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Grande expo gratuite des photos de « Izis, Paris des Rêves »

jeudi 12 janvier 2012, par André Balbo

Le MoMA de New York avait exposé en 1951 les œuvres de cinq photographes français. On a parlé d’un mouvement « humaniste ». C’étaient Brassaï, Robert Doisneau, Willy Ronis, Cartier-Bresson, et Izis. La Mairie de Paris ne prend pas un bien grand risque en exposant le moins connu des cinq, Izis.

Izis est né en Lituanie en 1911. Fuyant les persécutions antijuives, Izis, de son vrai nom Izraëlis Bidermanas, émigre à Paris en 1930. Il y tiendra un studio de photo, mais devra une fois encore fuir, et se réfugier pendant la guerre cette fois dans le Limousin. Il sera arrêté, torturé par les nazis et, à sa libération par la Résistance, Izis prendra le maquis.

À la Libération, ce photographe-poète est l’ami de Jacques Prévert, pour qui il est un « colporteur d’images », d’Aragon, de Colette, de Marc Chagall et de Vercors. Il collabore avec l’hebdomadaire communiste Regards, avec Paris Match, livrant tout aussi bien des images très sociales de reporter (les mineurs par exemple) comme des portraits des stars d’alors, Grace Kelly, Gina Lollobrigida, Roland Petit.

Mais l’œuvre d’Izis va bien au-delà. Elle est d’une grande richesse et d’une grande originalité alors que l’histoire de la photographie le cantonne injustement à l’imagerie d’un Paris populaire. Willy Ronis se scandalisait de « cette mise au purgatoire » des photographies d’Izis dont il vantait la démarche esthétique. « La photo d’Izis a sa propre musique, simple, harmonieuse et délicate, qui cache sous ses airs populaires l’intranquillité de quelques notes de requiem. »

Izis disait : « J’appuie sur le déclic quand je suis à l’unisson avec ce que je vois.
 »

L’exposition est divisée en 9 chapitres.
- Les maquisards, naissance d’un artiste (1944). Portraits bruts de combattants, pas rasés, sans artifices, entre deux actions.
- Paris éternel (1945-1977). Le Tout-Paris des artistes et des écrivains, mais aussi la rue et l’âpreté du quotidien. Le cœur du réalisme poétique et de l’humanisme dans la photographie.
- Portraitiste et reporter, Paris Match (1949-1969). Izis devient une grande signature de l’hebdo. Une série de Roland Petit mimant avec ses doigts son travail de chorégraphe, Albert Camus, Kessel, Laurencin, Calder, Soulages, etc.
- Charmes de Londres (1952). « Nous nous sommes beaucoup promenés (Prévert et moi) ensemble dans Paris et à Londres (…) il trouvait dans mes photos les sujets qui lui tenaient à cœur, les amoureux, les enfants (…) nous avions une vision proche. »
- The Queen’s People (1953). Izis, « le photographe que l’on envoie là où il ne se passe rien », est chargé de couvrir pour Paris Match les préparatifs et les « à-côtés » du couronnement de la Reine Elisabeth. Ironique.
- Paradis terrestre (1953). Pour et autour de Colette.
- Israël (1955). « J’ai eu l’impression que c’était le pays de mon enfance : j’ai reconnu le paysage. » Réminiscences bibliques ?
- Le cirque d’Izis (1965). Petits cirques de quartiers, bateleurs, jongleurs, errants pour qui les barrières de langues n’existent pas.
- Le monde de Chagall (1969). Seul journaliste accepté par le peintre sur le chantier du plafond de l’Opéra Garnier, Izis intègre Chagall à sa peinture.

Izis, Paris des Rêves, du 20 janvier au 29 mai 2010 ; exposition gratuite à l’Hôtel de Ville, 5 rue Lobau 75004 Paris, tous les jours de 10 à 19h sauf dimanche et jours fériés.

Transmis par André Balbo

Adresse

5 rue Lobau 75004 Paris

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