françaises sont touchées par les déserts médicaux. Et l’Ile-de-France aussi.

Contrairement aux années précédentes, l’Ordre national des médecins a basé son étude démographique sur les bassins de vie, c’est-à-dire la zone géographique à l’intérieur de laquelle les gens se déplacent pour les besoins quotidiens (courses, écoles, sports...). "La déclinaison des indicateurs à l’échelle des bassins de vie nous semble être la plus appropriée pour mesurer clairement la situation et l’évolution de la démographie médicale française", justifie Michel Legmann, président du Conseil national de l’Ordre des médecins.

En effet. Sans cet indicateur, l’Ile-de-France est un excellent élève au niveau national puisque la région compte 366 médecins pour 100.000 habitants, soit le second score de l’Hexagone derrière la région Provence Alpes Côté d’Azur. Cependant, grâce à cette étude sur les bassins de vie, on constate par exemple que Paris a attiré en 2010 47% des 1.200 nouveaux médecins et la Seine-et-Marne seulement 4%.

Et si la densité moyenne pour les 280 bassins de vie franciliens est de 3,8 généralistes, 51% de ces territoires sont sous la moyenne. Quels sont les départements les plus touchés par ces déserts médicaux ? Sur la carte ci-contre, les zones bleues sont les bassins de vie ayant la plus forte densité de médecins généralistes libéraux et les zones jaunes celles où la densité est la plus faible. Certaines zones de la Seine-et-Marne, au centre, au sud et à l’est, apparaissent ainsi très peu pourvues en médecins traitants, au même titre que plusieurs bassins de vie situés à l’ouest de la région parisienne, dans les Yvelines et le Val d’Oise. Et surprise : même la première couronne est touchée ! De nombreux déserts médicaux sont ainsi constatés en Seine-Saint-Denis ainsi que dans tout le nord des Hauts-de-Seine.

Les bassins de vie affichant des records (négatifs) de couverture médicale sont celui de Gagny dans le Val d’Oise avec 0,9 médecin généraliste pour 5.000 habitants et celui de Puiseaux en Seine-et-Marne avec 1,1 médecin pour 5.000 résidents.

Quant aux spécialistes, l’étude de l’Ordre des médecins révèle l’absence totale de gynécologues à des kilomètres à la ronde en centre Seine-et-Marne (Rozay-en-Brie) ou à l’ouest des Yvelines, un bilan sensiblement similaire pour les ophtalmologistes ainsi qu’une très faible densité de pédiatres au fur et à mesure que l’on s’éloigne de Paris.

Michel Legmann, président du Conseil national de l’Ordre des médecins, se félicite d’avoir pu pousser l’étude à ce niveau, afin de révéler les nombreuses inégalités d’accès à la santé partout en France : "[Cette méthode] constitue un véritable outil de pilotage pour les élus ordinaux et les décideurs locaux dans leur politique d’accès aux soins". Un message aux élus franciliens...

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