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Journée de la Femme : pot-pourri du rap misogyne

Dernière mise à jour : lundi 16 mars 2015, par Morgan

Cette année, comme toutes les années depuis sa création, la Journée de la Femme tombe le 8 mars. Hasard du calendrier, cette date-clé de la défense des droits de la femme tombe juste quatre jours après la consécration du rappeur Orelsan aux Victoires de la Musique 2012 où il s’est vu décerner les prix de la révélation du public et de l’album de musiques urbaines pour "Le chant des sirènes".

Une victoire sous la forme d’une revanche pour le jeune homme, qui s’était fait agresser par nombre d’associations féministes à qui l’une de ses premières chansons, innocemment intitulée Sale pute n’avait pas plu.

Voici donc, afin de rendre hommage aux femmes par le truchement des belles Lettres, une compilation de quelques uns des plus inoubliables moments de poésie du rap français (décryptez : voici la compil’ de la misogynie dans le rap) :

Le poète qu’on pourrait croiser à l’hôtel

Orelsan, Sale Pute :
« Je t’emmènerai à l’hôtel je te ferai tourner dans ma villa romaine/
Tu suces pour du liquide tu te casses à marrée basse/
Pét& !#e tu mériterais seulement d’attraper le DAS/
Le seul liquide que je t’ai donné c’est mon sperme/
Si j’te casse un bras, considères qu’on s’est quitté en bons termes. »

Jamais poète n’avait dépeint avec autant de sensibilité la détresse de l’homme trompé. Un usage subtil de la métaphore filée qui devrait lui valoir le Goncourt sous peu. Les Victoires n’étaient qu’une étape.

Celui qu’on pourrait croiser en boîte

Booba, Jour de Paye :
« Si y a des biatch partout, c’est que j’suis dans la boîte/
Si ca fait mal, que tu cries, tu jouis, c’est que j’suis dans ta chatte. »

Booba, Pourvu qu’elles m’aiment :
« En effet je suis un thug, un drôle d’animal/
J’ai de quoi te siliconer si jamais tu vieillis mal/
Gangster et gentleman, c’est dans le mille que je tire/
Je fais mal mais je fais jouir si tu vois ce que j’veux dire. »

Derrière cette façade de gros dur se cache un disciple d’Épicure. Cette quête éternelle de la jouissance est une quête universelle : il y a un Booba en chacun de nous, et c’est d’ailleurs ce qu’il insinue modestement dans Jour de Paye.

Celui qui participe régulièrement à des séminaires sur l’allitération

Busta Flex, J’aime bien ton Boule :
« Ca commence par un S.M.S, ça finit à l’hôtel, j’te donne un faux numéro d’phone-tel et tu gobes/
J’te regarde dans les yeux, j’te dis que t’es belle et tu gobes/
Tu dis que tu n’as pas trop de rapports charnels/
Une fois montée en selle, tu détrônes Julia Chanel/
Ne t’attends pas à un roulage de pelle, t’as beau mettre du rimmel/
c’est criminel mais c’est ton c#l qui m’interpelle ».

Contrairement à ce que laisse penser le titre de la chanson, il n’est à aucun moment question de La Planète des Singes dans son texte. Déroutant. Notez l’utilisation subtile de la rime en "elle". Ah, l’amour !

Celui qui est bilingue

La Fouine, Sexe et Money :
« Péta&*e suis-moi dans mon hôtel, j’vais te faire la sère-mi toute la nuit/
Toi et moi c’est juste pour le sex girl, arrête de croire que t’as un canon entre les cuisses !/
Donc péta*#e suis-moi dans mon hôtel, pour une volontaire agressions sexuelle/
Faites monter les mineurs j’suis pire qu’R’Kelly :1 pour le sexe 2 pour la money. »

Quand Hugo rencontre Bukowski.

Celui qu’on n’emmènerait même pas à la SPA

TTC, Girlfriend :
« J’aime les chattes/
Quand je rentre dans la boite/
J’ai la trique/
Toutes les chattes des p#tes sont moites/
C’est pratique/
Elles vont frotter toute la nuit/
P#te, je suis ton mac alors suce ma b !te gratuit ».

Teki Latex du groupe TTC est le douanier Rousseau du rap : derrière l’apparente naïveté, l’évidence du propos qui ne fait en quelque sorte que dresser un constat, c’est le fantasme d’un doux rêveur qui affleure, et qui associe inconsciemment la femme au félin.

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